MACVAL

Le MACVAL est ouvert tous les jours de la semaine sauf le lundi:
du mardi au vendredi de 10 h à 18 h
le week-end et jours fériés de 12 h à 19 h.

Fermeture les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

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Rémy Bosquère

« Practice »
Installation du 25 juin au 16 octobre 2011

Présentation

Partant du constat que les lieux de passage se laissent difficilement appropriés par ceux qui les empruntent, nous avons souhaité rompre la neutralité et le silence intimidant de l’immense vestibule desservant les espaces d’exposition du musée. Commande a donc été passée à l’artiste Rémy Bosquère d’une œuvre praticable et joyeuse qui saurait muer cet espace de transition en un lieu de rencontre. La réponse de l’artiste sera celle d’une rencontre insolite avec l’art, d’une mise en abîme du musée, des accrochages de sa collection. L’installation Practice revisite ainsi une certaine histoire de l’art et bouscule le symbole d’autorité savante que représente le musée. Utopique et subversive, Practice est le fruit, à moins que ce ne soit le ver dans le fruit, d’un joueur de dissonances.

En 1998, Rémy Bosquère, diplômé des Beaux-Arts de Montpellier, investit le tribunal d’instance de Sète. Son exposition occupe subtilement tout l’espace, disséminant avec ironie d’incongrus artefacts sur les murs de la salle d’audience. Un décorum de rideaux en arrière-plan du président de séance, la sévérité d’un buste de plâtre travestie par l’ajout d’une barbe vaporeuse et blanche, des effigies de Marianne remaniées insufflent ambiguïté et étrangeté à ce lieu d’autorité. En fond de salle, textes, affiches, horloges et calendriers postaux mêlent la mièvrerie heureuse d’un intérieur domestique à la solennité épurée du lieu de loi. Cette appropriation du site ne revêt pourtant aucune volonté de scénariser à outrance le décor, mais plutôt le perturber et alléger sa charge d’autorité.

L’occupation et l’anomalie seront dès lors un des modes de l’artiste. S’approprier les codes et les lieux pour mieux les déjouer. Interroger la légitimité du pouvoir. S’affranchir d’espaces sociaux par trop normalisés. Et, par conséquent, se soustraire aux sites spécifiques de l’exposition.

Rémy Bosquère décide ainsi en 1999 d’intervenir dans la coulisse de l’art, dans le bureau d’un directeur de Frac, et choisit celui d’Ami Barak, alors directeur du Frac Languedoc-Roussillon. De janvier 1999 à mai 2000, il s’immisce dans ce lieu de travail et, cinq fois, l’aménage pour une durée de deux à trois mois. Chaque interférence se cristallise autour de la table de travail, meublant la conversation de briques réfractaires, coupes sportives, duvets de camping, affiches plissées, boîtes archives, rideaux industriels, jusqu’à l’aberration d’une table en tôle de bardage, cylindrique, à la limite de l’utilisable. En déplaçant l’art, de la scène à la coulisse, une négation des ressorts de l’exposition s’opère : ni carton d’invitation, ni affiche, pas de vernissage, un public limité aux seuls rendez-vous du directeur. Leur offrir une bonne table, ou, en guise de tapis, la table des matières. Déjouer la quadruple logique créative : artiste-directeur-institution-public.

Les interventions suivantes de l’artiste confirmeront cet art d’attitude : une portion d’escalier plutôt que la salle d’exposition attenante (2000, La Vigie, Nîmes) ; une table de conférence pour déjouer par l’exposition le processus d’un concours artistique (2001, Credac, Ivry-sur-Seine) ; une table de jeu en acier galvanisé pour exaucer les voeux (2004, Foire Saint-Sulpice, Paris) ; une étoile offerte au ciel par l’extrémité d’un porte-drapeau (2004, Nuit Blanche, Nîmes) ; une assemblée de chaises percées, mais lumineuses, pour faire le siège de la pensée déliquescente (2005, Le pavé dans la mare, Saline Royale d’Arc et Senans) ; l’angoissant environnement sonore de notre quotidien intime et domestique (2006, Centre des arts, Enghien-les-Bains)…
Un ancrage formel qui ne saurait évacuer le recours aux listes, ces syntaxes simplifiées, orales ou écrites, interminables et entêtantes. Ce sont des textes objectifs (sommaires, tables des matières, menus), qui, dans leur énumération sérielle, dé-hiérarchisent tout contenu informel. Rémy Bosquère en fait un métalangage, établit une forme de méfiance à l’égard de tout texte discursif.

Un exemple ? Composez le 01 83 64 05 19 et faites l’expérience du Manifeste panéliste !

Aujourd’hui, Rémy Bosquère investit sur invitation le vestibule du MAC/VAL. Il nous propose une nouvelle occupation dont la forme n’est pas sans évoquer un minigolf, ce populaire loisir estival, comme un écho amusé à l’exposition « Itinéraire bis ». Les neuf parcours de l’installation sont ainsi neuf voies initiatiques permettant à chacun, sur un mode participatif et généreux, de relire les règles du jeu mais plus encore d’inventer ses règles de l’art.

Présentation

Partant du constat que les lieux de passage se laissent difficilement appropriés par ceux qui les empruntent, nous avons souhaité rompre la neutralité et le silence intimidant de l’immense vestibule desservant les espaces d’exposition du musée. Commande a donc été passée à l’artiste Rémy Bosquère d’une œuvre praticable et joyeuse qui saurait muer cet espace de transition en un lieu de rencontre. La réponse de l’artiste sera celle d’une rencontre insolite avec l’art, d’une mise en abîme du musée, des accrochages de sa collection. L’installation Practice revisite ainsi une certaine histoire de l’art et bouscule le symbole d’autorité savante que représente le musée. Utopique et subversive, Practice est le fruit, à moins que ce ne soit le ver dans le fruit, d’un joueur de dissonances.

En 1998, Rémy Bosquère, diplômé des Beaux-Arts de Montpellier, investit le tribunal d’instance de Sète. Son exposition occupe subtilement tout l’espace, disséminant avec ironie d’incongrus artefacts sur les murs de la salle d’audience. Un décorum de rideaux en arrière-plan du président de séance, la sévérité d’un buste de plâtre travestie par l’ajout d’une barbe vaporeuse et blanche, des effigies de Marianne remaniées insufflent ambiguïté et étrangeté à ce lieu d’autorité. En fond de salle, textes, affiches, horloges et calendriers postaux mêlent la mièvrerie heureuse d’un intérieur domestique à la solennité épurée du lieu de loi. Cette appropriation du site ne revêt pourtant aucune volonté de scénariser à outrance le décor, mais plutôt le perturber et alléger sa charge d’autorité.

L’occupation et l’anomalie seront dès lors un des modes de l’artiste. S’approprier les codes et les lieux pour mieux les déjouer. Interroger la légitimité du pouvoir. S’affranchir d’espaces sociaux par trop normalisés. Et, par conséquent, se soustraire aux sites spécifiques de l’exposition.

Rémy Bosquère décide ainsi en 1999 d’intervenir dans la coulisse de l’art, dans le bureau d’un directeur de Frac, et choisit celui d’Ami Barak, alors directeur du Frac Languedoc-Roussillon. De janvier 1999 à mai 2000, il s’immisce dans ce lieu de travail et, cinq fois, l’aménage pour une durée de deux à trois mois. Chaque interférence se cristallise autour de la table de travail, meublant la conversation de briques réfractaires, coupes sportives, duvets de camping, affiches plissées, boîtes archives, rideaux industriels, jusqu’à l’aberration d’une table en tôle de bardage, cylindrique, à la limite de l’utilisable. En déplaçant l’art, de la scène à la coulisse, une négation des ressorts de l’exposition s’opère : ni carton d’invitation, ni affiche, pas de vernissage, un public limité aux seuls rendez-vous du directeur. Leur offrir une bonne table, ou, en guise de tapis, la table des matières. Déjouer la quadruple logique créative : artiste-directeur-institution-public.

Les interventions suivantes de l’artiste confirmeront cet art d’attitude : une portion d’escalier plutôt que la salle d’exposition attenante (2000, La Vigie, Nîmes) ; une table de conférence pour déjouer par l’exposition le processus d’un concours artistique (2001, Credac, Ivry-sur-Seine) ; une table de jeu en acier galvanisé pour exaucer les voeux (2004, Foire Saint-Sulpice, Paris) ; une étoile offerte au ciel par l’extrémité d’un porte-drapeau (2004, Nuit Blanche, Nîmes) ; une assemblée de chaises percées, mais lumineuses, pour faire le siège de la pensée déliquescente (2005, Le pavé dans la mare, Saline Royale d’Arc et Senans) ; l’angoissant environnement sonore de notre quotidien intime et domestique (2006, Centre des arts, Enghien-les-Bains)…
Un ancrage formel qui ne saurait évacuer le recours aux listes, ces syntaxes simplifiées, orales ou écrites, interminables et entêtantes. Ce sont des textes objectifs (sommaires, tables des matières, menus), qui, dans leur énumération sérielle, dé-hiérarchisent tout contenu informel. Rémy Bosquère en fait un métalangage, établit une forme de méfiance à l’égard de tout texte discursif.

Un exemple ? Composez le 01 83 64 05 19 et faites l’expérience du Manifeste panéliste !

Aujourd’hui, Rémy Bosquère investit sur invitation le vestibule du MAC/VAL. Il nous propose une nouvelle occupation dont la forme n’est pas sans évoquer un minigolf, ce populaire loisir estival, comme un écho amusé à l’exposition « Itinéraire bis ». Les neuf parcours de l’installation sont ainsi neuf voies initiatiques permettant à chacun, sur un mode participatif et généreux, de relire les règles du jeu mais plus encore d’inventer ses règles de l’art.

#Rémy Bosquère

« Practice », 2011
Photo © André Morin

 

Rémy Bosquère

« Practice », 2011
Photo © André Morin