Ana Pi, artiste associée de Dancing Museums #2

Pour la deuxième fois, le MAC VAL participe à un événement international sur 4 années qui met à l’honneur la danse au musée. Cette édition (2018-2021) est intitulée « DANCING MUSEUMS #2 : The Democracy of Beings ».
Il est piloté par la Briqueterie, Centre de développement chorégraphique du Val-de-Marne.

Ce nouveau projet a pour but d’examiner comment la danse permet de nouvelles façons d’appréhender et de vivre l’art et le patrimoine, comment elle peut aider publics et visiteurs à nouer un dialogue avec les œuvres d’art. Conçu sur trois ans, il favorise une collaboration à long terme entre six structures de danse, six artistes, neuf musées et deux centres de recherches, de sept pays. Cette nouvelle collaboration s’appuie sur le précédent projet Dancing Museums (2015-2017) e s’articule autour de résidences longues, de séminaires et ateliers.

Ana PI au MAC VAL

Pour « Dancing Museums #2 - The Democracy of Beings », Ana Pi questionne les notions d’inclusion et de décolonisation des corps dans le paysage chorégraphique contemporain. Face au grand tremblement actuel du monde, comment pouvons-nous toucher le sol ?
Ana Pi est chorégraphe, plasticienne, danseuse contemporaine et pédagogue.
Diplômée de l’École de la Danse de l’Université Fédérale de Bahia (Brésil), elle a étudié la danse et l’image au Centre chorégraphique national de Montpellier (formation EX.E.R.CE), sous la direction de Mathilde Monnier.
Sa pratique évolue entre les notions de transit, déplacement, appartenance, chevauchement, mémoire, couleurs et la gestuelle quotidienne. Elle collabore régulièrement avec d’autres artistes sur des projets de natures diverses. Elle donne des performances et régulièrement des conférences sur des formes de danse marginales. Son Tour du Monde des Danses Urbaines en Dix Villes (Ana Pi, Cecilia Bengolea, François Chaignaud) a très largement tourné en Europe, au Brésil et en Afrique. Elle a développé une pratique appelée « CORPO FIRME : danças periféricas, gestos sagrados » (CORPS CONSTANT : corps périphériques, gestes sacrés) dans laquelle les danses provenant des périphéries des grandes villes – des « danses urbaines » – sont intimement liées aux gestes sacrés demeurés vivaces dans la diaspora Noire.
En 2018, elle présente son premier documentaire, NoirBLUE -the movements of a dance, pour lequel elle a obtenu le prix du meilleur court métrage brésilien au festival de cinéma international de Recife et Belo Horizonte. Le film a été présenté au Fórum DOCBH, Semana de Realizadores – Rio de Janeiro in 2018, Mostra de Tiradentes et au Rotterdam IFFR en 2019. NoirBLUE est également le nom d’un spectacle créé en France en 2017 et présenté en Belgique et au Portugal. En 2018, elle crée COROA, une performance-installation conçue pour des espaces muséaux, présentée à la galerie Vermelho (São Paulo) et à Lafayette Anticipations (Paris). La même année, elle reçoit le prix de la Révélation de la Danse de la Cooperativa Paulista de Dança.

Performance, nouvelle création au cœur du musée

Le 20 septembre à 15h et le 22 septembre à 17h30

Ana Pi présentera la performance O BANQUETE (durée 35min) dans le cadre des Plateaux de la Briqueterie- Centre de développement chorégraphique du Val-de-Marne, au cœur des salles d’exposition du musée.
Cuisiner et parler d’amour, tel est le projet d’O Banquete, nouvelle création d’Ana Pi qui invite sa tante paternelle à concocter avec elle une recette brésilienne emblématique. Déjà en 380 av. J.-C., Platon rédige l’ouvrage philosophique Le banquet dans lequel des hommes discutent de « l’amour ». Ce banquet-ci est prétexte à ces femmes noires à un dialogue sur le Brésil actuel, pays en état d’exception et invite à une réflexion autour des notions telles que l’héritage, l’affection et la résistance.

Création : Ana Pi
Interprétation : Mylia Mary, Ana Pi
Musique création et interprétation :
Aishá Lourenço
Conseil philosophique : Professeure
Docteure : Maria Fernanda Novo

ATELIERS et Résidence
« CORPS ANCRÉ ; danses périphériques, gestes sacrés »

Du 27 au 30 août 2019, elle anime quatre journées d’atelier à destination d’un public adolescent. Intitulé « CORPS ANCRÉ ; danses périphériques, gestes sacrés », la danse y est envisagée entre héritage et création : gestes transmis, gestes revisités, gestes inventés. Au travers la pratique de danses noires sacrées ainsi que celles issues des zones périphériques de métropoles, aussi dites populaires et urbaines, de plus en plus présentes dans les scènes contemporaines, cet stage est l’occasion de questionner des notions comme l’appartenance, l’appropriation ou encore le déplacement culturel dans les créations actuelles. La vitesse dans laquelle ces matières naviguent aujourd’hui permets leurs matérialisation dans un ailleurs sans la présence du corps originaire. La recherche collective autour de l’adaptation, groove, l’improvisation, freestyle sont la base de cette pratique. Danser en ronde, activer les pieds, le bassin et les yeux sont ici perçus comme gestes sacrés, producteurs d’expansion en permanence. L’étude de leur contexte historique, social et politique de ces danses noires sacrées et périphériques sera également évoqué afin de contribuer à l’implosion d’une certaine idée d’éphémère à laquelle ces langages chorégraphiques sont souvent attribuées.

Workshop : « Comment les arts peuvent-ils œuvrer à l’Inclusion ? »
Du 25 novembre au 30 novembre 2019, elle mènera un workshop au MAC VAL avec l’ensemble des artistes chorégraphes du programme Dancing Museums intitulé « Comment les arts peuvent-ils œuvrer à l’Inclusion ? ».

Restitution publique
Il donnera lieu à une restitution publique le dimanche 1er décembre 2019 de 15h à 18h (Gratuit, premier dimanche du mois). Une expérience unique du musée orchestrée par Ana Pi avec la complicité d’Eleanor Sikorski, d’Ingrid Berger Myhre, de Masako Matsushita, de Quim Bigas et de Tereza Ondrová. Ensemble, ils et elles ont habité le musée, dialogué avec ses œuvres, ses espaces, ses personnels, ses publics. Véritable laboratoire d’expérimentations, les éléments de cette recherche chorégraphique au musée menée sans public sont en partie restitués à toutes et à tous.
Une journée de performances, de rencontres et de projections avec la participation exceptionnelle du centre culturel brésilien Lá da Favelinha.


Entretien avec Ana Pi, mai 2019

1) Pourquoi avez-vous dit oui à ce projet ?

—  Dancing Museums is a opportunity to empower the museum’s experience of body. Provoke the movement inside this institution (known by the silence and a moderate behavior), the dance is a possibility to experiment radical new sensations. I have to say yes to this project because I wanna think about it. I wanna propose about it. I wanna think, as a place that preserve the memory, which gestures we wanna conserve as well, which new gestures we wanna create, which experience of body we want to project for the future of those kind of institutions.
Dancing Museums est l’occasion de vivre l’expérience du corps du musée. Provoquer le mouvement à l’intérieur de cette institution (connue pour son silence et un comportement modéré), la danse offre la possibilité d’expérimenter de nouvelles sensations, plus radicales. Je pense le musée comme un lieu dédié à la préservation de la mémoire. Quels gestes voulons-nous conserver ? Quels nouveaux gestes voulons- nous créer ? Quelle expérience du corps voulons- nous projeter pour le future au seine de l’institution muséale ?

2) Quel engagement avez-vous au sein de ce projet ?

—  I’m choregrapher, pedagogue, urban dances researcher, with these habilities I’m part of the project as associated artist. My work will be to build, through the dance field, with the team, movement strategies, esthetic experiences and production of knowledge.
Je suis chorégraphe, pédagogue, chercheuse en danse urbaine. Je fais partie du projet en tant qu’artiste associé. Mon travail sera de construire, sur le terrain de danse, avec l’équipe du musée et de la Briqueterie, des stratégies de mouvement, des expériences esthétiques et de nouvelles modalités de production de connaissances.

3) Quel changement voudriez-vous voir à l’issue de ce projet (ça peut-être dans votre travail, institution, la relation à l’autre, etc…)

—  I would love to feel that our work is important. I would love to inscribe in people’s memory experiences of body in the museum that will make them realize how alive a museum is, or can be. I’m interested in collective practices, so I would love as well to enjoy each layer of this, human and institutional, meeting.
J’aimerais avec le sentiment que notre travail est important. J’aimerais inscrire dans la mémoire des visiteurs, des expériences de corps qui leur fera réaliser à quel point un musée est vivant, ou peut l’être. Je m’intéresse aux pratiques collectives, donc j’aimerais aussi profiter de chacune des étapes et des aspects que m’offrira cette rencontre humaine et institutionnelle.