Du 15 janvier 2010 au 28 mars 2010

Paroles d’artiste

La mort

« Dans l’exposition du MAC/VAL, « Après », il y a un fort contraste avec celle du Grand Palais, « Personnes », où le spectateur se promène dans un univers de bruit et de fureur, où la grue représente le doigt du hasard car elle prend et rejette des vêtements. Au contraire, ici, tout est calme et chaud, seuls des personnages, mi-pantins, mi-anges, répètent des questions ultimes. Je ne crois pas qu’il y ait quelque chose « après ». La seule chose à laquelle je crois, c’est que nous sommes constitués d’un puzzle de morts. Des milliers
de petits morceaux composent notre visage, et aussi notre âme. Ces milliers de choses rendent chaque être humain unique. »

L’art comme parabole

« Aujourd’hui, j’essaye de poser des questions et de procurer des émotions sous forme de paraboles. La forme est au service de l’histoire que je veux raconter. Au Japon, par exemple, je suis en train de créer une bibliothèque
qui contiendra des centaines de milliers de battements de coeurs humains. Depuis déjà deux ans, j’ai installé une cabine d’enregistrement dans de nombreuses villes, plus de quinze mille battements de coeurs ont déjà été collectés. Il sera bientôt possible d’aller dans l’île de Teshima et de demander à écouter le coeur de la personne aimée. D’ici quelques années, la plupart de ces coeurs enregistrés seront des coeurs de morts. Ils continueront à battre pour signifier leur présence mais notifier leur absence. »

La transmission

« Je conçois souvent mes oeuvres comme des partitions musicales que j’interprète. Tout ce qui est présenté au MAC/VAL et au Grand Palais pourra
être recyclé. Ces pièces seront peut-être exposées ailleurs, elles seront à la fois semblables et différentes. Pour moi, il y a deux types de transmission :
une liée à l’Occident, qui tourne autour de l’idée de la relique, et une autre,
ailleurs, comme au Japon où les temples les plus anciens sont reconstruits tous les dix ans, où l’important n’est pas tant l’objet lui-même, mais que des hommes sachent le refaire. »

Conter des histoires

« Mon métier, ce serait de raconter des petites histoires qui incitent chacun à se poser des questions. Au lieu d’employer des mots, j’utilise des moyens visuels ou sonores, à la manière des paraboles. Tout ce que je fais tourne autour de l’idée d’un questionnement, mais ne passe pas toujours pour autant par une question formelle. Je cherche à émouvoir, mais l’art, c’est aussi l’artifice. Je ne suis pas là pour dire la vérité, mais plutôt pour la faire ressentir au plus grand nombre. »

 

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