MACVAL

Le MACVAL est ouvert tous les jours de la semaine sauf le lundi:
du mardi au vendredi de 10 h à 18 h
le week-end et jours fériés de 12 h à 19 h.

Fermeture les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

tél. : 01 43 91 64 20
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Place de la Libération
94400 Vitry-sur-Seine

  013/025  

Joachim Mogarra

Notice

Joachim Mogarra se définit volontiers comme un artiste marginal, vivant hors des cercles artistiques. Depuis le début des années 1980, il réinvente à l’aide de la photographie un monde placé sous le signe du précaire érigé en véritable poétique. Adepte du voyage en chambre, il s’obstine à mettre en scène, sur le carrelage de sa cuisine ou de sa salle de bain, pour singer le monde, des assemblages d’objets familiers. 

Dans cette série réalisée en 2003, Mogarra s’attaque à la fiction de genre, entre parodie de cinéma fantastique de série B et référence explicite au fameux feuilleton télé Les Envahisseurs. Il condense en quinze photographies déroulées comme un story-board l’essentiel d’un récit, celui d’une invasion extra-terrestre. L’ambiance sombre, les noirs affirmés des tirages campent une situation nocturne propice. Le décor est planté avec peu de moyens et sacrifie aux poncifs du genre : quelques jouets en plastique font office de monstres inquiétants, une passoire, de soucoupe volante.

Détourné de sa fonction usuelle par la mise en scène et par le texte qui lui assignent un sens nouveau, l’objet domestique prend une épaisseur fictionnelle sans jamais perdre pourtant son identité première. C’est un jeu de mots et d’images, où tout est livré aux puissances de l’imaginaire. Un jeu amusant, où le côté bricolé des images est déjà en soi un lieu commun de la série B, un jeu sérieux aussi, qui met en cause le sens même de notre perception du monde, et pervertit l’assurance de nos représentations.
Comment en effet figurer le monde alors même que toute forme de représentation est déjà figée, déjà « cliché » ? Peut-être justement en affichant le cliché, l’aspect artificiel et dérisoire de l’image. Peut-être aussi en s’orientant vers la fiction, mode de perversion des frontières entre réel et représentation. En valorisant enfin une esthétique du petit, du mal fait, qui ne fait pas l’éloge de la banalité mais recherche un état de grâce.

I. L.