MACVAL

Le MACVAL est ouvert tous les jours de la semaine sauf le lundi:
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  017/024  

Mark Brusse

Notice

Après des études aux Beaux-Arts d’Arnhem, Mark Brusse quitte les Pays-Bas en 1959 et s’installe à Paris. Son œuvre commence par des sculptures en bois, grands assemblages ambigus, évocateurs de machines inutiles, d’instruments de torture ou d’outils agraires démesurés : les séries des « Clôtures » et des « Soft Machine ». Elles sont créées avec des bois de récupération et divers métaux trouvés dans la rue.

Pendant les années 1960, Mark Brusse vit successivement à Paris, New York et Berlin. Les changements de pays favorisent les rencontres et les expérimentations plastiques. Sans appartenir à aucun courant, il est proche de plusieurs d’entre eux. À Paris, du Nouveau Réalisme par l’emploi de matériaux prélevés dans le réel ; à New York, du minimalisme par la dimension et la monumentalité des pièces ; à Berlin, de Fluxus, des happenings et des actions de rue.

Dans les années 1970, il conçoit la série des « Don’t forget », qui rappelle l’usage dadaïste du jeu de mots, du non-sense ou le surréalisme par sa dimension érotique. Dans « Privat Clinic », série des années 1980, Mark Brusse semble plus proche cette fois d’une utilisation expressive des objets et des matériaux. Leurs propriétés deviennent symboliques : la dureté du bois, les coulures évoquant la blessure, la pipette du laboratoire ou de l’hôpital contrastent avec la douceur et la mollesse des coussins, la présence rassurante de la maison et la répétition du quotidien véhiculée par les serviettes. On peut y voir une influence ou un écho de Joseph Beuys et de son recours, énergétique et métaphorique, à des matériaux récurrents : graisse, cuivre, feutre. Il y aurait aussi une proximité avec l’art brut par l’absence de formalisme, par une captation directe du regardeur et par l’expression d’une nécessité intérieure.

L’installation évoque la création comme un exorcisme intime, obsessionnel, répétitif. Le titre, Privat Clinic, commun à toute la série dont fait partie cette oeuvre, signale à la fois le soin et le caractère individuel. Ce serait un antimonument, quelque chose qui ne transmet pas : ni un épisode ni un souvenir. Et pourtant, tout, ici, parle de mémoire. Événements enfouis, phrases imprononçables, images déformées… Nous sommes dans un paysage psychique : les objets sont chargés d’alluvions, de sensations originelles, d’affects déguisés. Mais le fait qu’ils ne soient pas explicites nous permet de les investir de notre propre histoire. Et, parce que cette mémoire n’est pas collective, elle peut devenir la nôtre.

Ar.B.

 

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