« Attention fragile »

Festival – Rencontres
30 novembre, 1er et 2 décembre 2018
Journée professionnelle, vendredi 30 novembre 10h – 19h

Le MAC VAL présente les 30 novembre, 1er et 2 décembre 2018, la 8e édition de son festival dédié aux grands enjeux qui sous-tendent les missions d’un musée d’art contemporain en prise avec son présent. Cette année, il est consacré au thème de la vulnérabilité comme force créatrice.

Présentation

Le MAC VAL présente les 30 novembre, 1er et 2 décembre 2018, la 8e édition de son festival dédié aux grands enjeux qui sous-tendent les missions d’un musée d’art contemporain en prise avec son présent. Cette année, il est consacré au thème de la vulnérabilité comme force créatrice et nous invite à prêter attention à la fragilité.

« Attention fragile » s’inscrit au cœur d’une programmation artistique tournée vers les notions d’hospitalité avec les expositions « Persona grata » au MAC VAL et au Musée national de l’histoire de l’immigration, et « Open Ended Now » de Melanie Manchot dont l’œuvre est traversée par la relation qu’entretient le corps (social) à l’espace (public).

Que faire de notre vulnérabilité ? Cette interrogation traverse l’ouvrage de Guillaume le Blanc, philosophe associé aux expositions « Persona Grata » aux côtés de Fabienne Brugère. Il pose d’emblée la vulnérabilité comme condition fondamentale de l’existence humaine. La vulnérabilité n’est pas le seul attribut des fragiles et des exclus, qui pensés ainsi se voient refuser l’autonomie, deviennent inaudibles et invisibles.

Au sein de la communauté muséale et éducative s’ouvrent alors des pistes de réflexion, des pratiques de médiation et de co-création qui acceptent leur propre fragilité, et déjouent les catégorisations entre publics sensibles,

éloignés, comme la bienveillance réparatrice du médiateur (entendu au sens large) : autant de situations qui empêchent la réciprocité, l’hospitalité, l’altérité, la reconnaissance de l’autre.

Ces journées proposent une approche esthétique, philosophique, politique de la vulnérabilité au sens d’une interrogation sur le bien commun. Souvent rattachée aux pratiques du soin, confondue avec la fragilité et ramenée sur le champ politique par la notion de précarité, la vulnérabilité est relative à ce qui peut être blessé, au vivant. Nous proposons de la considérer comme un outil pour penser différemment les schémas dominants et normatifs. Nous traverserons pour cela des espaces et des territoires dits vulnérables ou utopiques, solliciterons des corps dits empêchés, handicapés, hors normes, limités et exposés au manque, des minorités, des invisibles, des inaudibles dits précaires. C’est l’ensemble de nos pratiques patrimoniales et muséales qui sera enfin regardé, amenant la possibilité d’une vulnérabilité institutionnelle. Sommes-nous prêts à prendre le risque de la reconnaître ? L’accueil de l’autre, les pratiques d’hospitalité, font rentrer l’institution et ses représentants dans un cadre de référence différent de celui qui leur est familier. Peut-on ménager au sein du musée des espaces de non- contrôle pour faire émerger des sens nouveaux, des bifurcations, une « force vulnérable » créatrice (Amador Fernandez Savater) ?

Programmation en continu

—   Faire signe
Projection et diffusion du fanzine Faire signe
Restitution du workshop de Violaine Lochu avec des étudiants de l’atelier de recherche et création PILABCREATION de l’École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée (ESADMM).
L’EASADMM est site pilote pour l’accueil des étudiants sourds et malentendants avec son programme PiSOURD.
Au salon

—  Régis Perray, Les petites fleurs de l’Apocalypse, 1918 - 2018

À l’invitation du Domaine national du Château d’Angers, Régis Perray a réalisé un ensemble de fleurs en papier peint à partir des fleurs de la Tapisserie de l’Apocalypse pour la fin des commémorations de la Grande Guerre. Après les murs des musées d’Angers, Nantes, Roanne, Lille, Besançon, Caen, Drancy, Bruxelles et Rennes, elles apparaissent, fragiles et graciles dans les espaces de circulation du MAC VAL.
Installation dans les espaces de circulation du musée
Projet réalisé avec le concours de l’atelier d’Offard

—  Núria Güell, La Feria de Las Flores, 2015

La Feria de las Flores est le nom d’un projet mené par Núria Güell au sein du Musée d’Antioquia à Medellín. Devenue l’une des destinations touristiques phares de Colombie, du fait notamment de l’immense collection consacrée au peintre Fernando Botero qu’elle abrite, la ville de Medellín voit en contrepartie croître le commerce lié au tourisme sexuel. Dans ce contexte, Núria Güell a confié à des mineurs exploités des visites guidées à travers les œuvres de Fernando Botero où la place du corps féminin nu est prédominante. Ils les mettent en regard des catalogues permettant à certains touristes de choisir le garçon ou la fille dont ils vont acheter la virginité.
Vidéo couleur, 42’51’’.
Production Encuentro Internacional MDE15 du Museo de Antioquia et Fundación Kreanta, Barcelone.
Diffusion vidéo, salon auditorium

Programmation journalière

Vendredi 30 novembre, 9h30 - 19h
Journée professionnelle ouverte à tous et toutes,
sur inscription : reservation@macval.fr

• 9h30
Café d’accueil

• 10h
Conférence
« Persona grata. Des semblables en droits et en vies » de Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc, philosophes.
« Nos États ne savent plus guère accueillir. Nous nous sentons fragiles, en danger, dans un monde interdépendant où les écarts de richesse sont profondément scandaleux. Nous ne savons que faire. La démocratie est en passe de devenir un vieux rêve (...) Attention, le monde est fragile. Savoir en quel sens la fragilité peut être une valeur commune est l’un des grands défis de la démocratie. »

Fabienne Brugère, philosophe, professeure de philosophie à l’Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis et Guillaume le Blanc, philosophe, professeur de philosophie à l’Université Paris-Diderot, auteurs de La fin de l’hospitalité (Champs Flammarion 2018).

• 10h30
Conférence - performance
PEROU
40e contribution pour l’inscription de l’acte d’hospitalité au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, en collaboration avec les étudiants du cours « Learning from hospitality » de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais

Du quartier de la Chapelle à Paris, à Vitry-sur-Seine, le PEROU (Pôle d’Exploration des Ressources Urbaines) inventorie les indices d’une hospitalité passée, présente, et future, pour mieux repenser une notion de patrimoine qui inclurait les récits de vie, les légendes, les ressources liées aux migrations. Le PEROU donne à lire et à entendre la requête que l’association dépose auprès de l’UNESCO pour faire reconnaître l’hospitalité comme un patrimoine culturel immatériel.
Association loi 1901 fondée en septembre 2012, le PEROU est un laboratoire de recherche-action sur la ville hostile conçu pour faire s’articuler action sociale et action architecturale en réponse au péril alentour et renouveler ainsi savoirs et savoir-faire sur la question. S’en référant aux droits fondamentaux européens de la personne et au « droit à la ville » qui en découle, le PEROU se veut un outil au service de la multitude d’indésirables, communément comptabilisés comme cas sociaux voire ethniques, mais jamais considérés comme habitants à part entière.

• 11h
Discussion
« L’institution au risque des pratiques socialement engagées »

Aujourd’hui et selon le critique Mikkel Bolt Rasmussen, certaines pratiques socialement engagées ont pris le relais de la critique institutionnelle, à cette exception près que la remise en cause des institutions dépasse le cadre artistique et la logique moderniste, pour s’adresser à la société civile dans son ensemble. Les pratiques collaboratives dont il est question ici, marquées par l’instabilité et par une dynamique de conflit ou du moins de frottement, échappent à l’institution (culturelles ou non), la mettent en crise...ou pas."

Modération : Céline Poulin, directrice du CAC Brétigny.
Avec : Núria Güell, artiste, Marie Preston, artiste, maître de conférences à l’université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, Katia Schneller et Simone Frangi, coordinateurs de la plateforme de recherche « Pratiques d’hospitalité » à l’École Supérieure d’Art et Design, Grenoble, Valence.

• Pause déjeuner

• 14h
Café au restaurant du musée

• 14h30
« Rater encore, rater ensemble, rater mieux. Ce que fait la vulnérabilité au musée »
Introduction par Stéphanie Airaud, responsable des publics et de la programmation culturelle.

• 15h
Quasimodo aux miroirs, No Anger
Performance suivie d’un échange avec le public

« En 1996, sortait le long-métrage Disney, Le bossu de Notre Dame. En 1998, était donnée la première de la comédie musicale, Notre Dame de Paris. Je suis une enfant des années 1990 ; j’ai regardé ce dessin animé et écouté assidûment la comédie musicale. Pendant toute mon enfance, j’ai donc côtoyé le personnage de Quasimodo, rare représentation du corps handicapé disponible et je me suis peu à peu construite avec cette narration. (…) Comment, Quasimodo m’a-t-il peu à peu appris à me croire un corps repoussoir ? Comment les logiques sociales, par le biais des productions culturelles, ont-elles façonné ma narration intime et construit une vulnérabilité dans cette narration ? »

Doctorante à l’École normale supérieure de Lyon, No Anger travaille sur la nudité et les représentations sexuelles dans la contestation politique et plus particulièrement les Femen et le pornactivisme. Elle est également activiste handie et performeuse.
http://amongestedefendant.wordpress.com

• 16h
Discussion
« Soin et vulnérabilité dans les institutions culturelles : questions pratiques et théoriques »
Modération : Stéphanie Airaud, responsable des publics et de la programmation culturelle au MAC VAL
Avec : Pauline Cortinovis, chargée des actions et des partenariats éducatifs au MAC VAL, Fanny Delmas, responsable du pôle Éducation artistique et culturelle au CND (Centre national de la danse à Pantin), Mathilde Villeneuve, co-directrice des Laboratoires d’Aubervilliers de 2013 à 2018.

• 18h
Faire signe
Performance des étudiants de l’atelier de recherche et de création PiLAB CREATION de l’École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée (ESADMM) sur une proposition de Violaine Lochu. L’EASADMM est site pilote pour l’accueil des étudiants sourds et malentendants avec son programme PiSOURD.
Présence d’interprète en LSF.

• Présentation des ouvrages :

—  Des Actes, À Calais, et tout autour, par le collectif PEROU (Post-Éditions, 2018).
Imaginées à Calais, à la rencontre des exilés et de la multitude d’Européens solidaires ayant fait surgir la dite « Jungle » de la boue, ces pages consignent les actes d’hospitalité risqués partout en France. Les droits d’auteur serviront dans leur intégralité à améliorer le quotidien des rescapés à bord de l’Aquarius, navire de sauvetage en mer affrété par l’association SOS Méditerranée.

—  Co-Creation, une publication plurielle inscrite dans une recherche sur les pratiques artistiques en co-création engagées dans le champ social. De Céline Poulin et Marie Preston avec la participation de Stéphanie Airaud, Empire Books et CAC Brétigny. Avec le soutien de l’édition imprimée du Centre national des arts plastiques, du MAC VAL et de l’Université Paris 8 (Laboratoire AIAC Equipe Teamed - EA 4010).
Constituée de textes théoriques et/ou personnels de philosophes, sociologues, anthropologues, artistes, d’historiennes et d’historiens de l’art, d’entretiens et de traductions inédites en français, l’édition s’organise autour de cinq thématiques essentielles et transversales : conversation, collectif, éducation, vulnérabilité et évaluation.

• 19h
Cocktail de clôture


Samedi 1er décembre, 12h-20h
Rencontres et performances

• 13h - 16h
Le jeu comme outil, proposé par L’Amicale.
Conférence - atelier menée par Marion Le Guerroué et Sébastien Vial

L’Amicale est une structure mixte, pas tout à fait un bureau de production, pas une compagnie non plus : une coopérative de projets, qui édite des formes transversales, à cheval entre les arts visuels et le spectacle vivant.
Depuis 2009, au fil de cette expérience coopérative autour de la production de formes hybrides (du spectacle à la sucette géante), le jeu a eu bien plus d’une vertu. Deux associés (Marion Le Guerroué productrice et Sébastien Vial auteur interprète) viennent nous relater quelques expériences ludiques qu’ils ont vécues au sein de cette structure. Jouer au travail est-ce bien sérieux ? Oui. Dans les résidences de création évidemment, dans le travail collaboratif, dans la vie quotidienne, le jeu a été inventé ou utilisé à de nombreuses occasions.
Au milieu des salles d’exposition, ils alterneront les récits d’expériences et les partages d’outils, pour repenser les pratiques, favoriser la mise en réseau et la coopération. Sur une échelle de 1 à 10, on parie combien, que jouer en regardant une œuvre peut obtenir un taux de stimulation aussi efficace que jouer pendant sa création ?
Et si on inventait ensemble « le jeu du musée » ?

Sur inscription : reservation@macval.fr
Ouvert aux professionnels de la médiation et au public
Durée : 3h
Ateliers pédagogiques

• 15h
La Peaurello
Atelier du livre d’artiste de Thorsten Streichardt, à partir de son ouvrage XXBOXXX
La peau est une surface tactile, on pourrait dire un « touch screen » (écran tactile). Elle est sensible à tout et à tous ceux qui nous touchent et que nous touchons. Avec le temps, la vie s’inscrit dans la peau. Les traces accidentelles sont lisibles. La douceur, les couleurs, la transparence, la pâleur, la rougeur, les rides des soucis et celles du sourire donnent d’autres indices sur nos habitudes. Ma peau m’appartient, mais je ne suis pas le seul à laisser les traces sur elle. Ne peut-on regagner un peu d’autorité avec du maquillage ?

Enfants et familles à partir de 5 ans
Sur inscription : cdm.macval@macval.fr
Durée : 1h30
Centre de documentation

• 16h
Le Lien défait
Performance de Thierry Thieû Niang et Gaël Baron
Suivie d’une discussion avec Ingrid Jurzak, commissaire de l’exposition « Persona grata ».
Danseur et chorégraphe, Thierry Thieû Niang associe à ses projets de création chorégraphique autant des artistes de différentes disciplines que des enfants, des adolescents, des seniors amateurs, des détenus ou encore des personnes autistes.
Il livre pour le MAC VAL une performance inédite en duo avec le comédien et metteur en scène Gaël Baron et en écho à son nouveau spectacle « Va voir là-bas si j’y suis », conçu avec 10 danseurs de l’Atelier des artistes en exil originaires de Syrie, d’Egypte, d’Ukraine, de Palestine et d’Ethiopie. De l’exil traversé du geste dansé comme une allégorie de la présence à l’autre, sa nouvelle création veut explorer le thème de l’accueil, de l’étreinte – prendre avec soi, c’est-à-dire comprendre. Le spectacle, présenté le 2 novembre 2018 au Musée national de l’histoire de l’immigration, dans le cadre du festival « Visions d’exil », sera accueilli au MAC VAL le 3 février 2019.

Durée : 30 min
Collection

• 17h
Visite de l’exposition « Persona grata » en langue naturelle du corps suivie d’une discussion avec Levent Beskardes.
Poète, artiste, comédien et metteur en scène sourd d’origine turque, Levent Beskardes travaille activement à développer l’usage du langage gestuel naturel pour favoriser la rencontre et les échanges entre les sourds et les entendants. Il le pratique régulièrement au MAC VAL pour des visites des expositions silencieuses et ouvertes à tous.
Présence d’interprète en LSF
Durée : 1h
Collection

• 18h
ACTIONS
Nicolas Cilins, Yan Duyvendak et Nataly Sugnaux
Le temps d’une performance, ACTIONS propose de constituer une assemblée démocratique idéale où s’expriment les réfugié-e-s, les responsables politiques et les bénévoles de votre ville. ACTIONS prend le contre-pied de la grande crise migratoire et de son traitement par les médias en se concentrant sur l’ici et maintenant et sur ce que seul le théâtre peut faire : accéder en direct à la puissance documentaire des témoignages, jouer son rôle de forum au sein de la cité et faire s’engager ensemble théâtres, associations et spectateurs.
Le site des artistes
En partenariat avec le Musée national de l’histoire de l’immigration.
Présence d’interprète en LSF
Durée : 1h30
Nef


Dimanche 2 décembre, 12h - 19h

• 14h et 16h
Cérémonie Sans Titre #14
Performance de Béatrice Balcou

Les « Cérémonies Sans Titre » sont des performances réalisées avec une œuvre d’art que Béatrice Balcou choisit préalablement dans une collection publique ou privée, ici celle du MAC VAL. Elles développent une temporalité particulière autour d’un évènement : celui de l’installation et de la mise en exposition de l’œuvre. À travers ses gestes précis et délicats, Béatrice Balcou s’intéresse à l’attention portée à la matérialité de l’œuvre d’art autant qu’au comportement de celui qui la regarde. Avec elle, l’œuvre n’est pas une image éphémère à reconnaître rapidement ou à consommer, mais une matérialité physique dont il faut prendre soin et avec laquelle passer du temps.
Co-production Centre d’art La Ferme du Buisson

Sur inscription : reservation@macval.fr
Jauge limitée à 25 personnes
Durée : 40 min
Ateliers pédagogiques

• 15h et 17h30
Au Seuil premier mouvement : risquer la fragilité
Lecture - performance par Bérangère Vantusso, metteuse en scène et directrice du Studio Théâtre de Vitry-sur-Seine.

Alors Carcasse est le texte de la prochaine création de Bérangère Vantusso. Au seuil, en est le premier mouvement et propose de traverser en lecture le texte de Mariette Navarro et de partager les premiers gestes de jeu des interprètes.
Carcasse est un personnage fragile autant qu’obstiné. Il se tient debout sur un seuil, dont on ne sait pas grand-chose sauf qu’il est au bord de son époque et que Carcasse voudrait bien le franchir mais ne sait ni pourquoi ni comment faire. Étrange figure dont on dit qu’il « manque de contour, manque de démarche, manque de tomber dans l’oubli à peine sur le seuil. » Et pourtant, héros fragile et immobile, il pose malgré lui le plus puissant des actes : arrêter. Refuser de continuer à participer au flux, tenter de se construire hors du regard des autres, hors du cadre.
D’après le texte Alors Carcasse de Mariette Navarro (2011, Cheyne éditeur, collection Grands Fonds).
Mise en scène : Bérangère Vantusso. Avec Guillaume Gilliet, Christophe Hanon, Stéphanie Pasquet, Sophie Rodrigues.
Production : cie trois-six-trente - Coproduction : Studio-Théâtre de Vitry, Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – CDN, Festival Mondial des Arts de Marionnettes de Charleville-Mézières, Le Manège – scène nationale de Reims

Durée : 30 min
Collection

• 15h30
Me too, Galatée
Performance de Pol Pi
En collaboration avec Rachel Garcia

Allégorie de la création ou de la domination masculine ? Le chorégraphe d’origine brésilienne Pol Pi nous rappelle toute la violence symbolique contenue dans la fable d’Ovide. Derrière l’attachement de l’artiste pour son œuvre, la passivité de Galatée – qui ne portait pas même de nom dans le texte originel – interpelle. À l’heure où les pensées les plus rétrogrades s’expriment au grand jour au Brésil, Galatée est ici le point de départ d’une réflexion sur l’idéalisation et le formatage du corps féminin par le regard de l’homme.

Durée : 45 min
Collection

• 16h
Visite et rencontre avec Melanie Manchot, artiste et Frank Lamy, commissaire d’expositions, autour des enjeux éthiques et esthétiques de la vulnérabilité dans l’exposition « Open Ended Now ».

Durée : 1h
Exposition temporaire

• 17h
Une Bouche
Spectacle de Lila Derridj
Une Bouche est l’utopie d’une femme au corps singulier, riche d’une double culture algérienne et française. C’est une ode à tous les possibles du corps. Un cri pour affirmer que la pensée collective d’un corps idéal est excluante et discriminante. Dans cette pièce, la beauté se trouve dans le déséquilibre et la puissance dans la fragilité.
Chorégraphe / Interprète  : Lila Derridj
Dramaturge : Michel Cerda
Assistante chorégraphique : Pauline Brottes / Assistante à la mise en scène : Naema Boudoumi
Plasticienne / Costumière : Élizabeth Saint Jalmes
Créateur sonore / Musicien : Thomas Barlatier
Création lumière : Charlotte Gaudelus

Durée : 50 min
Auditorium

• 18h
La Maladresse
Spectacle de Mylène Benoit

La Maladresse est un projet de recherche et de création dansée, chantée et musicale qui s’inspire des mouvements anormaux et involontaires tels que les tics et les dyskinésies. Mylène Benoit a voulu, avec ce travail, ouvrir de nouveaux champs pour la danse et inciter notre imaginaire et celui des spectateurs à de nouvelles expériences du geste dansé. La danse dans La Maladresse se fonde sur les coordinations, les musicalités et les temporalités inédites observées dans ces mouvements dits pathologiques. Plutôt que de se référer au geste virtuose, elle a cherché avec les artistes du projet à fabriquer une poétique et à inventer une langue dansée et chantée à partir de ce qui échappe au contrôle, des mouvements que le corps produit malgré lui.
Conception : Mylène Benoit
Collaboration artistique : Magda Kachouche
Interprétation : Célia Gondol
Musique live : Nicolas Devos et Pénélope Michel (Puce Moment / Cercueil)
Production : Contour Progressif

Durée : 45 min
Vestibule

À paraître

Attention fragile

Parution en février 2019 de l’ouvrage qui accompagne ce Festival - Rencontres dédié à la vulnérabilité comme force créatrice.
Témoin des rencontres et performances qui s’y sont déroulées, il prolonge ces journées en proposant de partir du corps assigné ou pensé comme handicapé, hors normes, fragile, invisibilisé, pour aborder plus largement les représentations et manifestations de la vulnérabilité comme bien commun.

Manifestes, déclarations d’intention, éclatement d’une colère, aveu d’impuissance, expression de la gaucherie, revendication d’une écologie du soin et de l’attention, récits d’expériences militantes, les contributions réunies ici indiquent une volonté de dépasser le pathos pour agir et sortir de la culpabilité aliénante. Ils ouvrent des pistes théoriques, philosophiques, poétiques et pratiques pour un renouvellement de la relation aux autres au sein des institutions muséales ou lieux d’art contemporain. Ces « autres » sont les publics, artistes, collaborateurs, collaboratrices, partenaires institutionnels, citoyennes, citoyens, professionnelles et professionnels des milieux éducatifs ou médicaux engagés. C’est l’ensemble de nos pratiques patrimoniales et muséales qui peut être ainsi regardé, amenant la possibilité d’une vulnérabilité de l’institution.

Éditions MAC VAL, février 2019
Graphisme : Marie Proyart & Jean-Marie Courant


Légende visuel : Régis Perray, Les petites fleurs de l’Apocalypse, 1918 - 2018. Photo © DR.

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Performances, visites, conférences, un week-end dédié à la vulnérabilité comme force créatrice.

L’album Facebook.