Œuvres

11/18

Pour réaliser l’installation vidéo 11/18, Melanie Manchot a filmé en Super8 une jeune fille, une minute par mois, de onze à dix-huit ans.
L’œuvre devient une enquête sur le temps, la durée et l’engagement. Entre documentaire et fiction, 11/18 apparaît comme une étude de la notion de subjectivité et d’identité se donnant à lire au détour des gestes et des mimiques du modèle. Les portraits révèlent les changements et émotions que le sujet a connus et traversés.
Cette jeune fille répond à la caméra comme elle le ferait à quelqu’un de familier, mais à la fois étranger et inquiétant. 11/18 apparaît comme le témoin distancié d’une quête d’identité, inexplicable et en constante évolution.

Melanie Manchot a propos de l’œuvre « 11-18 » et de la notion de portrait.

Manege, 3.15 pm

Groups + Locations (Moscow) est une série de douze portraits réalisée dans des espaces publics, à Moscou et ses environs, là où la photographie à titre privé est interdite. Melanie Manchot a demandé à des passants de se tenir face à l’appareil photo, immobiles. Elle propose ainsi une approche performative et politique du portrait de groupe ainsi qu’un questionnement sur les identités individuelles et culturelles telles qu’elles peuvent s’exprimer dans l’espace public.
Groups + Locations (Moscow) fait doublement référence aux usages officiels de la photographie en Russie. Au XIXe et au début du XXe siècle, elle était au service d’une documentation des diverses communautés et régions de l’Empire russe. Elle est aujourd’hui un instrument de surveillance et de censure du droit des citoyens à « voir » et à « être vus ».

The Dream Collector (Mexico City)

Pour The Dream Collector (Mexico City), Melanie Manchot filme des personnes endormies dans des parcs publics de la ville de Mexico. À leur réveil, elle leur demande de se souvenir de leurs rêves et de les raconter à la caméra. Elle tente d’enregistrer l’impossible, un moment d’intimité totale qui ne peut sans doute jamais être communiqué, car tout rêve est déjà un phénomène d’interprétation. Le corps endormi est fragile, ouvert et dormir en public, c’est se rendre totalement vulnérable.
Cependant, s’approprier momentanément l’espace public pour en faire un refuge privé le temps du sommeil, peut également constituer une résistance temporaire au mouvement et à l’incessante activité urbaine. Cette tension entre la vulnérabilité et l’intimité de la personne dans l’espace urbain public reste ici aussi au cœur du travail de Melanie Manchot.

Dance (All Night, Paris)

Invitée dans le cadre de Nuit Blanche 2011, l’artiste a réuni simultanément, dans la cour du lycée Edgar Quinet du 9e arrondissement de Paris, dix sortes de danses différentes, interprétées par des danseurs amateurs équipés d’un système de sonorisation au casque et filmés par trois caméras. Dance (All Night, Paris) est tout autant une performance en live qu’une œuvre vidéo qui crée et observe un espace où coexistent la dissonance et l’harmonie.
Melanie Manchot s’intéresse à l’acte de danser en public et aux significations de cette expérience collective intrinsèque et indigène à toutes civilisations. Comme le souligne Barbara Ehrenreich dans son étude Dancing in the Streets (2007), les formes communautaires de célébration et de danse sont des rites puissants qui relient l’individu à la fois à soi-même et à un sentiment d’appartenance au collectif. La danse revêt des qualités subversives, défiant à la fois les codes sociaux et les normes qui régulent l’espace public.

Walk (Square)

Un millier d’écoliers défile sur la place du musée d’art contemporain de Hambourg. Ils interprètent une chorégraphie simple, inspirée de la vidéo de Bruce Nauman intitulée Walking in an Exaggerated Manner around the Perimeter of a Square (1967-1968).
Ils déplacent ainsi l’étude de Nauman sur la marche dans l’espace privé de l’atelier, vers un espace public conçu pour les rassemblements culturels et les manifestations politiques. Walk (Square) s’inscrit dans une recherche sur les gestes collectifs tels que la marche, la danse ou la célébration. Une foule en marche, que ce soit lors de processions, de pèlerinages, de carnavals ou de manifestations, constitue le point de départ de cette vidéo.
Melanie Manchot invite à une exploration de la marche collective comme forme de discours, comme moyen de reconquérir l’espace public.

Tracer

Tracer suit un groupe de jeunes traceurs se déplaçant le long du Great North Run, le semi-marathon le plus populaire au monde. De Newcastle à South Shields, ils traversent et donnent vie à des paysages urbains et ruraux, habituellement inaccessibles ou invisibles, sans qualité (autoroutes désertes ou toits de monuments architecturaux, jardins ouvriers et garages).
Melanie Manchot recadre et chorégraphie ce double mouvement des corps et des caméras. L’utilisation de séquences longues et lentes, des vues rétrécies rappellent l’esthétique des images produites par les caméras de vidéo-surveillances, omniprésentes dans l’espace public.
Le parkour est une discipline ou une pratique non compétitive. Également appelé « art du déplacement », il vise à modifier la perception de l’espace urbain et à remettre en question notre capacité à nous mouvoir et à négocier, individuellement ou collectivement, avec les formes autoritaires des architectures urbaines.

The Ladies (Wren Library)

Melanie Manchot a travaillé avec un groupe de femmes issues d’une communauté bangladaise vivant à Cambridge, en Angleterre.
Dans ces images évoquant les compositions intimistes des peintures de Vermeer, ces « Ladies » habillées de leurs vêtements traditionnels sont représentées dans des attitudes exprimant à la fois la confiance et un certain détachement. Elles prennent la pose dans des espaces emblématiques de l’université de Cambridge et au cimetière américain situé en périphérie de la ville : des lieux où ces femmes n’étaient jamais allées ou auxquels elles ne pensaient pas avoir accès.

Dance (All Night, London)

Invitée dans le cadre de Nuit Blanche 2011, l’artiste a réuni simultanément, dans la cour du lycée Edgar Quinet du 9e arrondissement de Paris, dix sortes de danses différentes, interprétées par des danseurs amateurs équipés d’un système de sonorisation au casque et filmés par trois caméras. Dance (All Night, Paris) est tout autant une performance en live qu’une œuvre vidéo qui crée et observe un espace où coexistent la dissonance et l’harmonie.
Melanie Manchot s’intéresse à l’acte de danser en public et aux significations de cette expérience collective intrinsèque et indigène à toutes civilisations.
Comme le souligne Barbara Ehrenreich dans son étude Dancing in the Streets (2007), les formes communautaires de célébration et de danse sont des rites puissants qui relient l’individu à la fois à soi-même et à un sentiment d’appartenance au collectif. La danse revêt des qualités subversives, défiant à la fois les codes sociaux et les normes qui régulent l’espace public.

Melanie Manchot, Dance (All Night, London), 2017.
Installation vidéo, 3 écrans, 33’15”.
© Adagp, Paris 2018.

Cornered Star

La ville post-industrielle de Marl, en Allemagne porte les stigmates d’une dépression économique survenue suite au déclin des industries minières. Les places sont remplies de sculptures publiques, témoignant de l’essor passé de la ville. Dans la vidéo Cornered Star, un cheval en liberté se tient seul sur la place principale de la ville. La lumière du petit matin illumine progressivement l’architecture de béton brutaliste qui l’entoure. Le cheval est quasiment immobile, ses mouvements rares, mais malgré cette relative fixité, il demeure la seule source de vie présente dans cet environnement urbain déserté. L’œuvre s’intéresse aux formes archétypales de la sculpture publique équestre et questionne plus largement l’usage, les codes et l’autorité à l’œuvre dans l’espace public.