Exposition collective
Du 7 mai au 19 septembre 2010
  009/015  

Requiem

k r buxey s’attache à réenvisager les questions du féminisme, qu’elles soient
politiques, économiques, philosophiques ou sociales, et plus précisément
s’agissant de la domination masculine et de la société patriarcale afférente,
de la représentation (réification ?) de la femme à travers les médias. Elle
aborde la violence latente des situations inhérentes à la pornographie,
pointant la complexité du système de fabrication des images et du fantasme
(Such A Feeling’s Coming Over Me, 2001 ; Buck, 2000 ; Mind Your
Head
, 2000). Elle décline aussi la question des stéréotypes sexuels racistes
(Negrophilia–A ROMANCE, 2001). En 1999, elle réalise Legion, vidéo
dévoilant l’extase de fans aux concerts de Tom Jones. Troublants rapports
symptomatiques entre le désir et la représentation.

La vidéo Requiem dévoile le visage de l’artiste réagir au cunnilingus de son ami, hors cadre, au son du célèbre morceau éponyme de Gabriel Fauré,
échappant en tout point à la pornographie. Une forme d’hommage et de
contrepoint féminin au film Blow Job (1964) d’Andy Warhol. Le ralenti,
également utilisé, nous emmène dans une suite de poses qui renvoient à
l’histoire de l’art des représentations féminines, et particulièrement au
visage extatique de la Sainte Thérèse de Bernin, dont Jacques Lacan dit
d’ailleurs lors d’un de ses séminaires qu’on « [ comprend ] tout de suite
qu’elle jouit ». Fauré, quant à lui, s’exprima en ces termes : « C’est ainsi que
je sens la mort : comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur
d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux… Mon Requiem a été
composé pour rien… pour le plaisir si j’ose dire… »

Reposant sur une nouvelle synchronie parallèle, l’image et le son de ces
deux Requiem s’achèvent sur un ultime mouvement in paradisum.

J.B.

 

k r buxey

2002
Vidéo couleur transférée sur support
numérique, sonore/Colour video transferred
onto DVD, sound, 39’.
Prêt de l’artiste. Avec l’aimable autorisation de Heather et Tony
Podesta, Washington, D. C.