INFORMATION FICTION PUBLICITE (IFP)

«Le Théâtron des nuages»
Du 10 mars au 3 juin 2012

Les trois termes INFORMATION FICTION PUBLICITE proviennent d’un diagnostic et d’une réflexion sur l’actualité (de l’art) ; trois termes « abandonnés dans un certain flottement qui autorisent plusieurs niveaux de lecture : un sens commun, un sens plus philosophique et un sens plus général » ; trois notions « nodales » également choisies parce qu’elles permettaient alors à (IFP) de définir un nouveau territoire théorique à partir duquel penser l’art (et l’état du monde).

Mot des commissaires de l’exposition

INFORMATION FICTION PUBLICITE (IFP)
" Le théâtron des nuages "

Pour la première fois en France, le MAC VAL réunit un ensemble d’œuvres d’INFORMATION FICTION PUBLICITE (IFP). Construite sur la base d’un dispositif inédit qui actualise un certain nombre d’œuvres et favorise de nouvelles combinaisons, l’exposition mettra en évidence la manière dont IFP a anticipé et interrogé les conditions de possibilité de l’art à partir des années 1980. Fondée en 1984 par Jean-François Brun, Dominique Pasqualini et Philippe Thomas réunis sous le label IFP (acronyme de Information Fiction Publicité), l’agence a existé jusqu’à la fin de l’année 1994. Les trois termes INFORMATION FICTION PUBLICITE (IFP) proviennent d’un diagnostic et d’une réflexion sur l’actualité (de l’art) ; trois termes « abandonnés dans un certain flottement qui autorisent plusieurs niveaux de lecture : un sens commun, un sens plus philosophique et un sens plus général » ; trois notions « nodales » également choisies parce qu’elles permettaient alors à IFP de définir un nouveau territoire théorique à partir duquel penser l’art (et l’état du monde).

Les activités d’IFP débutent dans une période où émerge une génération d’artistes anglo-saxons qui place aussi l’image et les mass-média au coeur de sa pratique (Jenny Holzer, Barbara Kruger, Sherrie Levine, Allan Mc Collum, Richard Prince). Les propositions de Jean-François Brun, Dominique Pasqualini et Philippe Thomas (jusqu’au printemps 1985 pour ce dernier) prennent alors des formes variées et diffuses : conférence (L’Invention des figurants, 1984), ventes de livres et de disques (Entendons-nous bien, toute la lumière reste à faire sur la réserve de Ligne Générale, 1984 et Vers l’espace du non-encombrement..., 1985), défilé de mode (Dorothée bis, 1984), inserts (revues File et Artistes, catalogue Alibis, 1984), etc.

L’exposition au MAC VAL documentera ces propositions et donnera à voir les objets soignés et les « images génériques » qui ont définitivement singularisé l’art d’IFP : des caissons lumineux (utilisés ici avant de devenir un gimmick de l’art des années 1980), des dispositifs utilisant des strapontins (sortes de ready-mades importés du métro parisien), des vues photographiques de fragments de ciel nuageux et des œuvres (sur bâches PVC aux dimensions importantes ou sérigraphies directement collées au mur) exagérément « plates » qui peuvent se lire comme des écrans ou des surfaces de projection.

Commissaires : Frank Lamy et David Perreau

Petit journal

IFP « Le théâtron des nuages »
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Présentation

Communiqué presse

Au printemps prochain, pour la première fois en France, le MAC VAL réunit un ensemble d’œuvres d’INFORMATION FICTION PUBLICITE (IFP). Construite sur la base d’un dispositif inédit qui actualise un certain nombre de pièces historiques et favorise de nouvelles combinaisons, l’exposition mettra en évidence la manière dont IFP a anticipé et interrogé les conditions de possibilité de l’art à partir des années 80.

Avec “ Le théâtron des nuages ” d’IFP, le musée d’art contemporain du Val-de-Marne accueille pour la première fois une exposition d’art contemporain à caractère historique. “ C’est un rendez-vous que l’on reproduira à l’avenir, en présentant des travaux d’artistes vivants qui ont planté les jalons de la création artistique en France de ces 50 dernières années ; et ce, toujours en lien avec la collection du musée ” expliquent Alexia Fabre, conservateur en chef, et Frank Lamy, chargé des expositions temporaires et commissaire de l’exposition IFP aux côtés de David Perreau. Ce dernier avait organisé l’exposition rétrospective d’IFP présentée fin 2010 au Mamco de Genève, qui avait déjà permis de vérifier l’impact décisif de cette “ agence “ sur l’art des années 80 — le terme d’“ agence ”, revendiqué par le groupe, prend ici tout son sens compte tenu de son champ d’investigation : la représentation de l’art, sa médiatisation, sa diffusion, etc. De 1984 à 1994, IFP a produit un œuvre qui jalonne aujourd’hui une étape importante de l’histoire de l’art contemporain du XXe siècle ; un œuvre qui interrogeait l’art lui-même et ses conditions de monstration.

À partir du 10 mars, le MAC VAL donne à son tour un éclairage inédit sur IFP, en parfaite association avec les artistes, Jean-François Brun et Dominique Pasqualini et en misant sur une très forte documentation. Si l’exposition ne présente pas de nouvelles pièces - et pour cause, les activités de l’agence cessent en 1994 -, elle associe volontairement les deux protagonistes à son élaboration même, avec la volonté de réactiver, réactualiser, voire même “ amplifier ” certaines œuvres emblématiques comme les images de ciels nuageux, les bâches, les caissons lumineux ou autres plots, en plaçant le visiteur au centre du processus.

Quand l’art devient label…

C’est en 1984 que Jean-François Brun, Dominique Pasqualini et Philippe Thomas fondent leur “ agence ” sous le sigle IFP, acronyme de INFORMATION FICTION PUBLICITE (IFP) : trois lettres pour trois termes qui proviennent d’un diagnostic et d’une réflexion sur l’actualité (de l’art) ; trois termes “abandonnés dans un certain flottement qui autorisent plusieurs niveaux de lecture : un sens commun, un sens plus philosophique et un sens plus général ” ; trois notions “ nodales “ également choisies parce qu’elles permettaient alors de définir un nouveau territoire théorique à partir duquel penser l’art (et l’état du monde). IFP “ c’est un emblème, mais c’est aussi éventuellement un diagnostic de ce qu’est l’art, notre définition de l’art en général, à savoir que l’art est une affaire d’information, de fiction et de publicité ” disent J-F. Brun et D. Pasqualini.
Les activités d’IFP débutent dans une période où émerge une génération d’artistes anglo-saxons qui fait aussi de l’image et des mass-média le centre de sa pratique (Jenny Holzer, Barbara Kruger, Sherrie Levine, Allan Mc Collum, Richard Prince). Les propositions de Jean-François Brun, Dominique Pasqualini et Philippe Thomas (jusqu’au printemps 1985 pour ce dernier) prennent alors des formes variées et diffuses : conférence (L’invention des figurants, 1984), ventes de livres et de disques (Entendons-nous bien, toute la lumière reste à faire sur la réserve de Ligne Générale, 1984 et Vers l’espace du non-encombrement..., 1985), défilé de mode (Dorothée bis, 1984), inserts (revues File et Artistes, catalogue Alibis, 1984), etc.

… et qu’il s’invite au musée

L’exposition conçue par le MAC VAL donnera à voir une importante sélection d’œuvres : ces objets et ces images “ génériques “ qui ont définitivement singularisé l’art d’IFP. Le public sera invité à entrer dans leur “ théâtron ” : une immense structure centrale montée en échafaudages tendus de bâches, sans manquer d’évoquer une agora, qui présentera dans son centre des caissons lumineux (utilisés ici avant de devenir un gimmick de l’art des années 80) et qui sera lestée de plots. Une pièce “ à vivre ”, mais aussi à regarder. Ici, IFP fait de ses explorations personnalisées des outils ouverts qui s’adressent avant tout au public en lui permettant de donner du sens à ce que publicité – autrement dit espace public – veut dire.
“ L’art fait partie prégnante de la vie ” soutiennent J-F. Brun et D. Pasqualini.

Portfolio

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Le Plot (IFP)
IFP, Le Plot (IFP), 1985.
Ciment, tôle émaillée, moteur électrique, 35 cm x Ø 48,5 cm.
Collection Musée d’art moderne, Saint-Étienne Métropole, donation de la Caisse des Dépôts en 2006.
Vue de l’exposition « Le Théâtron des nuages »
MAC/VAL 2012.
Photo Marc Domage
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Un autre monde
IFP, Un autre monde, 1992-2012.
Ensemble de 12 caissons lumineux aluminium, tubes fluorescents, duratrans, méthacrylate, Ø 110 cm/chaque élément, production MAC/VAL.
Vue de l’exposition « Le Théâtron des nuages »
MAC/VAL 2012.
Photo Marc Domage
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Crédit (IFP)
IFP, Crédit (IFP), 1987-2012.
Acrylique sur médium, 160 x 260 cm, collection IFP.
Vue de l’exposition « Le Théâtron des nuages »
MAC/VAL 2012.
Photo Marc Domage
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Vue de l’exposition d’IFP « Le Théâtron des nuages »
MAC/VAL 2012.
Photo Marc Domage
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CQFD, dossier pédagogique

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Entretien avec Frank Lamy et David Perreau

En 2010, le Mamco de Genève a consacré une exposition rétrospective à IFP, dont vous étiez par ailleurs le commissaire, quelles sont les spécificités et différences pour l’exposition au MAC VAL ?

David Perreau : Avant le Mamco, jamais autant d’ œuvres d’IFP n’avaient été réunies dans une seule exposition. Ce projet visait notamment à mettre à l’épreuve (de la critique, de l’histoire) un œuvre qui selon moi avait marqué de façon durable l’art des années 80. Au MAC VAL, l’exposition sera très différente dans sa forme : plus radicale et moins muséale qu’au Mamco. Ici la configuration architecturale du musée a sûrement orienté l’option proposée par Jean-François Brun et Dominique Pasqualini, les « figurants » d’IFP : sur une imposante structure en échafaudages, sera présenté l’essentiel des œuvres de l’exposition. Ce dispositif trouve évidemment son sens compte-tenu de la place déterminante de la notion d’« exposition » dans la pratique d’IFP.
Comme au Mamco, l’exposition du MAC VAL interrogera en creux la question de la rétrospective : ici aussi l’inventaire exhaustif des œuvres d’IFP ne sera pas présenté. Et certaines « images génériques » trouveront de nouvelles formes d’énonciation.

Pourquoi montrer IFP aujourd’hui ?

David Perreau  : L’exposition du MAC VAL vise à reconsidérer une sorte de mythe : celui d’une « agence » qui a développé son activité sur 10 ans seulement. Et qui, comme peu d’artistes de cette génération en France, a marqué de façon décisive l’art des années 80. Si la pratique d’IFP croise celle d’une génération d’artistes américains « post-conceptuels » (Sherrie Levine ou Allan McCollum par exemple) - que Brun et Pasqualini rencontrent d’ailleurs à New York au tout début des années 80 -, il semble également clair qu’elle annonce certaines obsessions des années 90 - pensons à Philippe Parreno ou Liam Gillick par exemple.
Plus important peut-être : entre 1984 et 1994, les œuvres d’IFP produisent à leur manière un point de vue critique et politique sur l’état du monde qui, avec le recul du temps, résonne de façon prémonitoire.

Quel choix et dispositif ont été opérés pour montrer leur travail ?

David Perreau : Il n’a jamais été question de tout exposer. Le choix des œuvres a été fait sur la base d’une sorte de « diagnostic critique ». Et sur la prise en compte d’une évidence dans l’art d’IFP : entre 1984 et 1994, très peu d’œuvres ont finalement été produites. Et parmi ces œuvres, nombreuses sont celles qui mettent en jeu, avec insistance et abus, les mêmes images (de ciel par exemple) ou les mêmes éléments (strapontins ou bâches par exemple). Nous avons fait un choix qui souligne la valeur « modulaire » des œuvres d’IFP : à l’heure où cet entretien est fait, nous avons encore très peu de visibilité sur le « plan d’accrochage ». Nous savons néanmoins que l’exposition du MAC VAL sera l’occasion d’associations et de combinaisons inédites entre les œuvres.

Cette exposition d’IFP est présentée en même temps que le nouvel accrochage des œuvres de la collection du MAC VAL. Existe-t-il des liens entre les deux expositions ?

Frank Lamy : Avec ce projet démarre un cycle d’expositions à caractère plus historique, où nous souhaitons donner à voir des moments un peu mis de côté de l’histoire de l’art en France, afin de prolonger autrement le travail scientifique mené au sein de la collection.
Si le 5e Parcours se tourne vers une mise en question de l’avenir, l’exposition se tourne donc, à l’inverse, vers la décade 1984-1994, visitée aujourd’hui, en 2012.
Cette exposition « Le théâtron des nuages », faisant suite à la monographie très cinématographique de Jesper Just, en prend le contre-pied. Il est important pour nous de donner à voir la diversité de l’art contemporain.

Œuvres

Éléments biographiques

INFORMATION FICTION PUBLICITE (IFP) est fondé en 1984 à Paris : Jean-François Brun, né en 1953 à Saint-Brès ; Dominique Pasqualini, né en 1956 à Draguignan ; Philippe Thomas, né en 1951 à Nice et décédé en 1995 à Paris, il quitte IFP en mars 1985.

Expositions personnelles

1984

—  « Ligne Générale, première manifestation » d’(IFP), Flash Art [éd. fr.], n°2, hiver 1983/84, avec la signature de Bernard Blistène.
—  « L’Invention des figurants », conférence de Ligne Générale au Cinéma du Musée, Musée national d’art moderne - Centre Georges Pompidou, Paris, France, 23 janvier.
—  « Entendons-nous bien, toute la lumière reste à faire sur la réserve de Ligne Générale », vente de 2 500 livres et catalogues d’art chez Ghislain Mollet-Viéville, Paris, France, 20 mars.

1985

—  « ... vers l’espace du non-encombrement » (vol. 2), vente de 1 500 disques (1975-85) chez Ghislain Mollet-Viéville, Paris, France, 9 février.
—  « L’Exposition » (IFP) , Galerie Crousel-Hussenot, Paris, France [coordination : Ghislain Mollet-Viéville].
—  « Projection » (IFP), Le Confort Moderne, Poitiers, France.

1988

—  « Ensemble flou » (IFP), Galerij De Lege Ruimte, Bruges, Belgique.
—  « Fuzzy Set » (IFP), Barbican Centre, Londres, Royaume-Uni [curated by Jérôme Sans]*.
—  « INFORMATION FICTION PUBLICITÉ » (IFP), De Appel, Amsterdam, Hollande.
—  « INFORMATION, FICTION » (IFP), Galerie Ghislaine Hussenot, Paris, France.
—  (IFP), Galleria Diagramma, Milan, Italie [curated by Giorgio Verzotti].
—  (IFP), Studio Lidia Carrieri, Rome, Italie [curated by Antonio d’Avossa].

1989

—  (IFP), Anselm Dreher Galerie, Berlin, Allemagne.
—  « Fuzzy Set 2 », John Hansard Gallery, Southampton, Royaume-Uni.

1990

—  (IFP), Galerie Latitude, Nice, France.

1991

—  (IFP), Galerie Diagramma, Milan, Italie.
—  (IFP), Galerie Massimo de Carlo, Milan, Italie.

1992

—  (IFP), Galerie Latitude, Nice, France.
—  (IFP), MA Galerie, Paris, France.
—  (IFP), Daniel Newburg Gallery, New York (NY), États-Unis.

1993

—  « Paroles », Institut Franco-Japonais, Tokyo, Japon.
—  « Encore », Institut Franco-Japonais du Kansaï, Kyoto, Japon.
—  (IFP), Hillside Gallery, Tokyo, Japon.

1994

—  (IFP), Atrium Mitsubishi, Fukuoka, Japon.
—  (IFP), Artclub, Tokyo, Japon.
—  (IFP), Shinkansen Terminal, Sendaï, Japon.
—  (IFP), Le Parvis, Pau, France.
—  « Expositions » (IFP), École nationale d’art de Nancy, France.

2010/2011

—  « l’Épreuve du jour », (IFP), Mamco, Genève, Suisse.