exposition collective
22 octobre 2010 - 16 janvier 2011
  008/015  

There Will Be No Miracles Here,

À travers ses installations, Nathan Coley questionne la charge sociale
et politique de l’architecture et de l’espace public, leurs influences sur
les comportements et modes de pensée. Il réalise ainsi différents modèles réduits tels que le magasin Marks & Spencer de Manchester, soufflé par une bombe de l’IRA et finalement détruit, ou les deux cent quatre-vingt-six églises d’Édimbourg, représentation de la place, physique et spirituelle, du pouvoir religieux dans nos sociétés contemporaines. Pour le Turner Prize en 2007, il avait « homogénéisé » des maquettes d’architecture de mosquée, de synagogue et d’église en les peignant avec des bandes. Il a également travaillé sur l’attentat de Lockerbie et réalisé une réplique de la cabine ayant servi aux accusés lors du procès : pour l’artiste, elle est un espace contrôlé, symbole de la vérité, dans lequel on jure allégeance à une religion et à la loi.
« Je m’occupe des relations entre la sphère publique et la sphère privée, l’État et l’Église, la morale personnelle et politique car je ne suis pas prêt à laisser ces discussions et décisions au gouvernement ou à l’Église. Je ne pense pas qu’ils soient les mieux placés pour s’en occuper. Le rôle de la culture est de s’occuper de ce genre de questions. »

Dans le même ordre d’idées, Nathan Coley construit des enseignes lumineuses qui affichent des slogans à charge de semer un doute chez le passant (« We must cultivate our garden », « Gathering of Strangers », « Heaven is a place where nothing ever happens »…). « There will be no miracles here » renvoie à une anecdote du XVIIe siècle. À la suite d’une recrudescence des croyances mystiques et des miracles survenus dans un village français de Haute-Savoie, le roi décide d’installer un panneau indiquant : « Il n’y aura pas de miracles ici, par ordre du Roi. » Cette phrase pointe les accointances entre le pouvoir et la religion, le roi assurant l’existence de Dieu en même temps qu’il exprime sa supériorité. « C’est une grande sculpture qui parle de l’invisibilité des choses », conclut Nathan Coley.

J.B.

 

Nathan Coley

2006
Échafaudage et texte
lumineux, 6,3 x 6,3 x 4 m.
Vue d’installation au MAC/VAL, Vitry-sur-Seine, France.
Courtesy MAC/VAL.