Love Drug (PEA)

Titulaire d’un doctorat en biologie obtenu au début des années 1990, Carsten Höller s’intéresse à la communication olfactive des insectes et à l’écologie de l’évolution, avant de choisir d’être artiste, sans jamais refermer la porte du laboratoire. Largement influencé dans ses travaux par les théories du biologiste britannique Richard Dawkins, pour qui tout organisme vivant est programmé par ses gènes, Carsten Höller est révélé au public dans les années 1990 par ses « pièges » pour enfants : on y voit l’artiste distribuer des bonbons empoisonnés (Jenny Happy), réaliser une balançoire au bord du vide (Dur dur d’être un bébé) ou disposer des sucreries près d’un câble électrique branché (220 volts)… En 1999, c’est la création d’œuvres « moins narratives », suite à la réalisation de son « laboratoire du doute » et des machines à confusion. Carsten Höller ne cesse de tester les comportements et les réactions des spectateurs.

C’est dans ce contexte de négociation permanente avec l’autre et de déterminisme chimique qu’il réalise d’abord la PEA Love Room (1993), pièce destinée aux plaisirs amoureux sous l’influence de la phényléthylamine (PEA), les corps des protagonistes étant en suspension, harnachés à des baudriers. Plus tard, sa variante, la Love Drug (PEA) prend la forme d’une fiole pleine de la substance en question. De quoi mettre en doute les termes du romantisme. La phényléthylamine, autrement connue sous le nom de « drogue de l’amour », est une des substances produites par le cerveau des personnes amoureuses. Lorsqu’elle est inhalée, une douce sensation accroît notre sympathie envers autrui, un tremplin idéal pour expérimenter d’autres relations au monde. L’altération des sens comme prescription pour la découverte de l’alter ego.

J.B.

Carsten Höller

Fiole, phényléthylamine (PEA),
12,5 x 5 x 5 cm (fiole), 30 x 30 x 10 cm (tablette).
Prêt de l’artiste. Avec l’aimable autorisation des galeries Esther Schipper, Berlin, et Air de Paris, Paris. DR.