exposition collective
22 octobre 2010 - 16 janvier 2011
  014/015  

Ghost Float

De l’arche de Noé aux défilés de chars fleuris, des concours de
beauté aux parcs d’attractions en ruine, l’oeuvre d’Amy O’Neill est
une sorte de voyage à travers l’imaginaire des banlieues et des campagnes américaines. Autant d’occasions pour l’artiste d’aborder les excentricités de sa culture d’origine, d’explorer les objets du folklore américain. « Plus que la culture populaire, ce qui m’intéresse avant tout, c’est de comprendre les endroits où j’ai grandi. »

Issue de la série « Parade Float Graveyard », « Ghost Float » est une sculpture imposante qui revisite les chars des cortèges spectaculaires de La Nouvelle- Orléans. Généralement associés aux grandes commémorations, les véhicules d’Amy O’Neill sont présentés comme des reliques d’une civilisation ancienne. Fantomatiques, ils semblent être les vestiges d’une parade sans fête, les débris égarés d’une culture aujourd’hui disparue.

De ce défilé pompeux et grotesque, Amy O’Neill dresse une sorte d’éloge mortifère, offrant un témoignage délétère des cérémonies américaines auxquelles elle reste profondément attachée. Contrairement aux artistes pop qui travaillaient à partir des emblèmes et des icônes de la société de consommation, Amy O’Neill porte son attention principalement sur les anciennes traditions populaires et la nostalgie des formes artisanales d’autrefois.

Si « Ghost Float » possède les principaux attributs des immenses chars de défilés célèbres, l’artiste en révèle l’incongruité et l’artificialité. Le vaisseau fantôme d’Amy O’Neill, en toc, tient définitivement du kitsch, du pastiche, du décor. En rupture avec les sociétés de loisirs industrialisés, l’engin prend presque valeur de mythe, un mythe qui apparaîtrait sous la forme d’un spectre, hommage aux formes nord-américaines de production culturelle « home made » en voie de disparition.

R.R.T.

 

Amy O’Neill

2004
Pétales en plastique, structure
en bois, 300 x 500 x 300 cm.
Collection Le Consortium, Dijon.
Photo © André Morin.