Exposition monographique
Du 7 mars au 02 août 2009

Mot du commissaire de l’exposition

Depuis plus d’une quarantaine d’années, Noël Dolla, né à Nice en 1945, se livre à une entreprise picturale des plus singulières qui soit. Son œuvre, tout autant que son enseignement à la villa Arson depuis 35 ans, font de lui un des artistes vivants les plus importants de la scène française.
De nombreux exégètes se sont penchés sur son travail et il suffira de se reporter à leurs écrits pour une approche documentée de l’œuvre.

Léger vent de travers

Quelques mots portant de ce qui me semble essentiel dans le travail de Noël Dolla : Nice, la pêche, le ménager, le rebond, le masque et le leurre… Mais également la mémoire. En effet, tout l’œuvre de Dolla est un travail de mémoire, de la mémoire. Une mémoire des gestes et œuvres qui l’ont précédé. Une mémoire de l’atelier, des outils, des savoirs-faire et techniques. Et puis une remise en jeu permanente de cette mémoire, un oubli. Une amnésie.
Depuis le début, l’œuvre procède par séries, reprises et enchaînements. Elle semble se déployer, écartelée ?, entre deux direction opposées en apparence : une déconstruction radicale de la peinture, de ses concepts, moyens, fins, outils, histoires… et une implication subjective, voire intime et baroque de l’artiste dans son œuvre. Il aime à rappeler qu’il navigue entre Support/Surface et Fluxus…

Le peintre (son quotidien, ses voyages, ses rencontres, ses engagements et positions politiques, ses réactions, ses énervements, ses engouements, ses déchirures, ses joies, ses tragédies, ses farces, son histoire) en tant que sujet est là, présent, partout, caché, masqué.
L’exposition que lui avait consacrée le MAMCO en 2003 sous le commissariat de Christian Bernard, mettait fort pertinemment en relief la dimension pour le moins rhyzomatique de cet œuvre qui se construit par rebonds, retards, reprises.

Partant de là, « Léger vent de travers » se centrera sur ses récents développements (2002-2009) que viendront éclairer des contrepoints « historiques », des flash-backs, dans une perspective rétrospective.
Au final, cette exposition réunira une centaine d’œuvres dans une scénographie imaginée pour la salle d’exposition du MAC/VAL prenant en compte ses spécificités et caractéristiques.
Trois trébuchets scanderont l’espace d’exposition, fonctionnant comme des modules-cerveau, où se déploieront autant de zones de mémoire que l’on pourrait classer comme suit : la mémoire de l’intime, familiale, les développements historiques de l’œuvre, la Peinture, ses enjeux théoriques et conceptuels. Bien entendu, les choses ne seront pas aussi carrées et des frottements, des résurgences, des moments d’affleurement viendront bousculer ce bel ordonnancement venant souffler un léger vent de travers.

Frank Lamy

 

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Petit Journal
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