MACVAL

Le MACVAL est ouvert tous les jours de la semaine sauf le lundi:
du mardi au vendredi de 10 h à 18 h
le week-end et jours fériés de 12 h à 19 h.

Fermeture les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

tél. : 01 43 91 64 20
fax : 01 79 86 16 57

Comment venir au musée ?

Place de la Libération
94400 Vitry-sur-Seine

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Résidence de recherche

Dans le cadre de son programme de résidences, le MAC VAL accueille, de septembre à novembre 2017, Karima Boudou pour la seconde résidence de recherche autour des fonds du centre de documentation du musée.
Le projet de Karima Boudou, The Vitry Head Shop and Museum, consiste en un forum dans l’auditorium du MAC VAL, une intervention du collectif « Black(s) to the future » dans l’espace public à Arcueil et une publication à paraître courant 2018.
Restitution au MAC VAL, samedi 18 novembre de 14h30 à 17h30 et dimanche 19 novembre à partir de 12h.

Présentation

The Vitry Head Shop and Museum fait allusion à The New York Head Shop and Museum (1), un recueil de poèmes d’Audre Lorde (1934-1992), femme de lettres et poétesse américaine noire, militante féministe, lesbienne et engagée contre le racisme. Les headshops sont des magasins spécialisés dans la vente d’accessoires pour la consommation de cannabis et de tabac. Dès les années 1980, on y trouve des vêtements issus du heavy metal et du punk underground, des revues sur la culture du cannabis, les tatouages et la musique. Ils sont particulièrement populaires aux Pays-Bas et aux États-Unis. Aux États-Unis, ils font leur apparition dans les années 1960 dans des villes à forte concentration juvénile, et notamment à New York qu’ Audre Lorde dépeint dans The New York Head Shop and Museum. Dans les contextes urbains nord-américains, ces lieux ont entretenu des liens étroits avec les mouvements contre la guerre du Vietnam et ont été des bases de soutien de la contre-culture des années 1960. Aujourd’hui, nous lisons la prose de Lorde comme le timbre de son époque. La militante exprime un regard poétique et politique porté sur la pauvreté et la décadence de la ville américaine, empreint d’un sens fort de l’énergie qui peut être générée par la poésie comme source de pouvoir.
Elle inscrit en filigrane de sa prose une critique sur les substances dangereuses issues de la culture moderne. Les headshops renvoient au contexte urbain américain, à la complexité et la volatilité des codes et du langage de la rue exprimés au travers de la vision politique et sociale de Lorde. Elle capture ainsi une image de New York au travers des filtres du mouvement des droits civiques et de sa propre enfance marquée par la pauvreté et selon ses propres mots, par la nécessité d’une action politique.

Vitry-sur-Seine est une ville dont la diversité culturelle de la population dans un contexte urbain et cosmopolite côtoie le musée d’art contemporain du Val-de-Marne depuis le milieu des années 2000. Le “premier musée d’art contemporain en banlieue de Paris”, ainsi que d’autres musées - de Lima en Amérique du Sud à Belgrade en Europe de l’Est - sont à notre époque dans une période de chantiers intellectuels et structurels. Ces chantiers portent tant sur l’institution que sur une réflexion portée sur leurs contextes respectifs d’implantation qui sont rattachés à une histoire sociale, culturelle, économique et politique. Les fluctuations des frontières, les révolutions et les mouvements successifs de décolonisation ont amplifié des antagonismes entre diversité culturelle et réévaluation des structures d’identités nationales uniformes. Face à ces idéologies servant de défense d’une supposée “intégrité” et “authenticité culturelle”, nombre de musées cherchent à réfléchir sur ces questionnements en se postulant comme zone de contact

Aujourd’hui, la voix d’Audre Lorde n’apparaît pas comme un simple sifflement ou un bruit de fond dans les couloirs et les salles d’un musée. Elle, qui écrivit volontairement “amérique” avec un “a” minuscule et “Noir” avec un “N” majuscule, nous rappelle la difficulté et le devoir de penser historiquement le monde des images, en posant des mots sur les idéologies sociales, parfois inconscientes, qui nous constituent en tant qu’individus et citoyens dans la société.

Sur le modèle de la question d’Audre Lorde : Que voit-on dans un musée qu’on ne voit pas dans un headshop, et inversement ? À qui parle-t-on et d’où prend-on la parole ?

(1) : Audre Lorde, The New York Head Shop and Museum, Broadside Press, 1974 (première édition).

Programme des 18 et 19 novembre

La langue du forum est l’anglais, avec la présence d’un interprète.

Samedi 18 novembre 2017, 14h30 – 17h30
Auditorium du MAC VAL, entrée libre

Ce forum propose de déplier les enjeux de ces questions avec un groupe international de conservateurs, historiens de l’art et activistes engagés dans un travail de relecture d’archives et de réévaluation des notions muséologiques de chronologie, contexte et catégorie par un repositionnement de catégories culturelles telles que le genre, la « race » et la classe sociale.

- 14:30 - 14:50 : Introduction par Alexia Fabre, Conservatrice en chef et directrice du MAC VAL et Karima Boudou.
- 14:50 - 15:30 : Présentation de Camille Parker, The Black Archives, New Urban Collective, Amsterdam.
- 15:30 - 16:10 : Présentation de Maja Ciric, historienne de l’art et commissaire d’exposition, Belgrade.
- 16:10 - 16:50 : Présentation de recherche Karima Boudou, historienne de l’art et commissaire d’exposition, Rotterdam.
- 16:50 - 17:30 : Présentation de Biung Ismahasan, commissaire indépendant en Taiwanese Indigenous Contemporary Art, doctorant en études curatoriales - Centre for Curatorial Studies, University of Essex, Colchester.
- 17:30 - 18:00 : Questions et débat avec le public, modéré par Valérie Labayle, responsable des commandes et des résidences au MAC VAL.
À partir de 18:00 : Verre au restaurant du musée.

Dimanche 19 novembre 2017, à partir de 11h
Gratuit
De 12h à 14h30 au MAC VAL

ATELIERS/BRUNCH : “La confiance en soi s’télécharge pas sur le Net”.
C’est la fin d’une ph(r)ase d’un morceau de Virùs : Poète, Orateur et Rappeur de la langue française. Suivant son idée, nous souhaitons apprendre, ensemble et physiquement, à déployer nos savoirs-faire (en) collectif(s). Alors rejoins-nous et viens t’entraîner / réfléchir avec nous à la trans.mission !

Sans inscription, dans la limite des places disponibles.

Programmation des ateliers :

● Préparation des corps | EMANCI.PASSION(S) : défense ou danse ? Poing levé, bras croisés, marche au pas... autant de gestes qui évoquent, au-delà du corps indivi- dué(l), la prise de position collective d’une communauté en mouvement. Créons les notres !

● Réalisation de pancartes | NOS MOTS/MAUX : d’ordre, de #, de TAG. À partir d’une sélection de textes, phrases, mots ou signes : comment rallier des « slogans », des « appels », des « invitations » qui touchent par-delà nos luttes, temporalités et (in-)différences ?

● Fresque participative | LIBÉRER L’INTUITION...CRÉER L’UNIQUE. « Petits et grands sont invités à participer, d’abord de manière totalement intuitive en venant jouer avec des formes et des mouvements. Petit à petit des formes se dégagent. La fin m’est réservée et je cerne les formes à l’encre de chine. » Fasto

● BRUNCH : ouvert à tou.te.s les participant.e.s à partir de 13 heures.


Pour des raisons techniques, nous sommes dans l’obligation d’annuler le rassemblement et la marche à Arcueil, nous vous accueillons au MAC VAL pour participer au workshop à partir de midi.
Le programme qui se déroulait à Arcueil n’est donc plus d’actualité.


Dès 16 heures à Arcueil

RASSEMBLEMENT : “MANIFESTE(R)”

Au départ de la gare du RER B Laplace,
Les corps et les décors prêts,
C’est en état d’urgence que nous manifesterons notre espace de liberté,
Tout.e.s Vigilant.e.s.

Nous boulever.serrons l’ordre public.
Nous ré-investirons la manifestation et ferons du défilé
SOIT une narration déambulatoire,
SOIT un film sans écran,
SWAT un ré-enactment
SOIT une célébration.

Pour se re.trouver au travers de nos espaces-temps, Ensemble.s ?

Parcours de la marche :
● 16:00 : Appel d’un griot via le mégaphone d’un camion sur le parvis de la gare RER B Laplace Arcueil (21 Avenue Laplace, 94110 Arcueil) : “Rassemblement-Lecture”.
● 16:30 : Départ du rassemblement.
● 16:45 : Mairie d’Arcueil (10 Avenue Paul Doumer, 94110 Arcueil) : Discours-Performance.
● 17:00 : Cimetière d’Arcueil (Pont de la gare - 15 Avenue Paul Vaillant Couturier, 94110 Arcueil) : Chant collectif-Minute de Silence.
● 17:15 : Skatepark d’Arcueil (61 Avenue François Vincent Raspail - 94110 Arcueil) : Concert.
● 17:45 : Fin du rassemblement.

En collaboration avec le MAC VAL, sur une invitation de Karima Boudou, commissaire d’exposition en résidence de recherche au MAC VAL, les 18 et 19 novembre 2017 avec la restitution « The Vitry Head Shop and Museum ». | Black(s) to the Future est un collectif nourri d’afrofuturisme pour des espaces de partage et d’expérimentation collective.

| www.blackstothefuture.com | www.facebook.com/blackstothefutureonline

Les participants

Biung Ismahasan est un commissaire indépendant et artiste appartenant à la tribu Bunun (Nation de taïwanais indigènes). Il a obtenu un Master en Cultural Policy, Relations and Diplomacy à l’Institute for Creative and Cultural Entrepreneurship de Goldsmiths, Université de Londres en 2014. Il est actuellement Doctorant en Commissariat d’exposition au Centre for Curatorial Studies de l’Université d’Essex, eastern England. Il est également membre actif de IKT International Association of Curators of Contemporary Art (www.iktsite.org). Il est fortement engagé dans la diffusion de la culture visuelle et l’art contemporain indigènes taïwanais au travers de pratiques curatoriales contemporaines. Ses intérêts de recherche portent sur la pratique curatoriale indigène et l’esthétique avec une attention particulière portée sur l’histoire de l’art contemporain indigène : les discours contemporains sur la production, la distribution et la réception des expositions ; les problématiques de participation et de performativité ; ainsi que l’historiographie des pratiques curatoriales et la conception d’expositions.


JPEG - 45.7 ko

Camille Parker est membre de The Black Archives. Aux côtés de Jessica de Abreu, Mitchell Esajas, Miguel Heilbron et Thiemo Heilbron, ils font vivre dans le contexte néerlandais cette archive historique ; travaillée comme outil de conversations, d’activités, et de littérature sur des perspectives noires et autres qui sont souvent peu visibles. The Black Archives documente l’histoire des mouvements d’émancipation noirs et des individus aux Pays-Bas. L’archive est gérée par le New Urban Collective. Elle consiste en des collections rares de livres, des archives, des artefacts qui constituent l’héritage d’écrivains et scientifiques noirs néerlandais. Près de 3000 livres dans ces collections traitent des problématiques du racisme et de la race, de l’esclavage et de la colonisation, du genre et du féminisme, des sciences sociales et du développement, du Suriname, des Antilles néerlandaises, de l’Amérique du Sud, de l’Afrique entre autres. Ainsi, The Black Archives rend disponible des collections de livres et de la littérature peu ou pas discutés dans les écoles et les milieux universitaires ; en faisant ainsi un outil accessible pour la recherche.
Depuis 2016, The Black Archives est situé dans un nouveau lieu au Verenging Ons Suriname à Amsterdam.


JPEG - 36.8 ko

Maja Ćirić (PhD) est une commissaire et critique d’art interdépendante née à Belgrade, avec un bagage interdisciplinaire. Sa pratique curatoriale se décline par l’organisation d’expositions, l’écriture et la tenue de conférences. Elle a été commissaire (2007) et commanditaire (2013) du Pavillon Serbe à l’exposition internationale de La Biennale di Venezia et commissaire de Mediterranea 18 Young Artists Biennale, Tirana, Albanie (2017). Son expertise repose sur la recherche de géopolitiques et de pratiques curatoriales au travers des prismes de la critique institutionnelle. Sa pratique contre les structures géopolitiques dominantes et leurs impacts sur le monde de l’art, pensé en termes de criticalité et post-globalisation. Au-delà de contributions régulières dans le champ curatorial (e.g. The Unspoken Abuse, in Hospitality, Cultures of the Curatorial, 2016), elle écrit aussi sur les implications culturelles des pratiques artistiques (e.g. The Aryan Zebra, Hesselholdt & Mejlavang, Revolver Publishing, 2016). Elle donne des conférences sur les pratiques curatoriales et les études curatoriales (China Academy of Fine Arts, Hangzhou, China ; Kibbutzim College, Tel Aviv, Israël ; La Salle College of the Arts, Singapour etc.). Elle a bénéficié du Lazar Trifunović Award for Art Criticism (Belgrade), du CEC ArtsLink Independent Projects Award (New York), du ISCP Curator Award (New York) et celui du ICI (Independent Curators International) ; ainsi que du Dedalus Foundation Curatorial Research Award (New York). Elle a participé à de nombreux projets qui ont nécessité des connaissances sur les acteurs du monde de l’art, les contextes et conditions, nécessitant un réseau dense et considérable.


JPEG - 44.3 ko

Karima Boudou est historienne de l’art et commissaire d’exposition. Elle est aussi membre active de IKT International Association of Curators of Contemporary Art (www.iktsite.org).
Elle a été Assistant Curator au Palais de Tokyo (2011-12) et Assistant Curator pour le projet "Working for Change : proposal for a Moroccan Pavilion at the 54th Venice Biennale” (2011).
Elle a par la suite participé au Curatorial Training Programme à de Appel en 2012/13 à Amsterdam. Lors des cinq dernières années, elle a mené des projets de recherche, des expositions et des publications en Europe et au Maroc. Boudou a donné des conférences sur des écrivains tels que Jean Genet et Mohamed Leftah, et des artistes tels que Danh Vo, Dave McKenzie et David Hammons. Ses écrits apparaissent dans des catalogues (Kunstmuseum aan Zee à Ostende, Le Cube à Rabat) et des magazines (Ibraaz, rekto:verso).
Fin 2017, elle bénéficie d’une bourse de recherche au Musée d’art contemporain du Val-de-Marne.


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Le Collectif Black(s) to the future est une plateforme transmedia / un collectif / une utopie afro-futuriste initiée par Mawena Yehouessi. C’est un espace de réflexion créative qui se déploie en ligne et physiquement. Le collectif s’ intéresse à des objets très différents : “théorie”, pratiques artistiques, logiciel, mode, édition, et tout autre champ qui pourra leur sembler, un jour, pertinent d’investir.
Le collectif est composé de jeunes, ou moins jeunes, artistes, chercheu.r/se, act.eur/rice.s culturel.le.s et/ou spécialistes en un domaine ; rassemblé.e.s pour échanger et travailler ensemble sur des formats, dispositifs et situations comme autant de pistes d’exploration et de métamorphoses du monde qui permettent de créer des espaces différents, de rencontre, de négociation et d’échanges. Pour le collectif, l’africanité traverse tout – époques, nationalités, intérêts. Black(s) to the future veut montrer que s’intéresser à ces questions n’est plus un simple devoir humaniste, mais un engagement durable, que l’on soit afro-descendant.e.s ou non.

Publication

The Vitry Head Shop and Museum donnera lieu à une publication numérique courant 2018.
Pensée comme le carnet de notes et de conversations d’une historienne de l’art, elle retracera la trajectoire de cette résidence de recherche au MAC VAL. On retrouvera notamment dans sa trame des fragments issus de l’archive de Raoul-Jean Moulin (1934-2014) ainsi que des entretiens inédits réalisés avec la photographe Sabine Weiss et l’artiste Ali Cherri.

Présentation

The Vitry Head Shop and Museum fait allusion à The New York Head Shop and Museum (1), un recueil de poèmes d’Audre Lorde (1934-1992), femme de lettres et poétesse américaine noire, militante féministe, lesbienne et engagée contre le racisme. Les headshops sont des magasins spécialisés dans la vente d’accessoires pour la consommation de cannabis et de tabac. Dès les années 1980, on y trouve des vêtements issus du heavy metal et du punk underground, des revues sur la culture du cannabis, les tatouages et la musique. Ils sont particulièrement populaires aux Pays-Bas et aux États-Unis. Aux États-Unis, ils font leur apparition dans les années 1960 dans des villes à forte concentration juvénile, et notamment à New York qu’ Audre Lorde dépeint dans The New York Head Shop and Museum. Dans les contextes urbains nord-américains, ces lieux ont entretenu des liens étroits avec les mouvements contre la guerre du Vietnam et ont été des bases de soutien de la contre-culture des années 1960. Aujourd’hui, nous lisons la prose de Lorde comme le timbre de son époque. La militante exprime un regard poétique et politique porté sur la pauvreté et la décadence de la ville américaine, empreint d’un sens fort de l’énergie qui peut être générée par la poésie comme source de pouvoir.
Elle inscrit en filigrane de sa prose une critique sur les substances dangereuses issues de la culture moderne. Les headshops renvoient au contexte urbain américain, à la complexité et la volatilité des codes et du langage de la rue exprimés au travers de la vision politique et sociale de Lorde. Elle capture ainsi une image de New York au travers des filtres du mouvement des droits civiques et de sa propre enfance marquée par la pauvreté et selon ses propres mots, par la nécessité d’une action politique.

Vitry-sur-Seine est une ville dont la diversité culturelle de la population dans un contexte urbain et cosmopolite côtoie le musée d’art contemporain du Val-de-Marne depuis le milieu des années 2000. Le “premier musée d’art contemporain en banlieue de Paris”, ainsi que d’autres musées - de Lima en Amérique du Sud à Belgrade en Europe de l’Est - sont à notre époque dans une période de chantiers intellectuels et structurels. Ces chantiers portent tant sur l’institution que sur une réflexion portée sur leurs contextes respectifs d’implantation qui sont rattachés à une histoire sociale, culturelle, économique et politique. Les fluctuations des frontières, les révolutions et les mouvements successifs de décolonisation ont amplifié des antagonismes entre diversité culturelle et réévaluation des structures d’identités nationales uniformes. Face à ces idéologies servant de défense d’une supposée “intégrité” et “authenticité culturelle”, nombre de musées cherchent à réfléchir sur ces questionnements en se postulant comme zone de contact

Aujourd’hui, la voix d’Audre Lorde n’apparaît pas comme un simple sifflement ou un bruit de fond dans les couloirs et les salles d’un musée. Elle, qui écrivit volontairement “amérique” avec un “a” minuscule et “Noir” avec un “N” majuscule, nous rappelle la difficulté et le devoir de penser historiquement le monde des images, en posant des mots sur les idéologies sociales, parfois inconscientes, qui nous constituent en tant qu’individus et citoyens dans la société.

Sur le modèle de la question d’Audre Lorde : Que voit-on dans un musée qu’on ne voit pas dans un headshop, et inversement ? À qui parle-t-on et d’où prend-on la parole ?

(1) : Audre Lorde, The New York Head Shop and Museum, Broadside Press, 1974 (première édition).

Programme des 18 et 19 novembre


La langue du forum est l’anglais, avec la présence d’un interprète.

Samedi 18 novembre 2017, 14h30 – 17h30
Auditorium du MAC VAL, entrée libre

Ce forum propose de déplier les enjeux de ces questions avec un groupe international de conservateurs, historiens de l’art et activistes engagés dans un travail de relecture d’archives et de réévaluation des notions muséologiques de chronologie, contexte et catégorie par un repositionnement de catégories culturelles telles que le genre, la « race » et la classe sociale.

- 14:30 - 14:50 : Introduction par Alexia Fabre, Conservatrice en chef et directrice du MAC VAL et Karima Boudou.
- 14:50 - 15:30 : Présentation de Camille Parker, The Black Archives, New Urban Collective, Amsterdam.
- 15:30 - 16:10 : Présentation de Maja Ciric, historienne de l’art et commissaire d’exposition, Belgrade.
- 16:10 - 16:50 : Présentation de recherche Karima Boudou, historienne de l’art et commissaire d’exposition, Rotterdam.
- 16:50 - 17:30 : Présentation de Biung Ismahasan, commissaire indépendant en Taiwanese Indigenous Contemporary Art, doctorant en études curatoriales - Centre for Curatorial Studies, University of Essex, Colchester.
- 17:30 - 18:00 : Questions et débat avec le public, modéré par Valérie Labayle, responsable des commandes et des résidences au MAC VAL.
À partir de 18:00 : Verre au restaurant du musée.

Dimanche 19 novembre 2017, à partir de 11h
Gratuit
De 12h à 14h30 au MAC VAL

ATELIERS/BRUNCH : “La confiance en soi s’télécharge pas sur le Net”.
C’est la fin d’une ph(r)ase d’un morceau de Virùs : Poète, Orateur et Rappeur de la langue française. Suivant son idée, nous souhaitons apprendre, ensemble et physiquement, à déployer nos savoirs-faire (en) collectif(s). Alors rejoins-nous et viens t’entraîner / réfléchir avec nous à la trans.mission !

Sans inscription, dans la limite des places disponibles.

Programmation des ateliers :

● Préparation des corps | EMANCI.PASSION(S) : défense ou danse ? Poing levé, bras croisés, marche au pas... autant de gestes qui évoquent, au-delà du corps indivi- dué(l), la prise de position collective d’une communauté en mouvement. Créons les notres !

● Réalisation de pancartes | NOS MOTS/MAUX : d’ordre, de #, de TAG. À partir d’une sélection de textes, phrases, mots ou signes : comment rallier des « slogans », des « appels », des « invitations » qui touchent par-delà nos luttes, temporalités et (in-)différences ?

● Fresque participative | LIBÉRER L’INTUITION...CRÉER L’UNIQUE. « Petits et grands sont invités à participer, d’abord de manière totalement intuitive en venant jouer avec des formes et des mouvements. Petit à petit des formes se dégagent. La fin m’est réservée et je cerne les formes à l’encre de chine. » Fasto

● BRUNCH : ouvert à tou.te.s les participant.e.s à partir de 13 heures.


Pour des raisons techniques, nous sommes dans l’obligation d’annuler le rassemblement et la marche à Arcueil, nous vous accueillons au MAC VAL pour participer au workshop à partir de midi.
Le programme qui se déroulait à Arcueil n’est donc plus d’actualité.


Dès 16 heures à Arcueil

RASSEMBLEMENT : “MANIFESTE(R)”

Au départ de la gare du RER B Laplace,
Les corps et les décors prêts,
C’est en état d’urgence que nous manifesterons notre espace de liberté,
Tout.e.s Vigilant.e.s.

Nous boulever.serrons l’ordre public.
Nous ré-investirons la manifestation et ferons du défilé
SOIT une narration déambulatoire,
SOIT un film sans écran,
SWAT un ré-enactment
SOIT une célébration.

Pour se re.trouver au travers de nos espaces-temps, Ensemble.s ?

Parcours de la marche :
● 16:00 : Appel d’un griot via le mégaphone d’un camion sur le parvis de la gare RER B Laplace Arcueil (21 Avenue Laplace, 94110 Arcueil) : “Rassemblement-Lecture”.
● 16:30 : Départ du rassemblement.
● 16:45 : Mairie d’Arcueil (10 Avenue Paul Doumer, 94110 Arcueil) : Discours-Performance.
● 17:00 : Cimetière d’Arcueil (Pont de la gare - 15 Avenue Paul Vaillant Couturier, 94110 Arcueil) : Chant collectif-Minute de Silence.
● 17:15 : Skatepark d’Arcueil (61 Avenue François Vincent Raspail - 94110 Arcueil) : Concert.
● 17:45 : Fin du rassemblement.

En collaboration avec le MAC VAL, sur une invitation de Karima Boudou, commissaire d’exposition en résidence de recherche au MAC VAL, les 18 et 19 novembre 2017 avec la restitution « The Vitry Head Shop and Museum ». | Black(s) to the Future est un collectif nourri d’afrofuturisme pour des espaces de partage et d’expérimentation collective.

| www.blackstothefuture.com | www.facebook.com/blackstothefutureonline

Les participants

Biung Ismahasan est un commissaire indépendant et artiste appartenant à la tribu Bunun (Nation de taïwanais indigènes). Il a obtenu un Master en Cultural Policy, Relations and Diplomacy à l’Institute for Creative and Cultural Entrepreneurship de Goldsmiths, Université de Londres en 2014. Il est actuellement Doctorant en Commissariat d’exposition au Centre for Curatorial Studies de l’Université d’Essex, eastern England. Il est également membre actif de IKT International Association of Curators of Contemporary Art (www.iktsite.org). Il est fortement engagé dans la diffusion de la culture visuelle et l’art contemporain indigènes taïwanais au travers de pratiques curatoriales contemporaines. Ses intérêts de recherche portent sur la pratique curatoriale indigène et l’esthétique avec une attention particulière portée sur l’histoire de l’art contemporain indigène : les discours contemporains sur la production, la distribution et la réception des expositions ; les problématiques de participation et de performativité ; ainsi que l’historiographie des pratiques curatoriales et la conception d’expositions.


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Camille Parker est membre de The Black Archives. Aux côtés de Jessica de Abreu, Mitchell Esajas, Miguel Heilbron et Thiemo Heilbron, ils font vivre dans le contexte néerlandais cette archive historique ; travaillée comme outil de conversations, d’activités, et de littérature sur des perspectives noires et autres qui sont souvent peu visibles. The Black Archives documente l’histoire des mouvements d’émancipation noirs et des individus aux Pays-Bas. L’archive est gérée par le New Urban Collective. Elle consiste en des collections rares de livres, des archives, des artefacts qui constituent l’héritage d’écrivains et scientifiques noirs néerlandais. Près de 3000 livres dans ces collections traitent des problématiques du racisme et de la race, de l’esclavage et de la colonisation, du genre et du féminisme, des sciences sociales et du développement, du Suriname, des Antilles néerlandaises, de l’Amérique du Sud, de l’Afrique entre autres. Ainsi, The Black Archives rend disponible des collections de livres et de la littérature peu ou pas discutés dans les écoles et les milieux universitaires ; en faisant ainsi un outil accessible pour la recherche.
Depuis 2016, The Black Archives est situé dans un nouveau lieu au Verenging Ons Suriname à Amsterdam.


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Maja Ćirić (PhD) est une commissaire et critique d’art interdépendante née à Belgrade, avec un bagage interdisciplinaire. Sa pratique curatoriale se décline par l’organisation d’expositions, l’écriture et la tenue de conférences. Elle a été commissaire (2007) et commanditaire (2013) du Pavillon Serbe à l’exposition internationale de La Biennale di Venezia et commissaire de Mediterranea 18 Young Artists Biennale, Tirana, Albanie (2017). Son expertise repose sur la recherche de géopolitiques et de pratiques curatoriales au travers des prismes de la critique institutionnelle. Sa pratique contre les structures géopolitiques dominantes et leurs impacts sur le monde de l’art, pensé en termes de criticalité et post-globalisation. Au-delà de contributions régulières dans le champ curatorial (e.g. The Unspoken Abuse, in Hospitality, Cultures of the Curatorial, 2016), elle écrit aussi sur les implications culturelles des pratiques artistiques (e.g. The Aryan Zebra, Hesselholdt & Mejlavang, Revolver Publishing, 2016). Elle donne des conférences sur les pratiques curatoriales et les études curatoriales (China Academy of Fine Arts, Hangzhou, China ; Kibbutzim College, Tel Aviv, Israël ; La Salle College of the Arts, Singapour etc.). Elle a bénéficié du Lazar Trifunović Award for Art Criticism (Belgrade), du CEC ArtsLink Independent Projects Award (New York), du ISCP Curator Award (New York) et celui du ICI (Independent Curators International) ; ainsi que du Dedalus Foundation Curatorial Research Award (New York). Elle a participé à de nombreux projets qui ont nécessité des connaissances sur les acteurs du monde de l’art, les contextes et conditions, nécessitant un réseau dense et considérable.


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Karima Boudou est historienne de l’art et commissaire d’exposition. Elle est aussi membre active de IKT International Association of Curators of Contemporary Art (www.iktsite.org).
Elle a été Assistant Curator au Palais de Tokyo (2011-12) et Assistant Curator pour le projet "Working for Change : proposal for a Moroccan Pavilion at the 54th Venice Biennale” (2011).
Elle a par la suite participé au Curatorial Training Programme à de Appel en 2012/13 à Amsterdam. Lors des cinq dernières années, elle a mené des projets de recherche, des expositions et des publications en Europe et au Maroc. Boudou a donné des conférences sur des écrivains tels que Jean Genet et Mohamed Leftah, et des artistes tels que Danh Vo, Dave McKenzie et David Hammons. Ses écrits apparaissent dans des catalogues (Kunstmuseum aan Zee à Ostende, Le Cube à Rabat) et des magazines (Ibraaz, rekto:verso).
Fin 2017, elle bénéficie d’une bourse de recherche au Musée d’art contemporain du Val-de-Marne.


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Le Collectif Black(s) to the future est une plateforme transmedia / un collectif / une utopie afro-futuriste initiée par Mawena Yehouessi. C’est un espace de réflexion créative qui se déploie en ligne et physiquement. Le collectif s’ intéresse à des objets très différents : “théorie”, pratiques artistiques, logiciel, mode, édition, et tout autre champ qui pourra leur sembler, un jour, pertinent d’investir.
Le collectif est composé de jeunes, ou moins jeunes, artistes, chercheu.r/se, act.eur/rice.s culturel.le.s et/ou spécialistes en un domaine ; rassemblé.e.s pour échanger et travailler ensemble sur des formats, dispositifs et situations comme autant de pistes d’exploration et de métamorphoses du monde qui permettent de créer des espaces différents, de rencontre, de négociation et d’échanges. Pour le collectif, l’africanité traverse tout – époques, nationalités, intérêts. Black(s) to the future veut montrer que s’intéresser à ces questions n’est plus un simple devoir humaniste, mais un engagement durable, que l’on soit afro-descendant.e.s ou non.

Publication

The Vitry Head Shop and Museum donnera lieu à une publication numérique courant 2018.
Pensée comme le carnet de notes et de conversations d’une historienne de l’art, elle retracera la trajectoire de cette résidence de recherche au MAC VAL. On retrouvera notamment dans sa trame des fragments issus de l’archive de Raoul-Jean Moulin (1934-2014) ainsi que des entretiens inédits réalisés avec la photographe Sabine Weiss et l’artiste Ali Cherri.

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Thierry Fontaine
Extrait : Basket II D’après David Hammons,
2006
Courtesy Galerie Les filles du calvaire

 

Thierry Fontaine
Extrait : Basket II D’après David Hammons,
2006
Courtesy Galerie Les filles du calvaire