MACVAL

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  013/023  

Daniel Spoerri

Notice

Éleveur invétéré de poussière et autres moisissures, l’artiste Daniel Spoerri, que l’on rattache volontiers aux Nouveaux Réalistes, esthétique relayée de manière théorique par Pierre Restany, nous offre ici une pièce d’une série dans doute moins célèbre que ses « tableaux-pièges », mais non moins originale, « Le Trésor des pauvres » (1962-1988). D’abord danseur, mime et metteur en scène, Daniel Spoerri se tourne au tout
début des années 1960 vers la poésie concrète et une pratique artistique
singulière.

L’Éruption du Wesuwoff en Sibérie est une oeuvre d’assemblage : sur une tapisserie de polyester, divers objets manufacturés, collages et peinture réinventent l’objet. Ce titre même de « Trésor des pauvres » raconte une
relation à l’art comme désir d’illusion et invitation à la rêverie. Plutôt surprenant de la part d’un artiste particulièrement connu historiquement pour sa volonté de s’attabler au réel du monde moderne. L’ornementation des murs par la tapisserie était autrefois réservée aux monarques ou aux aristocrates. Il en était de même d’ailleurs pour la peinture. À l’heure de
l’industrialisation et de la consommation, Daniel Spoerri reprend de mauvaises copies synthétiques, qu’il qualifie de kitsch, et leur offre une dimension plastique enrichie par accumulation d’objets et par touches de peinture qui, finalement, fabriquent une histoire et une forme poétiques.
Alors que les tableaux-pièges – tables à manger sur lesquelles Daniel Spoerri collait les reliefs des repas que, parfois, il cuisinait lui-même ou encore tables couvertes d’objets anciens empoussiérés par le temps, qu’il plaçait ensuite à l’horizontal – faisaient du tableau un moment de réalité, un instantané de réel, la série « Trésor des pauvres » enferme au contraire un peu de poésie rendue à un réel bien fade, sérialisé, commun et sans émotion.

L’Éruption du Wesuwoff en Sibérie nous invite au voyage. Cette tapisserie,
comme toutes celles de la série, emprunte directement à celles d’Aubusson, où le merveilleux l’emportait sur le réel. Ici, un traîneau, dans un monde enneigé, attaqué par des loups. Un pays lointain, un monde romanesque, une épopée à la russe, faite de vieilles choses récupérées et d’une tapisserie sans valeur. Le videur de grenier qu’est Daniel Spoerri fournit des trésors de
contemplation.

M.R.