Exposition collective
Du 7 mai au 19 septembre 2010
001/015  

Affiche de l’exposition

Le « couple » Marina Abramović et Frank Uwe Laysiepen, alias Ulay, se
forme en 1976, après une rencontre fulgurante en décembre 1975, alors que
Marina Abramović réalise une performance à Amsterdam. Tous deux nés
un 30 novembre, ils ont, douze ans durant, une relation symbiotique et une
pratique artistique totalement dévouée à la performance. Ils font de leurs
corps leur médium, parlant d’eux-mêmes comme d’un « androgyne ».
La performance Rest Energy est exécutée à une date charnière marquant
la fin des relation works et le début de l’« épuisement de la relation ». De
cette action restent vidéo et photographie. « La flèche est dirigée vers le
coeur de Marina. De petits microphones sont attachés à chacun de nos
coeurs, enregistrant le nombre croissant de battements de coeur. » Le
corps des artistes met en tension l’arc, moderne Cupidon, qui frappe sa
victime d’une flèche empoisonnée. Ce face-à-face en temps réel est, aux
dires de Marina Abramović, une des pièces les plus difficiles à performer.
Une seconde d’inattention, et c’est la mort.

L’image immobile, en plan serré, est induite par l’objet de la performance
du duo. Celui-ci évoque les difficultés à trouver un équilibre, les tensions
inhérentes à cette quête et l’interdépendance du couple. On y retrouve
le vocabulaire dichotomique conjugué par Ulay et Abramović tout au
long de leur carrière commune, favorisant une image à la fois mentale et
sentimentale.

En 1988, le couple scénarise la fin de sa relation : une marche de 2000
kilomètres chacun, pendant 90 jours sur la muraille de Chine, The Lovers :
The Great Wall Walk. Marina part de l’est, aux abords de la mer Jaune. Ulay part de l’ouest, du désert de Gobi. Jusqu’à se retrouver, pour « se séparer et se dire adieu ».

J.B.

 

Marina Abramovic et Ulay

Rest energy, 1980
Photographie noir et blanc contrecollée sur aluminium, 165 x 125 cm
Courtesy de l’artiste et galerie serge le borgne, Paris