MACVAL

Le MACVAL est ouvert tous les jours de la semaine sauf le lundi:
du mardi au vendredi de 10 h à 18 h
le week-end et jours fériés de 12 h à 19 h.

Fermeture les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

tél. : 01 43 91 64 20
fax : 01 79 86 16 57

Comment venir au musée ?

Place de la Libération
94400 Vitry-sur-Seine

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Le mot du Conservateur en chef

« Nevermore »

Ce titre en anglais pour une collection « française » est celui d’un des plus beaux poèmes de Verlaine, dont les premiers vers – « Souvenir, souvenir, que me veux-tu ?… » – m’ont été soufflés par Agnès Varda lorsque je lui ai parlé de ce nouvel accrochage de la collection dans lequel elle figurait.

Lié au souvenir, ce nouveau parcours raconte, pour fêter l’anniversaire du musée, en partie l’histoire de la collection ; il rappelle que la mémoire est sa mission, son sujet comme le sujet de toute collection publique. Cinq années déjà, au plus près des artistes, au plus proche de cette scène artistique que le MAC/VAL est aujourd’hui le seul musée à défendre et à rendre visible : l’art contemporain en France, avec ses figures majeures, ses artistes en devenir, ceux dans la lumière comme ceux qui restent moins visibles, mais aussi ceux, étrangers, qui viennent enrichir « notre histoire » de l’art, invités dans les expositions, en résidence, puis dans la collection même. Aujourd’hui, pour se souvenir de l’inauguration du musée, nous proposons au public de retrouver certaines des œuvres qui en ont marqué l’ouverture, mais aussi de nouvelles arrivées. Toute collection étant chargée de raconter une mémoire pour constituer un patrimoine, en conjuguant passé, présent et futur en (au) même temps, nous choisissons aujourd’hui de regrouper les œuvres autour du thème du « souvenir ».

Se souvenir est bien le propre de l’homme, la mémoire constitue son ancrage sur Terre, sa densité, sa force et sa faiblesse, elle est individuelle, collective, partagée ou sélective, elle est « bonne » ou « mauvaise » et, tôt ou tard, elle flanche. Elle est faite d’images, de sons, d’impressions, de manques et de zones d’ombre. Elle est lumière, fulgurance, elle est silence. Un retour aux sources de la collection et aux artistes lumino-cinétiques a naturellement fait émerger cette idée : la lumière comme apparition et comme trace rémanente, comme inscription, comme jeu aussi et comme façon de positionner l’art dans la société des années 1960. De cette approche joyeuse et décomplexée des artistes du GRAV (Groupe de recherche d’art visuel) a découlé le sujet de la mémoire, plus mélancolique, mais toujours terriblement ancré dans la vie.

Le projet s’est dessiné comme un « tout », déclinaison au fil des espaces d’oeuvres liées à l’idée de la mémoire : un accrochage de fait plutôt noir et blanc, à la façon d’anciens portraits de famille, avec quelques jaillissements de couleur là où la lumière appelle la mémoire. Des oeuvres qui interrogent de façon singulière le rapport au temps, à l’absence, au manque, qui renvoient à la question de la trace, des œuvres qui constituent aussi des souvenirs en elles-mêmes : souvenirs d’un accrochage passé, d’un temps révolu. Un jeu teinté de nostalgie qui tisse le lien entre notre mission, consistant à fabriquer une mémoire avec un présent relatif et incertain, et l’histoire des œuvres.

Comme toujours dans les accrochages du musée, les formes artistiques et les générations d’artistes voisinent et se retrouvent autour d’un sujet commun. Des souvenirs à se raconter mais encore à tisser avec les artistes qui interviendront « au présent » dans la collection. Nous débutons aujourd’hui le projet « Featuring », un programme inventé pour son premier invité, Pierre Buraglio, en résonance avec son oeuvre mais aussi avec son amour du jazz. Pierre Buraglio est un des artistes les plus fidèles et les plus aimés de la collection du musée. Il a offert de nombreuses oeuvres au Département, en soutien au projet de musée. Aujourd’hui, il habite à nouveau le Val-de-Marne, retrouvant ainsi l’histoire de sa famille qui s’y est construite après le départ d’Italie, et il continue à faire partie de notre univers, poursuivant son oeuvre avec détermination et humilité, travaillant au corps la question de l’histoire, de la mémoire, de la trace, celle de l’absence. Aussi sa présence dans cet accrochage, en résonance avec l’anniversaire du musée, nous a semblé naturelle et essentielle. La fidélité, parce qu’elle fait mémoire, est un sujet que nous essayons de creuser au MAC/VAL, en suivant les artistes, dans les liaisons substantielles entre la collection et les expositions temporaires, en maintenant avec les artistes venus en résidence des projets dans le temps, en créant des relations avec de plus jeunes artistes.

Ce sont ce plaisir et cette chance que nous voulons proposer au public : une rencontre hors du commun et de la normalité, hors des sentiers battus et des attendus, l’opportunité de rencontrer celles et ceux qui nous racontent le monde autrement, singulièrement, qui renversent les certitudes et dévoilent l’envers du décor.

Alexia Fabre, Conservateur en chef

« Nevermore »

Ce titre en anglais pour une collection « française » est celui d’un des plus beaux poèmes de Verlaine, dont les premiers vers – « Souvenir, souvenir, que me veux-tu ?… » – m’ont été soufflés par Agnès Varda lorsque je lui ai parlé de ce nouvel accrochage de la collection dans lequel elle figurait.

Lié au souvenir, ce nouveau parcours raconte, pour fêter l’anniversaire du musée, en partie l’histoire de la collection ; il rappelle que la mémoire est sa mission, son sujet comme le sujet de toute collection publique. Cinq années déjà, au plus près des artistes, au plus proche de cette scène artistique que le MAC/VAL est aujourd’hui le seul musée à défendre et à rendre visible : l’art contemporain en France, avec ses figures majeures, ses artistes en devenir, ceux dans la lumière comme ceux qui restent moins visibles, mais aussi ceux, étrangers, qui viennent enrichir « notre histoire » de l’art, invités dans les expositions, en résidence, puis dans la collection même. Aujourd’hui, pour se souvenir de l’inauguration du musée, nous proposons au public de retrouver certaines des œuvres qui en ont marqué l’ouverture, mais aussi de nouvelles arrivées. Toute collection étant chargée de raconter une mémoire pour constituer un patrimoine, en conjuguant passé, présent et futur en (au) même temps, nous choisissons aujourd’hui de regrouper les œuvres autour du thème du « souvenir ».

Se souvenir est bien le propre de l’homme, la mémoire constitue son ancrage sur Terre, sa densité, sa force et sa faiblesse, elle est individuelle, collective, partagée ou sélective, elle est « bonne » ou « mauvaise » et, tôt ou tard, elle flanche. Elle est faite d’images, de sons, d’impressions, de manques et de zones d’ombre. Elle est lumière, fulgurance, elle est silence. Un retour aux sources de la collection et aux artistes lumino-cinétiques a naturellement fait émerger cette idée : la lumière comme apparition et comme trace rémanente, comme inscription, comme jeu aussi et comme façon de positionner l’art dans la société des années 1960. De cette approche joyeuse et décomplexée des artistes du GRAV (Groupe de recherche d’art visuel) a découlé le sujet de la mémoire, plus mélancolique, mais toujours terriblement ancré dans la vie.

Le projet s’est dessiné comme un « tout », déclinaison au fil des espaces d’oeuvres liées à l’idée de la mémoire : un accrochage de fait plutôt noir et blanc, à la façon d’anciens portraits de famille, avec quelques jaillissements de couleur là où la lumière appelle la mémoire. Des oeuvres qui interrogent de façon singulière le rapport au temps, à l’absence, au manque, qui renvoient à la question de la trace, des œuvres qui constituent aussi des souvenirs en elles-mêmes : souvenirs d’un accrochage passé, d’un temps révolu. Un jeu teinté de nostalgie qui tisse le lien entre notre mission, consistant à fabriquer une mémoire avec un présent relatif et incertain, et l’histoire des œuvres.

Comme toujours dans les accrochages du musée, les formes artistiques et les générations d’artistes voisinent et se retrouvent autour d’un sujet commun. Des souvenirs à se raconter mais encore à tisser avec les artistes qui interviendront « au présent » dans la collection. Nous débutons aujourd’hui le projet « Featuring », un programme inventé pour son premier invité, Pierre Buraglio, en résonance avec son oeuvre mais aussi avec son amour du jazz. Pierre Buraglio est un des artistes les plus fidèles et les plus aimés de la collection du musée. Il a offert de nombreuses oeuvres au Département, en soutien au projet de musée. Aujourd’hui, il habite à nouveau le Val-de-Marne, retrouvant ainsi l’histoire de sa famille qui s’y est construite après le départ d’Italie, et il continue à faire partie de notre univers, poursuivant son oeuvre avec détermination et humilité, travaillant au corps la question de l’histoire, de la mémoire, de la trace, celle de l’absence. Aussi sa présence dans cet accrochage, en résonance avec l’anniversaire du musée, nous a semblé naturelle et essentielle. La fidélité, parce qu’elle fait mémoire, est un sujet que nous essayons de creuser au MAC/VAL, en suivant les artistes, dans les liaisons substantielles entre la collection et les expositions temporaires, en maintenant avec les artistes venus en résidence des projets dans le temps, en créant des relations avec de plus jeunes artistes.

Ce sont ce plaisir et cette chance que nous voulons proposer au public : une rencontre hors du commun et de la normalité, hors des sentiers battus et des attendus, l’opportunité de rencontrer celles et ceux qui nous racontent le monde autrement, singulièrement, qui renversent les certitudes et dévoilent l’envers du décor.

Alexia Fabre, Conservateur en chef

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Au premier plan à gauche, François Arnal,
La robe de chambre, la paire de ciseaux et les persiennes, 1965, 1967 et 1968.
Au premier plan à droite, Michel de Broin, Black Whole Conference, 2005.
Au fond, Sarkis, Le bateau Kriegsschatz, 1982-2005.
Collection MAC/VAL, musée d’art contemporain du Val-de-Marne.
Acquis avec la participation du FRAM Île-de-France
Photo © Jacques Faujour.

 

Au premier plan à gauche, François Arnal,
La robe de chambre, la paire de ciseaux et les persiennes, 1965, 1967 et 1968.
Au premier plan à droite, Michel de Broin, Black Whole Conference, 2005.
Au fond, Sarkis, Le bateau Kriegsschatz, 1982-2005.
Collection MAC/VAL, musée d’art contemporain du Val-de-Marne.
Acquis avec la participation du FRAM Île-de-France
Photo © Jacques Faujour.