Du 26 juin 2009

Présentation

L’artiste d’origine allemande, Veit Stratmann, imagine pour le MAC/VAL une oeuvre inédite. À la fois monumentale et discrète, son installation se déploie sur plus de 800 mètres carrés dans les espaces
de circulation du musée. Près d’une soixantaine de néons retenus en l’air par des filins créent un ciel lumineux artificiel et transfigurent radicalement les plafonds du musée, invitant ainsi le public à
renouveler son appréhension de l’espace.

Comme le sculpteur ou l’architecte, Veit Stratmann s’approprie l’histoire intime du musée d’art contemporain du Val-de-Marne pour démultiplier du sens à partir de la déclinaison d’un module lumineux. Chez Stratmann, il y a souvent la tentation de fabriquer de l’ambiguïté, l’oeuvre se réduirait-elle à un geste plastique ? Comment le visiteur perçoit-il ces objets, ces oeuvres ? Contaminant les espaces de circulation, il déploie son installation de façon mécanique, tel un ballet, pris au piège de la logique inhérente à la forme. Par ce biais, l’artiste interroge les affirmations de l’architecture et propulse le visiteur au coeur de l’oeuvre.

« L’artiste Veit Stratmann réalise des structures qui utilisent le plus souvent un vocabulaire formel standard et discret issu du répertoire industriel. De fait, quoi de plus ordinaire que des tubes fluorescents
disposés en rangées parallèles dans un espace public ? Quoi de plus banal que cet élément fonctionnel courant ? La fonctionnalité est en effet une problématique récurrente dans travail de Veit Stratmann. Bon
nombre de ses structures incluent une fonction : un déplacement, une assise, un appui, un passage. Cette caractéristique le distingue fondamentalement des artistes minimalistes des années 60 avec lesquels il semble pourtant partager certains points communs : le goût pour les formes élémentaires, les structures simples et répétitives, les alignements succincts, les matériaux et les objets industriels préexistants. Veit Stratmann apprécie ainsi la forme rudimentaire de ces tubes non conçus par l’artiste mais produits en usine.
Il considère la qualité éphémère et transitoire de ces supports lumineux qu’il souhaite voir s’éteindre lorsque le musée ferme, car, pour l’artiste, il importe de conserver la fonction mais aussi l’emplacement habituel de ces lampes. Les tubes sont suspendus dans les espaces de circulation du musée et non disposés dans les galeries d’exposition. Veit Stratmann cherche ainsi à adhérer aux lieux, ses codes, son vocabulaire pour mieux en révéler les qualités impalpables.
Afin d’ « activer » cette recherche, Veit Stratmann attribue à son installation une fonction supplémentaire : la mobilité. L’ensemble de ces tubes tourne en effet chaque nuit d’un quart de tour, pointant ainsi une direction différente. La fonction se dédouble : élément fixe, il s’ajoute à l’espace, l’absorbe, pour mieux en affirmer la vacuité. Objet mobile, il désoriente notre perception des lieux, en dissout la cohérence en créant un vide supplémentaire, « une zone dans laquelle le regard ne s’arrête plus » (dixit l’artiste). »

Véronique Souben

 

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