MACVAL

Le MACVAL est ouvert tous les jours de la semaine sauf le lundi:
du mardi au vendredi de 10 h à 18 h
le week-end et jours fériés de 12 h à 19 h.

Fermeture les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

tél. : 01 43 91 64 20
fax : 01 79 86 16 57

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Place de la Libération
94400 Vitry-sur-Seine

  016/028  

Jacques Villeglé (Jacques Mahé de La Villeglé, dit)

Villeglé collecte dans la rue la chronique de notre temps. Des fils de fer provenant du mur de l’Atlantique sont ses premières trouvailles. Puis il commence, en 1949, à décoller des affiches dans la rue avec son ami Raymond Hains. En 1960, il fait partie des membres fondateurs du Nouveau Réalisme, qui trouvent dans ce que le critique Pierre Restany nomme la « nature urbaine » la matière première de leur création.
Les affiches lacérées témoignent de la réaction des passants,
actifs créateurs d’oeuvres anonymes et collectives. Les marcheurs déchirent, au fil des itinéraires et des agacements, des lambeaux de papier découvrant, dessous, les affiches précédentes. Une annonce officielle de vente aux enchères immobilière, une affiche revendiquant la paix au Vietnam, une autre commémorant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Puis apparaissent des couches inférieures : le visage d’un homme moustachu et, sur sa joue, celui
d’une femme qui fume.
Du chaos des images et des discours, de l’actualité internationale
à celle du showbiz, des aplats et des taches de couleurs aux multiples typographies, une œuvre plastique surgit, entre ready-made et peinture gestuelle, par l’invention de l’artiste.
Le titre indique systématiquement avec une précision documentaire
lieu et date de la découverte. L’une vient de la rue du Temple à Paris,
terrain de chasse proche du domicile de l’artiste. Et une histoire
événementielle, de la publicité, de la typographie, de l’iconographie et
des fantasmes contemporains, se crée au fil de la constitution d’une collection d’affiches pendant plus de cinquante années.
Elle pourrait être une métaphore de la stratification de la mémoire,
un palimpseste des mouvements de notre époque. Plus que les affiches, Villeglé collectionne les images de la vie publique, sortes de peintures d’histoire nées de la rue.