Exposition monographique de Charles Fréger
Du 23 février au 30 juin 2013

Communiqué

À l’occasion de l’ouverture à Vitry-sur-Seine de la Briqueterie, Centre de développement chorégraphique du Val-de-Marne, le MAC/VAL présente une exposition photographique de Charles Fréger, artiste associé à la création de Josef Nadj, commande de la 17e Biennale de danse du Val-de-Marne.
Entre figures mythologiques et subsistances médiévales, vêtus de peaux de bêtes ou d’ornements végétaux, les Wilder Mann (hommes sauvages) photographiés par Charles Fréger louent les saisons et fêtent le cycle de la vie, dressant une cartographie des coutumes ancestrales du vieux continent. Carnaval, rituels masqués, Saint Antoine et Saint Nicolas, Jour Gras ou pleine lune, premier dimanche de l’année et veille de Pâques, sont les occasions de célébrer le cycle des saisons, religieux ou païen, entre figures apotropaïques et symboles de fertilité.

Le travail de Charles Fréger (artiste français né à Bourges en 1975) s’ancre depuis les origines sur la représentation du corps social, la construction de l’identité et l’image de soi. Depuis 1999, ses « Portraits photographiques et uniformes » balayent un large corpus d’individus et, plus ponctuellement, de portraits de groupe, que l’on retrouve dans de nombreuses éditions, notamment Majorettes (2002), Légionnaires (2002), Bleu de travail (2003) ou encore Donneurs (2002), livre dans lequel il réalise 40 portraits d’ouvriers des usines Arcelor.
L’uniforme et la tenue, le masque et le déguisement, le costume et le vêtement, chacune de ces secondes peaux imprime, tour à tour, une typologie à la fois singulière et fédératrice, tandis que Charles Fréger utilise majoritairement un cadrage frontal et en pied.

Dans sa dernière publication, Wilder Mann ou la Figure du Sauvage (2012, chez Thames & Hudson), Charles Fréger est parti, à la manière d’un anthropologue, à la rencontre des différentes et multiples émergences de la figure de l’ « homme sauvage », aujourd’hui, à travers toute l’Europe (18 pays traversés, de l’Autriche à la Finlande). _ Chaque année, de la France à la Bulgarie, de la Finlande à la Sardaigne, du Portugal à la Grèce en passant par la Suisse et l’Allemagne, des hommes, le temps d’une mascarade multiséculaire, entrent littéralement dans la peau du « sauvage ».
En devenant ours, chèvre, cerf ou sanglier, homme de paille, diable ou monstre aux mâchoires d’acier, ces hommes célèbrent le cycle de la vie et des saisons. Leurs costumes, faits de peaux de bêtes ou de végétaux, sertis d’ossements ou ceinturés de cloches, chapeautés de cornes ou de bois de cerfs, sidèrent par l’extraordinaire diversité et la prodigieuse beauté de leurs formes.

Au cœur du cinquième accrochage des œuvres de la collection du MAC/VAL intitulé « Vivement demain », les portraits d’« hommes sauvages » de Charles Fréger subliment cette suspension provisoire de la normalité qui caractérise la mascarade et révèlent une tradition méconnue d’une étonnante richesse.

 

Communiqué de presse

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