MACVAL

Le MACVAL est ouvert tous les jours de la semaine sauf le lundi:
du mardi au vendredi de 10 h à 18 h
le week-end et jours fériés de 12 h à 19 h.

Fermeture les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

tél. : 01 43 91 64 20
fax : 01 79 86 16 57

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Place de la Libération
94400 Vitry-sur-Seine

  010/023  

Mélik Ohanian

Notice

Melik Ohanian aime à répéter que « [son] médium, c’est l’image ». Arrêtée ou en mouvement, elle lui permet d’explorer différents territoires, spatiaux mais aussi temporels, pour ouvrir sur la question plus vaste de l’identité.
Diplômé des Beaux-Arts de Lyon et de Montpellier, Melik Ohanian a un background de documentariste et un père photographe, Rajak Ohanian, qui l’initie très jeune à la chambre noire. La relation que l’artiste, d’origine arménienne, entretient avec les notions telles que l’ailleurs, la frontière, la mémoire ou l’autre est prépondérante dans ses travaux.

Les Selected Recordings (que l’on pourrait traduire par « enregistrements
choisis ») sont à la fois uniques, identiques et illimités. Un numéro les identifie et il n’y a qu’un seul tirage. Les photographies sont toutes de mêmes
dimensions (125 x 187 cm) et la quasi-totalité présentent un format paysage, tel un cadrage « cinématographique ».

La série a été entamée au début des années 2000 et demeure in progress. Il existe actuellement plus de deux cents photographies de ce type, réparties
entre les numéros d’identifiant #000 (qui représente un diable) et le numéro #666 (un cadrage, faussement hésitant, d’une voiture avec une plaque d’immatriculation affichant le triple 6). Aucune information n’est explicitement lisible sur l’image, ni de lieu, ni de temps, presque aucun repère, pas de narration. À quelques exceptions près. Certains des Selected Recordings font office de road book du travail de Melik Ohanian. Selected Recording #082 renvoie à sa pièce Island of an Island (1998-2001), Selected Recording #062 évoque assez directement l’oeuvre Welcome to Hanksville (2003), quand d’autres photographies ont un lien
à l’Arménie (Selected Recording #031 représente le stade Hrazdan d’Erevan). Pour le reste, c’est peine perdue de chercher à retrouver l’histoire de chacune de ces micro-histoires. Mieux vaut se laisser (em)porter par la tentative de mapping photographique de l’artiste. Suspendus dans le temps, ces film stills expriment le déplacement et le voyage, ils font irrémédiablement appel à une hypothétique mémoire collective. Ces images sont des réceptacles à fantasmes, tout en représentant des morceaux de
réel. Un réel bien connu, mais doublement oublié. « J’ai déjà vu ces paysages, mais où ? », « J’ai déjà vu ces images, mais où ? » Le spectateur projette sur l’écran qu’est la photographie ses souvenirs, ses histoires.
On erre, on contemple, on cherche, on se souvient parfois. Jean-Christophe
Royoux nous rappelle qu’« être sujet, c’est reconnaître le caractère kaléidoscopique du sol sur lequel on est enraciné ; c’est prendre conscience de la multiplicité qui nous habite ».

Melik Ohanian porte toujours une grande attention à la manière dont on expose ses œuvres. Pour l’occasion, certaines de ses photographies sont appelées à être à même le sol, contre un mur, comme en partance, ou juste arrivées. C’est aussi un moyen de ne pas mettre à distance, une façon de mieux être « dans » l’image. Ces « arrêts sur image » sont aujourd’hui
dispersés dans le monde, au gré des acquisitions, et une dizaine d’entre
eux ont rejoint la collection du MAC/ VAL, constituant avec The Hand (2002) et Welcome to Hanksville (2003) un ensemble d’œuvres de Melik Ohanian. Les Selected Recordings sont présentés comme un fil d’Ariane du nouvel accrochage de la collection.

J.B.

 

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