MACVAL

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  011/025  

Vladimir Skoda

Notice

Après l’apprentissage du travail du métal à l’École technique de Slaný, puis à Prague, Vladimir Skoda vient en France en 1968, où il se forme à l’École des beaux-arts de Grenoble et à celle de Paris. Pendant toute cette période de formation, il est aussi intéressé par la théorie que par la pratique, par les sciences et techniques. Pensionnaire à la Villa Médicis, à Rome, entre 1973 et 1975, il sculpte des formes géométriques, inspirées par les mathématiques. À partir de 1979, Vladimir Skoda travaille en particulier la sphère, sa géométrie parfaite ou contrariée, son polissage ou ses aspérités, son aspect réfléchissant ou mat. Les sphères sont souvent disposées dans l’espace, telles des constellations, signe de sa passion pour l’astronomie. En 1995, il introduit le mouvement dans son œuvre en réalisant des pendules qui donnent à voir une distorsion de l’espace, comme Kora (1996, MAC/VAL). Parallèlement à ce travail sculptural, ses activités de dessinateur et de graveur éclairent cette fascination pour l’espace, les phénomènes optiques et astronomiques.

Éclipse représente le halo jaune du soleil derrière une sphère obscure. Elle fait partie d’une série d’œuvres sur papier réalisées sur ce thème en 1997 et 1998, avec des variations colorées autour d’une sphère noire. Celles-ci rappellent les expériences optiques de Newton et sa découverte du prisme. Ici, la sphère noire est d’abord cernée d’un cercle évoquant le rougeoiement incandescent de l’astre solaire, puis d’un autre cercle plus grand, jaune et lumineux. L’artiste essaie de rendre compte de l’éclipse du soleil avec des moyens plastiques : ce phénomène optique rare permet, à travers de simples lunettes filtrantes, de regarder les contours de la boule de feu sans être aveuglé. L’association du rouge et du jaune traduit l’embrasement de la matière en fusion. La brillance de l’encre de Chine rappelle l’utilisation de l’acier poli pour ses sphères sculptées. Donnant à voir une sphère éblouissante momentanément occultée par le passage de l’astre lunaire, l’emploi contrasté des trois couleurs témoigne de la fascination de Vladimir Skoda pour le travail de la forge : le métal incandescent, chargé d’énergie et de lumière, passe du jaune au rouge, puis noircit en refroidissant. Pourtant, le phénomène est inversé, puisqu’en sortant de la forge, le refroidissement de la pièce métallique se fait d’abord par l’extérieur alors que les failles laissent voir l’intérieur encore lumineux. Ici, au contraire, la lumière est perceptible sur les contours, sa source étant dissimulée par l’angle de vision superposant les deux astres.

Parallax II évoque des constellations. En astronomie, la parallaxe se définit comme le déplacement de la position apparente d’un corps, dû à un changement de lieu de l’observateur, mais ce terme signifie également l’angle formé par deux droites menées du corps observé à deux points d’observation. Les lignes droites et courbes traversent ici un espace obscur constellé d’une multitude de points blancs. Elles marquent les lieux d’observation de la voûte céleste. Vladimir Skoda a employé le matériau métallique le plus résistant de ses sculptures, sous forme de plaque, pour réaliser une estampe : le choix de l’acier n’est pas anodin, puisque le matériau de prédilection de l’artiste est lisse et réfléchissant lorsqu’il est poli et au contraire rugueux à l’état brut. La technique de l’aquatinte permet d’obtenir des zones de variations chromatiques : les grains de résine répartis sur la surface de l’acier fondent sous l’action de la chaleur, adhèrent à la plaque et produisent un fond grainé. La morsure de l’acide s’effectue dans les parties sans résine et donne un aspect de lavis, d’aquarelle. Grâce à cette technique, une quantité d’encre plus épaisse est déposée sur la feuille lors de l’impression, avec des teintes plus sombres, rendant ainsi le noir profond de l’obscurité nocturne. Pour l’artiste, l’aquatinte est comparable à la forge : la force de la morsure de l’acide permet un travail direct avec la matière.

Les dessins et les gravures de Vladimir Skoda renvoient à ses sculptures : on y retrouve le poli ou la rugosité de la matière métallique, la fascination pour les sphères et l’observation des phénomènes optiques et astronomiques.

V.D.-L.