exposition collective
22 octobre 2010 - 16 janvier 2011
  003/015  

If Tomorrow Never Comes

Christodoulos Panayiotou s’intéresse aux rituels, fêtes et traditions
populaires et à leurs interférences avec l’imaginaire collectif et individuel afin d’en comprendre et d’en étudier les mécanismes socioculturels.
Les manifestations pyrotechniques ont une place prépondérante dans la cité napolitaine. « Botti » (pétards) et « fuochi » (feux d’artifice) font partie intégrante de la vie quotidienne des Napolitains. Synonymes de fête, de divertissement et de plaisir, ils sont tirés au cours de très nombreuses célébrations nationales mais servent également de moyen de communication aux membres
de la mafia locale. Selon des légendes populaires, ces feux d’artifice coïncideraient avec la libération de détenus appartenant à la Camorra.
« If Tomorrow Never Comes » est une compilation d’images de feux d’artifice napolitains des débuts du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui. En noir et blanc, les photographies utilisées pour l’installation ont été collectées dans les archives de la ville et proviennent des deux principaux quotidiens napolitains. Il est impossible de dater les photographies avec précision. Elles témoignent de l’immuabilité d’un phénomène qui, au cours des dernières décennies, a fini par s’intégrer au patrimoine vernaculaire de Naples.
Christodoulos Panayiotou opère une fusion, un syncrétisme entre les différentes prises de vue, conférant à la projection une structure temporelle complètement autonome. Les faisceaux lumineux illuminent brièvement, par instants, l’espace d’exposition. Ils s’étendent comme des rayons déflagrant au-dessus du golfe de Naples. L’artiste transforme ici la mécanique froide d’un diaporama en véritable expérience sensorielle. En réorchestrant ainsi un feu d’artifice, il met à jour l’engouement et la ferveur populaire que suscite, en chacun de nous, l’art d’utiliser le feu.
R.R.T.

 

Christodoulos Panayiotou

2006
27 diapositives noir et blanc, réalisées avec la collaboration d’Archivio Parisio et Archivio Carbonne,
© l’artiste et galerie Rodeo Istanbul