👉 Samedi 14 février 2026, 14h30 au MAC VAL – avec Léa Bismuth
Cours d’histoire de l’art : Présentation d’Étoiles Communes
Cette première séance est consacrée à la présentation par Léa Bismuth de son livre paru en janvier 2026 aux éditions Actes Sud, Étoiles Communes, dont les thèmes résonnent particulièrement avec l’œuvre de SMITH (l’une des œuvres de l’artiste a été notamment retenue pour la couverture de l’ouvrage). Il s’agit surtout de parler d’écologie cosmique et politique, de la défense du ciel comme bien commun et d’ouvrir la réflexion en présentant des œuvres très politiques, décoloniales et radicales, notamment issues du courant Afrofuturiste.
👉 Jeudi 12 mars 2026, 18h, au Centre Wallonie Bruxelles, 127-129, rue Saint Martin – 75004 Paris – avec Léa Bismuth
Cours d’histoire de l’art « Désidération »
Visite de l’exposition « Deep Fields »
« We are dealing with the limits of an experience » Robert Irwin
Le télescope Hubble, qui pointe une portion apparemment vide de la carte du ciel, ouvre en 1995 de nouvelles fenêtres de perception sur des milliers de galaxies inconnues. Depuis lors les frontières du perceptible ne cessent d’être repoussées et élargies, donnant lieu à de nouvelles preuves : découverte de la première exoplanète, image du fond diffus cosmologique par le satellite Planck, découverte du Boson de Higgs, détections d’ondes gravitationnelles, photographie d’un trou noir.
Tout un parcours se dessine de l’astrophysique à la physique quantique, de l’infiniment grand à l’infiniment petit.
"Deep Fields" réunit des artistes qui sondent et explorent les champs profonds : des paysages lointains et désertiques aux champs mobiles et instables de particules. Confrontés à l’irreprésentable et à l’invisible, ils interrogent la perception, sans cesse renvoyée à ses propres limites, à ses cadres et ses frontières. Leurs œuvres sont des traces d’événements, les échos matériels et psychiques d’horizons traversés, des champs d’énergie dont le corps reste partie prenante. Ce ne sont plus des objets isolés ni des images arrêtées, mais des oscillations, des vibrations magnétiques et lumineuses.
"Deep Fields" propose d’arpenter des territoires de la physique contemporaine, d’enquêter dans les marges du visible et de sortir des espaces de contrôle.
Extrait de la présentation de l’exposition. Site Centre Wallonie Bruxelles.
👉 Jeudi 26 mars 2026, 18h au MAC VAL – avec Charlotte Potot
À quoi pense l’art contemporain ?
Cette séance autour de l’exposition de SMITH explore la figure de la cendre et de la ruine. Jacques Derrida pense la ruine comme la structure même de l’œuvre d’art, la ruine habite les origines de la représentation. Elle nous laisse voir sans rien nous montrer. Cette figure nous permet de découvrir l’œuvre spectrale de l’artiste puis la lecture de la philosophe Isabelle Stengers permet d’envisager nos façons de vivre dans les ruines.
Lecture de Jacques Derrida, Feu la cendre, 2001, éditions des femmes.
Préface d’Isabelle Stengers de Proliférations d’Anna L. Tsing, 2022, Wild Project éditions.
👉 Samedi 11 avril 2026, 14h30 aux EMA de Vitry – avec Léa Bismuth
Cours d’histoire de l’art « Désidération »
En lien avec l’exposition de SMITH, ce cours propose quelques éclaircissements sur le concept majeur forgé par l’artiste : la désidération — le sentiment d’être séparé de l’étoile, celle qui manque à notre désir, et par extension la coupure originelle de la Terre et du Ciel. Explorant la porosité des pratiques artistiques, scientifiques, de la philosophie et des narrations spéculatives, l’œuvre de Smith Désidération propose une autre mythologie du spatial.
👉 Jeudi 16 avril 2026, 18h au MAC VAL – avec Charlotte Potot
À quoi pense l’art contemporain ?
Dans Staying with the trouble, ou dans sa traduction française Vivre avec le trouble, Donna Haraway invente un terme énigmatique : Chthulucène. Mot-valise cher à la philosophe, le terme grec chthonos fait référence aux forces et aux créatures de la terre et des profondeurs et « Cène » vient aussi du grec, kainos, et renvoie à une temporalité présente, que Haraway dit « épaisse ». Il s’agira donc d’« un temps épais pour les chthoniens ». Mais le Chthulucène n’est pas le simple constat ou l’inventaire de ce qui ne fonctionne pas dans le monde. À travers la lecture du manifeste Chthulucène, mais aussi du manifeste cyborg et du manifeste xénoféministe, nous nous demanderons quelles sont les alternatives proposées par SMITH.
Lecture de :
Donna Haraway, Vivre avec le trouble, 2016, éditions Des mondes à faire, traduit en 2020.
Manifeste cyborg, 1991, traduit en 2007, disponible en ligne.
Manifeste xenoféministe, 2019, éditions Entremonde.
👉 Jeudi 7 mai 2026, 18h aux EMA – avec Léa Bismuth
Cours d’histoire de l’art « La Poétique de l’espace »
Prenant appui sur L’Air et les Songes de Gaston Bachelard (1943), il s’agit d’entrer dans une réelle perception de la « poétique de l’espace », puis d’ouvrir la réflexion par l’œuvre d’Yves Klein jusqu’à l’importance prise par le vide, les nuages, le ciel dans l’art contemporain (avec les œuvres notamment de Charlotte Charbonnel, Hicham Berrada…).
👉 Jeudi 21 mai 2026, 18h aux EMA – avec Léa Bismuth
Cours d’histoire de l’art « Cosmos et Anthropocène »
Basculer dans le XXIe siècle, c’est basculer dans un nouvel âge cosmique. À ces fins, le cours s’ouvre sur une prise de conscience environnementale et l’intrusion du personnage de Gaïa (étudié à l’aune des textes d’Isabelle Stengers, Bruno Latour ou Frédérique Aït-Touati), pour ensuite étudier des œuvres contemporaines qui mettent en tension et en scène la question de la « zone critique ». Il ouvre la discussion sur des enjeux écologiques, politiques et cosmiques tout à fait brûlants.
👉 Samedi 30 mai 2026, 14h30 – avec Léa Bismuth
Visite de l’exposition de SMITH « Ici grand ouvert » au MACVAL
Troublant les genres, les langages et les disciplines, SMITH expérimente et explore les liens entre l’humanité contemporaine et ses figures-limites — spectres, mutants, hybrides, auprès de collaborateurs, collaboratrices, écrivaines, écrivains, astronautes, agriculteurs, agricultrices, chamanes, ingénieures, ingénieurs, designers, scientifiques, philosophes, performeurs, performeuses, compositeurs ou compositrices. Ses projets-mondes indisciplinaires se fondent sur un processus d’auto-expérimentation qui prend la forme d’une enquête, où le corps de l’artiste devient une plateforme critique, expérimentale, curieuse, pour révéler de nouvelles manières de se lier au monde visible et invisible.
👉 Jeudi 11 juin 2026, 18h au MAC VAL – avec Charlotte Potot
À quoi pense l’art contemporain ?
Dans son article Technologies touchantes, visions touchantes, Maria Puig de la Bellacasa prône la récupération de l’expérience sensorielle et la politique de la pensée spéculative. Elle préconise en effet de porter son attention sur ce que cela signifie de toucher et d’être touché sensibilisant au caractère encorporé de la perception, de l’affect et de la pensée. Elle interroge ce que le toucher fait à la pensée car toucher, c’est aussi être touché, les personnes et les choses sont ainsi mutuellement constituées. Il ne s’agit pas de faire du toucher un sens qui serait plus pur ou plus vrai, d’un sens délaissé au profit de la vue mais de prendre conscience de ces processus producteurs de sens. Puig de la Bellacasa ne fait pas l’éloge d’une relation qui existerait sans médiation, ou n’idéalise pas une forme d’immédiateté dont on ignorerait le potentiel dangereux ou violent. Cette séance permet de questionner l’usage que fait SMITH de la caméra thermique à partir de cette conception de la vision touchante.
Lecture de Maria Puig de la Bellacasa, Des technologies touchantes, visions touchantes, la récupération de l’expérience sensorielle et la politique de la pensée spéculative, dans Penser avec Donna Haraway, 2012, éditions PUF.