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When Faith Moves Mountains

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When Faith Moves Mountains

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Téléchargé par Mac/Val

De Francis Alÿs video, 15min.

Invité à la troisième Biennale de Lima de 2002, Francis Alÿs réalise un projet de grande ampleur qui prend pour titre When Faith Moves Mountains, reprenant la sainte maxime « Quand la foi déplace les montagnes », au pied de la lettre. Le 11 avril 2002, Francis Alÿs parvient à réunir environ 500 volontaires armés de pelles sur la cime d’une dune de Ventanilla, au nord de Lima, une cité bâtie sur un désert qui abrite les quartiers les plus pauvres de la capitale et où de nombreuses habitations illégales ont fleuris. Sans eau ni électricité, cette zone est essentiellement peuplée par des immigrants économiques et des réfugiés politiques qui ont échappé à la guerre civile pendant les années 80 et 90. L’objectif de cette nouvelle communauté, alignée, temporaire, autonome, recrutée principalement chez des universitaires de Lima , est de déplacer une dune de dix centimètres, sur une ligne de 500m. Lentement, toute la journée, ils avancent ensemble, déplaçant un petit monticule de sable devant leurs pieds. La symbolique de l’action collective engage une réévaluation de la notion subjective et politique de la carte et du territoire. Topos versus Utopie en quelque sorte. C’est aussi pour l’artiste une façon de « déromantiser » le Land Art, confrontant son intervention à celle de la marche (rectiligne) de Richard Long dans le désert péruvien en 1972, et qui mettait à distance le contexte social de l’époque. Francis Alÿs explique « we have attempted to create a kind of Land art for the land-less » . Ce que l’artiste accompli également, c’est la fabrication d’une fable contemporain. En impliquant un collectif pour réaliser quelque chose qui se transmettra désormais à l’oral, il renoue avec une tradition millénaire. Enfin, Alÿs prouve qu’il questionne avec autant de pertinence, et dans une même logique, la ville, la polis et les lieux mis au ban de la cité. L’artiste confie que l’idée originelle lui est venue du critique d’art, commissaire d’exposition et ami, Cuauhtemoc Medina, lorsqu’en octobre 2000, ils visitent pour la première fois Lima, quelques jours avant la destitution du dictateur Fujimori. Le critique, évoquant la situation politique, raconte : « La foi est le moyen par lequel on se résigne au présent pour investir dans la promesse abstraite de l’avenir ». Comme deux lacets se nouent à une chaussure avant de prendre la route, la vidéo de Francis Alÿs s’achève sur les propos d’un des étudiants : « Boire l’Atlantique, faire fondre l’Arctique ou peindre le ciel… ». JB

Thèmes : Collaboratif
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