Les cours d’histoire de l’art

Ces cours d’histoire de l’art sont proposés conjointement par l’École municipale d’arts plastiques, la Galerie municipale Jean-Collet et le MAC VAL. Ils s’organisent en deux sessions mettant en perspective l’histoire et le contemporain. Les séances se déroulant aux EMA adoptent la formule traditionnelle de cours avec projections, celles à la Galerie municipale et au MAC VAL nous conduisent face aux œuvres et à la rencontre d’artistes. À chaque fin de session, une visite d’ateliers d’artistes ou d’expositions est organisée le samedi.
Par Alexandra Fau, historienne de l’art et commissaire d’exposition

Gratuit et inscription recommandée

Session 1 - du 20/09/22 au 21/01/23

Session 1 – Juste une affaire de décor ?

En 2021, l’historienne de l’art Marine Kisiel publie son ouvrage intitulé « La peinture impressionniste et la décoration » qui révèle comment les impressionnistes échouent à faire de la décoration un débouché pour leur travail. Leurs premiers clients sont leurs amis et ils peignent dans des contextes bien précis tenant compte des dessus de porte, des trumeaux. L’arrivée d’une nouvelle classe de collectionneurs issus de la bourgeoisie les orientera dans le choix des formats. Les œuvres, de petites ou moyennes dimensions seront désormais dissociées du mur pour mieux transiter d’un appartement à l’autre, au gré des déménagements de leurs propriétaires.

Mardi 20 septembre 2022, 18h
« Le décor dans l’art » (volet 1)

Aux EMA
Avant d’être une œuvre autonome, l’art a souvent dû négocier avec son support : le mur. De l’art pariétal, aux fresques Renaissance, aux grands lambris du 18e siècle, en passant par les mosaïques byzantines, cet attachement au support impose ses contraintes (format, technique, dispositif). Même au 19e siècle, l’art impressionniste (Auguste Renoir, Camille Pissarro, Gustave Caillebotte, Mary Cassatt…) que l’on pensait plutôt attiré par des formats adaptés à la nouvelle bourgeoisie, faciles à transporter, nourrit un lien très fort avec le décoratif qui aura son point d’acmé avec les Nymphéas de Claude Monet, si inspirants ensuite pour Joan Mitchell à Ellsworth Kelly.

Mardi 4 octobre 2022, 18h
« Le décor dans l’art » (volet 2)

Aux EMA
Certains artistes du XIXe siècle dont Puvis de Chavanne se sont faits les partisans d’une peinture décorative. Dans la mouvance du mouvement anglais Arts & Craft, les « nabis » (Bonnard, Vuillard, Vallotton) explorent la dimension décorative de l’art multipliant les panneaux, les paravents, les meubles et éventails dans le goût japonais de ces années 1880-90. Avec la publication de l’ouvrage de Adolf Loos « Ornement et crime » en 1908, le modernisme acquiert sa réputation de mouvement anti-décoratif. Mais c’est occulter les pratiques plus artisanales revendiquées par les artistes Sophie Taueber-Arp et Sonia Delaunay.

Samedi 8 octobre 2022, 14h30
Rencontre avec Nicolas Chardon et Karina Bisch et leurs « peintures à vivre »

Au MAC VAL
Karina Bisch et Nicolas Chardon développent chacun un travail pictural singulier qui s’inscrit dans la suite des projets utopiques des avant-gardes historiques du début du 20e siècle (Bauhaus, Futurisme, Suprématisme, De Stilj, Dada…). Ils pratiquent une « peinture à vivre » savante et burlesque à la fois. L’exposition « Modern Lovers » au MAC VAL propose une immense « machine à habiter », réunissant œuvres personnelles et communes dans une scénographie originale entre écrin, maquette et décor abolissant la frontière entre l’art et la vie.

Mardi 8 novembre 2022, 18h
« Le décor dans l’art » (volet 3)

Aux EMA
Aujourd’hui encore, le décoratif soulève l’ambiguïté du statut des œuvres : entre « meubles meublants » (les meubles destinés à l’usage et à l’ornement des appartements, comme tapisseries, lits, sièges, glaces, pendules, tables, porcelaines et autres objets de cette nature) et œuvres d’art. Dès lors quelle place offrir aux décorations de Kandinsky aux meubles de Diego Giacometti, frère de Alberto ? Nous ferons aussi une incursion dans quelques maisons d’artistes contemporains tels que l’appartement de Donald Judd à New York, les A-Z Wagons de Andrea Zittel en Californie ou la maison de Pedro Reyes au Mexique.

Mardi 22 novembre 2022, 18h
« La maison, vaste projet artistique »

Aux EMA
Dans un vaste projet esthétique et artistique, l’écrivain Victor Hugo conçoit chaque détail de sa maison de Guernesey, Hauteville House acquise en 1856. Le peintre Gustave Moreau qui a souffert du milieu littéraire auquel il voulait appartenir investit la demeure familiale pour y créer son musée-atelier, première galerie monographique permanente et maison d’artiste en France comparable à l’initiative de Sir John Soane à Londres. Ces projets notables ont permis au plasticien Marc Camille Chaimowicz de repenser l’activité artistique dans un lien étroit avec son espace à vivre. En 2014, Lucy McKenzie est devenue propriétaire de De Ooievaar (Villa Stork), édifice moderniste construit à Ostende en 1935 par l’architecte belge Jozef De Bruycker. L’artiste y a engagé un projet de restauration ambitieux, soutenu par l’intention d’en faire un lieu d’expérimentations qui lui permette d’unir ses diverses pratiques : arts décoratifs et appliqués, projets collaboratifs et appropriation. La Villa est réhabilitée dans le respect des matériaux et du design d’origine, auxquels sont intégrées de subtiles modifications qui peu à peu transforment ce lieu en une maison « appropriée par une artiste ».

Samedi 10 décembre 2022, 14h30
« Courts sur l’art »

Au MAC VAL
Une programmation proposée par Tous les Docs, structure de diffusion de films sur l’art

—  Du fil à la trame de Julien Devaux
85 minutes, France-Mexique, 2022

Paris, manufacture des Gobelins. Le réalisateur a carte blanche pour filmer l’antre d’un savoir-faire traditionnel, la tapisserie en haute lice. Dans ce laboratoire de création s’invente un dialogue prolixe entre le tissage et l’art contemporain. Mexico, l’atelier Los Gobelinos. Loin du prestige du Mobilier National, l’atelier mexicain révèle aussi cette dynamique permanente entre l’art et l’artisanat, la rigueur de la gestuelle toujours questionnée par l’enjeu créatif de l’œuvre à venir. D’une culture à l’autre, le clivage art et décor ou art et artisanat, s’évapore à mesure que nous cheminons sur cette frontière invisible.

En présence du réalisateur

Mardi 10 janvier 2023, 18h
« L’œuvre et son mur »

Aux EMA
Avec son « arrangement en gris », Whistler affirme d’emblée la dimension décorative de sa peinture à l’encadrement particulièrement choisi. L’acte de peindre s’étend peu à peu au-delà de la surface picturale comme dans le petit tableau de Kandinksy Jüngster Tag (Le Jugement dernier), 1912 où cadre et tableau se confondent. Avec les premiers wall paintings de Sol LeWitt (1928-2007) en 1968, les dessins muraux sont produits sur site, dans un contexte donné, suivant à la lettre les plans et les indications précises de construction laissées par l’artiste aux techniciens chargés de la réalisation de l’œuvre. Sol LeWitt distinguait très clairement la conception de la fabrication. Une fois l’exposition achevée, le dessin est effacé. Et son protocole écrit remisé au tiroir dans l’attente d’une prochaine activation. La possibilité de pouvoir rejouer une œuvre plusieurs fois dans différents lieux a été explorée par des artistes photographes comme Geert Goiris ou encore Constance Nouvel. Parfois la photographie fait tellement corps avec l’espace qu’elle crée un effet saisissant. Citons l’autoportrait convexe de Charles Ray, Yes fait sous LSD en 1990.

Samedi 21 janvier 2023, 14h30
Visite d’ateliers d’artistes – POUSH Manifesto à Aubervilliers

Rendez-vous sur place

POUSH est un lieu innovant dédié à la création contemporaine. Ouvert en mars 2020, POUSH a progressivement accueilli plus de 220 artistes sur 9 étages d’une ancienne tour de bureaux vacants Porte Pouchet à Clichy. Depuis avril 2022, POUSH poursuit son aventure à Aubervilliers, avec l’ambition d’y développer un quartier créatif et culturel. Dans les bâtiments années 20 de l’ancienne parfumerie L.T Piver appartenant à la Société de la tour Eiffel, POUSH rassemble, sur ce campus industriel de 20 000m², une sélection de 160 artistes confirmés ou émergents, multipliant entre eux collaborations envies et projets. Les artistes bénéficient d’ateliers de travail ainsi que d’un programme d’accompagnement artistique, de production et d’un soutien administratif et de communication.

Session 2 - Du 14/02/23 au 17/06/23

Session 2 – Les mondes de l’art

Les œuvres à produire sont contingentées par un ensemble de contraintes techniques, matérielles ou textuelles dans la mesure où certaines doivent répondre à un « programme » iconographique précis. Qu’il soit littéraire, biblique ou mythologique, le texte préexiste à l’œuvre. Avec pour références la « Légende Dorée » de Jacques de Voragine (15e siècle), ou l’Iconographie de Cesare Ripa, les artistes relatent l’histoire des saints et les épisodes mythologiques avec force détails iconographiques. En s’appuyant sur l’ouvrage de Michael Baxandall « l’œil du Quattrocento », il s’agira de donner toute l’épaisseur contextuelle du travail des artistes primitifs italiens et d’étudier le sens des gestes dépeints.

Mardi 14 février 2023, 18h
« D’artisan à artiste »

Aux EMA
La reconnaissance de la spécificité d’un Art en tant que tel n’aurait pu voir le jour sans l’affirmation du statut d’artiste. Jusqu’au début du 16e siècle, les créateurs n’étaient considérés que comme d’humbles artisans. Les artistes revendiqueront leur appartenance aux arts dits « nobles » en prononçant leurs premiers discours, donnant naissance à la théorie des arts. Dans les années 80, Howard Becker avec « les Mondes de l’art » fait fi de l’artiste solitaire en révélant la coopération de tous ceux qui, à des titres divers, artisans, fabricants d’émaux participent à l’existence de l’œuvre. Johan Creten revendique à son tour cette longue chaine pour la production des grandes sculptures en céramique de l’exposition « Bestiarium ».

Mardi 7 mars 2023, 18h
« L’atelier de l’artiste d’hier et d’aujourd’hui »

Aux EMA
Dans une tribune du Monde signé de Stéphane Corréard en mai 2022 à propos du différend qui oppose l’ancien prix de Rome Daniel Druet et l’artiste star Maurizio Cattelan, les modes de production actuels sont mis en perspective avec les ateliers d’antan, comme celui de Rubens ou de Rembrandt. À la différence notable, que certaines œuvres, plus onéreuses, sortaient de l’atelier en étant réalisées de la main de l’artiste, et non toutes de ses assistants. Aujourd’hui, Damien Hirst fait valoir le fait exceptionnel d’avoir peint lui-même ses cerisiers en fleurs exposés en 2021 à la Fondation Cartier.

Mardi 21 mars 2023, 18h
« Quand les artistes sous-traitent »

Aux EMA
Les nouvelles formes d’art redéfinissent le rôle de l’artiste dans la fabrication de son œuvre. Certains artistes-entrepreneurs s’affranchissent des limites de leurs connaissances en réalisant des œuvres qui font appel à des savoirs ou des compétences externes. Il s’agit ici de découvrir les coulisses de la création mais aussi de la production, de la communication, de la stratégie qui entourent l’œuvre d’art. Sous l’influence de Warhol, Keith Haring ouvrira ses artshops et fera ses premières éditions de gadgets dans un souci de démocratisation. Les années 90 voient émerger des artistes (Wim Delvoye, Damien Hirst, Jeff Koons…) qui ont parfaitement anticipé le devenir marchandise de l’œuvre d’art. Le rôle de l’artiste s’apparente à celui d’entrepreneur et de spéculateur de son propre travail, capable parfois de fabriquer avec l’aide de son galeriste une cote considérable.

Samedi 1er avril, 14h30
« Courts sur l’art » Au MAC VAL
Une programmation proposée par Tous les Docs, structure de diffusion de films sur l’art.

Samedi 1er avril 2023 - 14h30
Détail – Roman Opalka et Eugène Leroy 1995
Christophe Loizillon

Durant les années 80 et 90, le réalisateur Christophe Loizillon a réalisé des films sur l’art qui comptent parmi les plus remarquables de cette période. Alors que la télévision accompagne activement les projets de films sur l’art, le réalisateur bénéficie de soutiens conséquents pour créer librement ses courts métrages, portraits d’artistes (Roman Opalka, Felice Varini, Eugène Leroy, François Morellet) où le travail en atelier et la vie de l’artiste s’imbriquent l’un l’autre grâce à un filmage à la fois intimiste et rigoureux.

Détail – Roman Opalka
25 minutes, France, 1986
Obsédé par l’idée de visualiser le temps, le peintre Roman Opalka (1931-2011) prit un jour une décision : il allait durant toute sa vie décompter le temps qui passe.

Eugène Leroy 1995
27 minutes, France, 1995
Une approche intimiste et mystérieuse du lieu où vit Eugène Leroy, Petit Wasquehal, dans la région de Lille, donne par petites touches l’atmosphère de son travail.

Mardi 18 avril 2023, 18h « Quand les artistes façonnent »
Aux EMA
En choisissant de réaliser manuellement et personnellement la production de leurs œuvres, certains artistes (Dewar et Gicquel) voient dans les contraintes techniques une forme d’atouts créatifs. Ici, la main de l’artiste (Georg Baselitz, Sheila Hicks) reprend ses droits. Le regain actuel pour des pratiques artisanales semble réaffirmer l’importance du faire dans une société frappée par la dématérialisation.

Mardi 9 mai 2023, 18h
« Le financement des projets »

Aux EMA
Dès le début des années 80, s’amorce les premières rencontres entre le monde artistique et celui de l’entreprise. Pour réaliser ses premiers projets, Fabrice Hyber n’hésite pas à créer des partenariats avec des entreprises pour obtenir la quantité de produits industriels nécessaire à la fabrication de ses œuvres. Pour Un Mètre carré de rouge à lèvres (1981), il a besoin d’une grande quantité de rouge à lèvres qui nécessite un partenariat avec l’entreprise Liliane France. L’autofinancement peut aussi être perçu comme une liberté de créer. En témoigne la vente des maquettes et dessins préparatoires des installations éphémères de Christo et Jeanne-Claude pour les empaquetages du Pont-Neuf (1985) ou de l’Arc de Triomphe (2021).

Mardi 23 mai 2023, 18h
« D’autres modes de production »

Aux EMA
L’activité artistique s’entend au-delà de la sphère de l’atelier. Collecte pour les uns à même la rue (David Hammons, Antonio Contador), il s’agit de glaner de la matière, des formes du rebut. C’est en parcourant les rues de Mexico avec des semelles métalliques que l’artiste belge Francis Alÿs affirme son statut d’artiste « nomade ». Et comme l’entend Catherine Strasser dans son ouvrage Du travail de l’art, il est un temps où « l’activité artistique se superpose à la vie » (Roman Opalka).

Samedi 3 juin 2023, 14h30
« C’est quoi produire une exposition ? »

Rencontre avec l’équipe du MAC VAL autour de l’exposition « Des histoires vraies »

Samedi 17 juin 2023, 14h30
Exposition en cours à la Galerie Jean-Collet

Calendrier/Inscriptions

Renseignements
Gratuit
Inscription recommandée pour la session entière :
reservation@macval.fr ou 01 43 91 64 23
Pensez à bien vérifier le lieu de chaque cours

—  Écoles municipales artistiques (EMA)
71 rue Camille Groult
94400 Vitry-sur-Seine
01 55 53 14 90
ema.accueil@mairie-vitry94.fr

—  Galerie municipale Jean-Collet
59 avenue Guy Môquet
94400 Vitry-sur-Seine
01 43 91 15 33
galerie.municipale@mairie-vitry94.fr

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