« Lignes de vies - une exposition de légendes »

Exposition collective
Du 30 mars au 25 août 2019
Vernissage vendredi 29 mars, 18h30

Concevoir sa biographie comme force créatrice est le vecteur commun aux quatre-vingts artistes internationaux invités dans « Lignes de vies – une exposition de légendes » qui réunit les gestes artistiques de générations et de pratiques différentes, allant de la photographie à la vidéo, en passant par la peinture, l’installation, la performance ou encore l’écriture.
Cette exposition s’inscrit dans une ligne de programmation qui, depuis l’ouverture du musée en 2005, s’attache à questionner les modalités et instances de construction de l’identité, ou plus précisément, des identités, initiée avec les expositions « Détours » de Jacques Monory (2005) et « Le Grand Sommeil » de Claude Levêque (2006). Avec le cycle « Zones de Productivités Concertées » (2006 - 2007) ou encore l’exposition collective « Emporte-moi / Sweep me off my feet » (2009 - 2010), il a été ensuite question d’analyser la place de l’économie ou de l’émotion dans nos existences ; puis, encore le genre (et plus précisément la masculinité) avec « Chercher le garçon » (2015) et l’idée même d’identité culturelle dans « Tous, des sang-mêlés » (2017).
Toutes les œuvres données à voir dans cette exposition collective construisent une réflexion autour de la mise en scène et de la représentation de soi et déconstruisent, analysent, critiquent ou interrogent les phénomènes et les processus qui façonnent et légitiment l’identité/les identités. Loin d’un geste narcissique ou autocentré, à travers elles les artistes reconstruisent et proposent, plus que de nouvelles identités, des identités choisies. Un geste politique de reprise en main de la narration de sa propre légende.

Présentation

« Lignes de vies - une exposition de légendes »
Exposition collective du 30 mars au 25 août 2019
Vernissage vendredi 29 mars
Commissariat Frank Lamy, assisté de Julien Blanpied et Ninon Duhamel

“’I quite agree with you,’ said the Duchess ; `and the moral of that is–“Be what you would seem to be”–or if you’d like it put more simply–“Never imagine yourself not to be otherwise than what it might appear to others that what you were or might have been was not otherwise than what you had been would have appeared to them to be otherwise.”‘
Lewis Carroll, Alice in wonderland, chapitre 9

"On a trinqué à Ulysse. Et tandis que Lestrange lisait au hasard des passages du livre, avec l’ivresse légère, dans la fumée des cigarettes, je me disais : moi aussi, il faut que je raconte. Vivre ou raconter, a dit quelqu’un. Mais non : raconter, ce n’est pas le contraire de vivre. On ne brise pas l’élan de ce qu’on vit en le racontant. Au contraire, ce qu’on raconte décuple l’élan. Je veux bien, mais aussi, comme Ulysse, me perdre en chemin, m’égarer dans les bordures d’ombre. Raconter, me disais-je, fait partie du chemin : raconter élargit l’aventure et l’ouvre à tous les chemins." Yannick Haenel, Cercle, Gallimard, 2007, Folio, 2009, p. 84

« …j’ai toujours tenu l’identité sociale pour la seule identité réelle ; et l’autre, la prétendue identité personnelle, pour une illusion totale autant que tenace… » Clément Rosset, Loin de moi, Minuit, 1999, p. 11

« Lignes de vies - une exposition de légendes » réunit les gestes artistiques de quelques quatre-vingt artistes de générations et de pratiques différentes. Cette exposition s’inscrit dans une ligne de programmation qui, depuis l’ouverture du musée avec les expositions « Détours » de Jacques Monory (2005) et « Le Grand Sommeil » de Claude Levêque (2006), s’attache à questionner les modalités et instances de construction de l’identité, ou plus précisément, des identités. Avec le cycle « Zones de Productivités Concertées » (2006 - 2007) ou encore l’exposition collective « Emporte-moi / Sweep me off my feet » (2009 - 2010), il a été ensuite question d’analyser la place de l’économie ou de l’émotion dans nos existences ; puis, encore le genre (et plus précisément la masculinité) avec « Chercher le garçon » (2015) et l’idée même d’identité culturelle dans « Tous, des sang-mêlés » (2017).

Pour « Lignes de vies - une exposition de légendes », c’est vers des territoires plus intimes et personnels que l’on se tourne. En effet, les œuvres (au masculin comme au féminin) réuni-e-s dans l’exposition, font de l’autobiographie et de la biographie une matière première, plastique, générant une réflexion autour des identités, de la mise en scène et de la construction de soi. Il s’agit d’interroger les relations entre l’art et la vie, et à terme, de questionner l’effectivité de l’art, son inscription dans le réel, au travers de postures artistiques diverses qui, toutes, mettent en œuvre (entre illustration et activation) la dissolution de cette supposée frontière.

Considérant que l’identité est une fiction qui se performe, un récit multiple et fragmenté, se raconter, faire de sa biographie - de sa geste - une matière première est donc un acte de déconstruction, d’affirmation, d’ « empuissancement », de révolution moléculaire. Un geste politique de reprise en main de la narration de sa propre légende.

Le moi est une « fiction politique » (Paul B. Preciado entre autres), un « puzzle social » qui vient « tenir lieu d’identité aussi bariolé qu’est inexistante l’imaginaire unité qui en serait le socle » (Clément Rosset), une légende.

Suivant le parallèle entre personne et personnage romanesque établi par Clément Rosset, il est possible d’affirmer que le moi « ne constitue pas l’unité d’une identité personnelle mais l’agrégat de qualités qui lui sont reconnues ou pas au hasard de l’humeur de son entourage. » (Loin de moi, Minuit, 1999, p. 88). Ou, pour le dire autrement : « Le "je" tire toute sa substance du "tu" qui la lui alloue.e » Op cit, p. 50.

Moi, une légende ?

Les œuvres réunies dans cette exposition déconstruisent, analysent, critiquent, mettent en questions les phénomènes, les processus, les instances de construction et de légitimation de l’identité/des identités. Loin d’un geste narcissique, autocentré, ces artistes et ces œuvres reconstruisent et proposent non pas tant de nouvelles identités que des identités choisies. Le Sujet, le capitalisme, l’autoportrait se développent historiquement en parallèle et constituent autant d’éléments d’un système de domination et de contrôle global. Déconstruire l’autoportrait, la représentation de soi, participe peut-être d’une entreprise de lutte généralisée. Écrire (quels que soient les moyens choisis de cette écriture) son autobiographie revient très certainement, et par essence, à écrire sa propre vie, à l’inventer. Autoportraits, journaux intimes, mémoires, cartographies émotionnelles, bio art et modifications corporelles, art d’attitude, autofictions, mise en scène de soi, infiltration des systèmes de représentation (T.V., cinéma, YouTube, Facebook, littérature...) et de légitimation (auteur, état civil...) autant de fictions multiples mises en actes par les artistes, autant d’outils. Cette réflexion s’inscrit dans une mise en perspective critique du narcissisme et de l’exhibitionnisme contemporain, mais également la promesse de réalisation de soi par la consommation exaltée par les forces marketing. Il s’agit ici non pas tant de se représenter que de se construire, de s’inventer, de choisir, de refuser les assignations.

Quelle place laisser à la famille, à l’Histoire, à la transmission, à l’héritage ? Au nom propre ? Aux relations avec le vivant, avec le cosmos ? Qu’est-ce qu’une vie ? Un événement ? Quid de la destinée ? Quels rôles performer ? Quels masques adopter ? Comment faire avec les autres, le genre, l’économie, le souvenir, le temps qui passe, les identités fluides, multiples, mouvantes, le morcellement, le travestissement, l’hybridation, la mise en scène, les masques, les personnages… ?

Des œuvres situées, entre le je et le jeu

Au cœur de la salle d’exposition se déploie un espace de lecture. Y sont rassemblés des livres de diverses natures (romans, catalogues, livres d’artistes, ouvrages théoriques...) ayant tous en commun d’être écrits à la première personne du singulier par des artistes plasticiens. Ce cabinet de lecture pointe l’origine et la dynamique littéraire de ce projet qui propose aux visiteurs et visiteuses un temps suspendu.

Tout au long de l’exposition et, en partenariat avec Synesthésie ¬ MMAINTENANT, est également activé le projet HERstory initié par Julie Crenn et Pascal Lièvre. Véritable collecte de paroles féministes et activistes et archive en mouvement, ce protocole invite des personnalités à témoigner devant la caméra et en public (les 6 et 7 avril, 4 et 5 mai, 1er et 2 juin, 7 et 8 juillet au MAC VAL, du 13 au 17 mai à Synesthésie ¬ MMAINTENANT).

Pour prolonger cette exploration, une publication accompagne le projet. Réunissant une dizaine de prises de paroles à la première personne du singulier, elle ouvre les perspectives vers la recherche, le cinéma, le post-féminisme, la pop, la littérature, ou encore l’histoire de l’art avec des textes de Noémie Aulombard, Érik Bullot, Julie Crenn et Pascal Lièvre, Éric Fassin, Agnès Gayraud, Yannick Haenel, Sophie Orlando, Philippe Vasset…

Frank Lamy

« Tout ceci doit être considéré comme dit par un personnage de roman »
Roland Barthes par Roland Barthes, Seuil, 1975

Communiqué de presse
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Le petit journal
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Les artistes

Avec les œuvres de

Soufiane Ababri, Art Orienté Objet, Paul Auster, Joël Bartoloméo, Pauline Bastard, Taysir Batniji, Sadie Benning, Karina Bisch, Christian Boltanski, Daniel Bosser, Édouard Boyer, Candice Breitz, Genesis Breyer P-Orridge, David Brognon & Stéphanie Rollin, Jean Brolly, Elina Brotherus, Émilie Brout & Maxime Marion, Sophie Calle, Philippe Cazal, Ludovic Chemarin©, Leo Chiachio & Daniel Giannone, Claude Closky, Steven Cohen, Béatrice Cussol, Sépànd Danesh, Edi Dubien, Elsa & Johanna, Raphaël Fabre, Simon Faithfull, Esther Ferrer, Jakob Gautel, GRAND MAGASIN,

Joseph Grigely, Joël Hubaut, Ilanit Illouz, Princia Itoua, Janez Janša, Lydie Jean-Dit-Pannel, Michel Journiac, Paul Kindersley, Arnaud Labelle-Rojoux, Matthieu Laurette, Leigh Ledare, Édouard Levé, Claude Lévêque, Ariane Loze, Kristin Lucas, MADEleINe ERIC, Roberta Marrero, Annette Messager, Aleksandra Mir, Pierre Moignard, Jacques Monory, Tania Mouraud, Valérie Mréjen, Zanele Muholi, Antoinette Ohannessian, ORLAN, Cécile Paris, Philippe Perrin, Grayson Perry, Françoise Pétrovitch, Abraham Poincheval, Laurent Prexl, Prinz Gholam, Hubert Renard, Santiago Reyes, Colin Roche, Damien Rouxel, Sandro, Jim Shaw, SMITH + Cellule URS, Tsuneko Taniuchi, Philippe Thomas, Unglee, Hélèna Villovitch...

Programmation culturelle

« Rencontres de légendes »
Considérant que l’identité est une fiction, un récit multiple et fragmenté, se raconter, faire de sa biographie, de sa geste, une matière première est donc un acte de déconstruction, d’affirmation, d’ « empuissancement », de révolution moléculaire. Un geste politique de reprise en main de la narration de sa propre légende.

Le récit de soi occupant une place centrale dans « Lignes de vie », les artistes de l’exposition sont invités à faire part de leur « légende », de la manière dont leur travail se construit et s’articule au regard de la ou de leur vie.

—  Dimanche 31 mars 2019, 16h : David Brognon & Stéphanie Rollin
—  Dimanche 14 avril 2019, 16h : MADEleINe ERIC
—  Dimanche 21 avril 2019, 16h : Edi Dubien
—  dimanche 28 avril, 16h : Princia Itoua
—  Dimanche 12 mai 2019, 16h : Sépànd Danesh
—  Samedi 18 mai 2019,
18h : Matthieu Laurette
21h : Claire Burrus et Émeline Jaret (autour de Philippe Thomas)
—  Dimanche 26 mai 2019, 17h : Raphaël Fabre
—  Dimanche 2 juin 2019, 16h : Art Orienté Objet
—  Dimanche 9 juin 2019, 16h : Karina Bisch
—  Dimanche 23 juin 2019, 16h : Antoinette Ohannessian

HERstory, avec Julie Crenn et Pascal Lièvre

« HERstory, définie comme une exposition d’archives, fait entendre les voix de féministes femmes et hommes cisgenres, transgenres et intersexes du monde entier. Au fil des jours, des femmes et des hommes artistes se joindront à nous pour discuter non seulement de leurs pratiques artistiques, mais aussi de leur position par rapport au féminisme.
HERstory est une invitation à voir, écouter, lire, informer, découvrir, échanger, rencontrer, proposer, débattre, interroger et s’ouvrir aux pensées post-féministes. Des pensées extrêmement foisonnantes, qui, de jour en jour, s’étendent, se contredisent, se précisent et s’affinent. Des pensées qu’il est nécessaire de faire circuler pour générer une vision plurielle de nos sociétés. »
Julie Crenn et Pascal Lièvre

Les échanges au cœur de l’exposition « Lignes de vies » sont filmés et diffusés sur internet. Les publics sont invités à assister aux prises de paroles et peuvent prendre part aux discussions et débats soulevés lors des rencontres. Les archives sont consultables en accès libre au centre de documentation du MAC VAL.

—  Samedi 6 avril, 14h - 18h
Avec Tarek Lakhrissi, Violaine Lochu, Michèle Magema, Isabelle Cambourakis
—  Dimanche 7 avril, 14h - 18h
Avec Ninar Esber, Emilie Notéris, Kubra Khademi, Etaïnn Zwer
—  Samedi 4 et dimanche 5 mai, 14h - 18h
—  Samedi 1er et dimanche 2 juin, 14h - 18h
—  Samedi 6 et dimannche 7 juillet, 14h - 18h

En partenariat avec le centre d’art Synesthésie ¬ MMAINTENANT (Saint-Denis).
HERstory est présenté à Synesthésie ¬ MMAINTENANT du 13 au 17 mai 2019.

archivesherstory.com/

Performances

Certains artistes de « Lignes de vies » comme Steven Cohen, Esther Ferrer, GRAND MAGASIN, Laurent Prexl, SMITH + Cellule URS ou Hélèna Villovitch, proposent des performances, activations de leur pièce ou spectacles pendant la durée de l’exposition.

L’affiche

Partenaires

Ressources documentaires

Voir le dossier documentaire proposé par le centre de documentation du MAC VAL. Il présente une série de ressources sur l’artiste et sur les thématiques abordées dans l’exposition.

Œuvres