MACVAL

Le MACVAL est ouvert tous les jours de la semaine sauf le lundi:
du mardi au vendredi de 10 h à 18 h
le week-end et jours fériés de 12 h à 19 h.

Fermeture les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.

tél. : 01 43 91 64 20
fax : 01 79 86 16 57

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Manif d’art – La biennale de Québec

Présentation d’œuvres exposées à l’occasion de la huitième édition de Manif d’art– La biennale de Québec, qui s’est tenue du 17 février au 14 mai 2017 et dont Alexia Fabre, Conservatrice en chef du MAC VAL, a assuré le commissariat.
Vendredi 20 octobre 2017, 18h30

Présentation

Présentation d’œuvres exposées à l’occasion de la huitième édition de Manif d’art– La biennale de Québec, qui s’est tenue du 17 février au 14 mai 2017 et dont Alexia Fabre, Conservatrice en chef du MAC VAL, a assuré le commissariat.
Biennale majeure en art actuel sur la scène canadienne, Manif d’art – La biennale de Québec a présenté le travail de plus de 100 artistes provenant de tous horizons, notamment québécois, canadiens et français autour de la thématique de l’Art de la joie.

Une sélection de 5 artistes est présentée au MAC VAL, au sein de l’exposition des œuvres de la collection « Sans réserve » :
- Jordan Bennett, Herd : Heard
- Jacynthe Carrier et l’Orchestre d’hommes-orchestres, Parade
- Chun Hua Catherine Dong, Husbands and I
- Jocelyn Robert, L’il y a
- Mathieu Valade, Mathieu Valade Manifeste

Projet réalisé en collaboration avec Manif d’art – La biennale de Québec

Jordan Bennett

Jordan Bennett : né à Stephenville Crossing, au Canada. Vit et travaille à Stephenville Crossing, au Canada.

Artiste multidisciplinaire de la nation micmaque, Jordan Bennett s’inspire de la culture historique et populaire, des nouveaux médias, de l’artisanat traditionnel et de la politique afin de créer des œuvres à la fois intimes et engagées. L’installation Herd : Heard s’inscrit dans ses recherches récentes qui, puisant dans une imagerie issue de l’histoire et des traditions autochtones, explorent des enjeux concernant l’ensemble de la société contemporaine.

Sur les murs de la galerie du centre Regart est projetée une vidéo des vastes paysages terre-neuviens. On y aperçoit un troupeau de caribous au cœur d’une tempête de neige. Au sol est érigée une réplique d’une clôture de rabattage que les Béothuks utilisaient traditionnellement pour la chasse. Cet enclos de fortune était conçu afin d’obstruer la route migratoire des caribous. Pour ce faire, des bandes d’écorce de bouleau étaient fixées aux extrémités supérieures de la structure, créant une sorte de carillon que le souffle du vent faisait résonner. Le son ainsi produit effrayait les bêtes qui s’étaient aventurées dans le piège, les dissuadant alors de s’en échapper. Enfin, au fond de la galerie, on découvre une labradorite. Cette pierre précieuse aux éclats multicolores est partiellement recouverte d’ocre rouge, une substance que les Béothuks et les Micmacs utilisent notamment comme symbole de protection lors de certains rites.

L’installation Herd : Heard entraîne le spectateur dans un univers aux frontières du mythe et de la réalité. Un voyage méditatif, presque mystique, où le thème de l’art de la joie est abordé comme une quête personnelle, une affirmation identitaire à la fois enracinée dans le passé et tournée vers l’avenir. L’œuvre suggère une réflexion sur les notions de passage et de transmission : l’artiste raconte une histoire non seulement de chasse, mais aussi de communion avec la nature, de respect, d’espoir et de partage.

Jordan Bennett est titulaire d’un baccalauréat en arts du Sir Wilfred Grenfell College (Terre-Neuve-et-Labrador) et d’une maîtrise en arts visuels de l’Université de la Colombie-Britannique. Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions individuelles, notamment, en 2014, au centre Trinity Square Video (Toronto) et au Royal Melbourne Institute of Technology. En plus d’avoir participé à de nombreuses expositions collectives en Amérique du Nord et en Europe, Bennett a représenté Terre-Neuve-et-Labrador à la Biennale de Venise en 2015. Nommé artiste de l’année par le Conseil des arts de Terre-Neuve-et-Labrador en 2014, il a également fait partie de la liste préliminaire du prix Sobey pour les arts en 2015 et en 2016.

Anne-Sophie Blanchet, extrait du catalogue de Manif d’art 8 – La biennale de Québec
jordanbennett.ca


Jordan Bennett, Herd :Heard, 2016-2017
Jordan Bennett, Herd :Heard, 2016-2017.
Installation et projection vidéo.
Bois, écorces d’arbre, labradorite, corde, ventilateurs, dimensions variables, 35’19’’(en boucle).
Photo © Renaud Philippe/KAHEM.
Œuvre présentée dans le cadre de Manif d’art 8 – La biennale de Québec.

Jacynthe Carrier et l’Orchestre d’hommes-orchestres

Jacynthe Carrier : née à Lévis, au Canada. Vit et travaille à Québec, au Canada.
LODHO : collectif fondé en 2002. Basé à Québec, au Canada.

L’artiste visuelle Jacynthe Carrier et le collectif L’orchestre d’hommes-orchestres (LODHO) travaillent tous deux le vivant, le mouvement et le territoire. Les œuvres qui en résultent prennent cependant des formes très différentes : la première compose des tableaux vivants qu’elle transpose en productions vidéographiques empreintes d’une langueur et d’une mélancolie douces-amères ; le second crée des happenings où s’amalgament musique et performance.

L’œuvre Parade mêle habilement les univers esthétiques de Jacynthe Carrier et de LODHO. Elle prend la forme d’une installation vidéo mettant en scène une trentaine de personnes qui, à l’été 2013, ont pris possession d’un petit lopin en friche le temps d’un énigmatique rituel, sans destination ni objectif apparents. Cette procession multicolore évoque autant la parade que l’exil, la fête que l’effort, la joie que la désolation. L’allure solennelle des protagonistes, le rythme ralenti de leur marche et la trame sonore à la fois grave et foraine contribuent à créer une célébration tranquille, peut-être même trop tranquille. Les artistes jouent ainsi avec les codes et les conventions du festif (défilé, rassemblement, carnaval, maquillage et costumes) pour mieux les détourner.

À la fois parade, manifestation et procession ; performance, vidéo et installation, l’œuvre apparaît comme un collage bigarré, une palette de couleurs et d’états d’âme qui laisse toute la place à l’interprétation de chacun. En s’imprégnant de cet univers équivoque, on tente de découvrir l’origine de cette intrigante déambulation, la raison qui a réuni tous ces personnages et les sentiments qui les habitent. Dès lors, l’œuvre se fait un peu le miroir de celui qui la contemple, ne révélant que ce que le spectateur souhaite y projeter.

Jacynthe Carrier est titulaire d’une maîtrise de l’Université Concordia. Elle a présenté son travail dans des expositions individuelles et collectives au Québec et au Canada. Ses œuvres font notamment partie des collections du Musée national des beaux-arts du Québec et du Musée d’art contemporain de Montréal. Carrier est représentée par la Galerie Antoine Ertaskiran (Montréal).
L’orchestre d’hommes-orchestres est un collectif d’artistes dont le noyau est formé par Bruno Bouchard, Gabrielle Bouthillier, Jasmin Cloutier, Simon Drouin, Simon Elmaleh et Danya Ortmann. Il a réalisé plus d’une dizaine de productions pour la scène et pour l’espace public. Le collectif a aussi donné plus de 400 représentations dans une quinzaine de pays en Amérique, en Europe et en Océanie. Il a reçu le prix Glenn-Gould Protégé de la Ville de Toronto en 2013 et le prix Ville de Québec en 2015.

Anne-Sophie Blanchet, extrait du catalogue de Manif d’art 8 – La biennale de Québec
jacynthecarrier.com
lodho.com


Jacynthe Carrier et L'Ochestre d'hommes-orchestres, Parade, 2014-2016
Jacynthe Carrier et L’Ochestre d’hommes-orchestres, Parade, 2014-2016.
Installation vidéo, dimensions variables, 57’8’’ (en boucle).
Photo © Idra Labrie/MNBAQ.
Œuvre présentée dans le cadre de Manif d’art 8 – La biennale de Québec.

Chun Hua Catherine Dong

Chun Hua Catherine Dong : née à Yueyang, en Chine. Vit et travaille à Montréal, au Canada.

L’artiste d’origine chinoise Chun Hua Catherine Dong utilise le corps – le plus souvent le sien – comme matière première de ses créations et point de départ d’une réflexion sur plusieurs enjeux fondamentaux tels que l’immigration, l’ethnicité et la notion de genre.

L’œuvre Husband and I est un projet relevant à la fois de la performance, de la photographie, de la vidéo et de l’installation. Celui-ci s’amorce en 2009 alors que l’artiste, vêtue d’une robe traditionnelle chinoise, interpelle des hommes occidentaux dans les rues de Vancouver afin qu’ils acceptent de devenir « son mari pour une minute », le temps d’une photographie avec elle. Plus tard, en 2010, Dong publie une petite annonce où elle se présente comme « une femme artiste d’origine exotique, asiatique de surcroît, d’agréable compagnie, à la recherche d’un mari blanc qui accepterait de l’accueillir à son domicile et de faire vie commune durant une journée ».

L’installation exposée au théâtre Périscope est donc le fruit de ce projet de longue haleine. L’œuvre puise son inspiration dans l’expérience personnelle de l’artiste, mais cherche également à transposer une réalité partagée par plusieurs individus qui, comme elle, ont quitté leur pays natal pour s’établir ailleurs. Avec humour, Dong s’attache non seulement à reconfigurer les rapports hommes/femmes, natifs/immigrants, mais aussi à interroger les codes et les stéréotypes qui entourent la figure de l’étranger – notamment la femme asiatique – dans la culture occidentale. Ainsi, par cette œuvre, elle met en scène sa quête – peut-être un peu naïve, mais empreinte d’espoir – pour trouver l’amour et la joie, développer un sentiment d’appartenance et s’affirmer en conservant ses racines culturelles, tout en demeurant ouverte à celles de l’Autre.

Chun Hua Catherine Dong détient un baccalauréat de la Emily Carr University of Art and Design et une maîtrise de l’Université Concordia. Elle a été invitée à réaliser ses performances dans de multiples festivals et manifestations artistiques à travers le monde, notamment au Rapid Pulse International Performance Art Festival (Chicago), au Infr’Action Venezia (Venise) et au Great American Performance Art Festival (New York). Ses vidéos et ses installations ont également fait l’objet de plusieurs expositions solos d’un bout à l’autre du Canada. Lauréate de nombreuses bourses et distinctions, elle a notamment reçu le Franklin Furnace Award for contemporary avant-garde art à New York en 2014.

Anne-Sophie Blanchet, extrait du catalogue de Manif d’art 8 – La biennale de Québec
chunhuacatherinedong.com


Chun Hua Catherine Dong, Husbands and I, 2009-2011
Chun Hua Catherine Dong, Husbands and I, 2009-2011.
Performance et installation vidéo, dimensions variables.
Œuvre présentée dans le cadre de Manif d’art 8 – La biennale de Québec.

Jocelyn Robert (en collaboration avec Avatar)

Jocelyn Robert : né à Québec, au Canada. Vit et travaille à Québec, au Canada.

Jocelyn Robert est un artiste multidisciplinaire dont la pratique se déploie notamment à travers l’art audio, les arts médiatiques, la performance et l’installation. La question du temps et la notion de métamorphose sont au cœur de ses recherches actuelles. Fasciné par le flux incessant d’informations et d’illustrations qui circule dans la société contemporaine, l’artiste crée des images palimpsestes, c’est-à-dire composées d’une superposition de plusieurs couches de représentations en transparence.
Au confluent de la photographie et de la vidéo, l’œuvre L’il y a, que l’on peut apercevoir sur la façade aveugle du Séminaire de Québec, est un autoportrait où s’accumulent lentement d’autres visages provenant de différentes banques d’images numériques. Dans un mouvement tellement ralenti qu’il en devient presque imperceptible, la face de l’artiste se modifie au fil du temps et des images qui s’y ajoutent.

À travers l’incommensurable somme de représentations qui peuplent les mondes réel et virtuel, Robert interroge la manière dont l’identité se construit et se transforme. Seuil de celle-ci, le visage est cette interface par laquelle l’individu se fait connaître et reconnaître. S’y accumulent les marques du temps et les influences de la société à laquelle chaque individu appartient. Il porte à la fois les traits de notre unicité et les repères que l’Histoire fournit à nos concitoyens pour qu’ils nous identifient. L’œuvre L’il y a offre au spectateur un regard sur la fragilité de l’identité d’un seul homme, somme éphémère de celle des autres.

Jocelyn Robert détient un baccalauréat en architecture de l’Université Laval et une maîtrise en arts visuels de l’Université de Stanford. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions individuelles et collectives à travers le monde. L’artiste a aussi réalisé plusieurs concerts et performances, tant au Canada qu’à l’étranger. Il est l’un des fondateurs de la coopérative Méduse et du centre d’artistes Avatar, à Québec. Ses œuvres font partie de collections privées et publiques, notamment celles du Musée des beaux-arts de Nantes et du Musée national des beaux-arts du Québec. Il est aujourd’hui directeur de l’École d’art de l’Université Laval.

Anne-Sophie Blanchet, extrait du catalogue de Manif d’art 8 – La biennale de Québec
jocelynrobert.com


Jocelyn Robert, L'il y a, 2016-2017
Jocelyn Robert, L’il y a, 2016-2017.
Vidéo, 45’ environ (en boucle).
Photo © Renaud Philippe/KAHEM.
Œuvre présentée dans le cadre de Manif d’art 8 – La biennale de Québec.

Mathieu Valade

Mathieu Valade : Né à Salaberry-de-Valleyfield, au Canada. Vit et travaille à Chicoutimi, au Canada.

La pratique de Mathieu Valade s’articule principalement autour de la sculpture et du dessin. Dans ses œuvres, il explore les rapports entre des formes simples et les images qu’elles peuvent évoquer une fois détournées. Considérant l’objet artistique comme un artifice, Valade crée des représentations dont les clés de lecture ne sont jamais complètement données. Ces créations nous invitent à faire un « saut dans l’illusion », sachant que ce qui se trouve devant nos yeux n’est jamais tout à fait ce qui semble être : ce n’est qu’à travers un exercice d’association de signes que l’œuvre révèle son véritable sens.

L’installation Manifeste est constituée d’une série de vidéos où l’on peut lire, sur fond de ciel étoilé, plusieurs des grands manifestes artistiques de l’époque moderne. En projetant tous ces textes dans un univers esthétique inspiré de La Guerre des étoiles de George Lucas, l’artiste crée un amalgame étrange, voire un peu grotesque. Toutefois, derrière ces artifices s’articule un discours pourtant loin d’être puéril.

Devant cette multiplication de revendications, de dénonciations et de prises de position, on décèle un dénominateur commun : une quête de liberté – celle de l’artiste, bien sûr, mais également celle du spectateur, qui est alors invité à jouer un rôle plus actif, à se montrer plus critique, plus curieux aussi, par rapport aux grands préceptes qui régissent la société dans laquelle il évolue.

Mathieu Valade est titulaire d’un baccalauréat de l’Université du Québec à Montréal et d’une maîtrise de l’Université Laval. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions solos et collectives, notamment au Canada, au Brésil, en France et en Bosnie-Herzégovine. L’artiste a aussi réalisé des œuvres d’art public dans différentes villes du Québec. Ses créations figurent dans plusieurs collections privées et publiques, dont celles du Musée national des beaux-arts du Québec et du Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul. Valade est représenté par la Galerie 3 (Québec).

Anne-Sophie Blanchet, extrait du catalogue de Manif d’art 8 – La biennale de Québec
mathieuvalade.com


Mathieu Valade, Mathieu Valade Manifeste, 2015
Mathieu Valade, Mathieu Valade Manifeste, 2015.
Installation vidéo, 12 écrans numériques, trame sonore, 53 x 91 cm (chacun).
Photo © Idra Labrie/MNBAQ.
Œuvre présentée dans le cadre de Manif d’art 8 – La biennale de Québec.

Partenaires









Présentation

Présentation d’œuvres exposées à l’occasion de la huitième édition de Manif d’art– La biennale de Québec, qui s’est tenue du 17 février au 14 mai 2017 et dont Alexia Fabre, Conservatrice en chef du MAC VAL, a assuré le commissariat.
Biennale majeure en art actuel sur la scène canadienne, Manif d’art – La biennale de Québec a présenté le travail de plus de 100 artistes provenant de tous horizons, notamment québécois, canadiens et français autour de la thématique de l’Art de la joie.

Une sélection de 5 artistes est présentée au MAC VAL, au sein de l’exposition des œuvres de la collection « Sans réserve » :
- Jordan Bennett, Herd : Heard
- Jacynthe Carrier et l’Orchestre d’hommes-orchestres, Parade
- Chun Hua Catherine Dong, Husbands and I
- Jocelyn Robert, L’il y a
- Mathieu Valade, Mathieu Valade Manifeste

Projet réalisé en collaboration avec Manif d’art – La biennale de Québec

Jordan Bennett

Jordan Bennett : né à Stephenville Crossing, au Canada. Vit et travaille à Stephenville Crossing, au Canada.

Artiste multidisciplinaire de la nation micmaque, Jordan Bennett s’inspire de la culture historique et populaire, des nouveaux médias, de l’artisanat traditionnel et de la politique afin de créer des œuvres à la fois intimes et engagées. L’installation Herd : Heard s’inscrit dans ses recherches récentes qui, puisant dans une imagerie issue de l’histoire et des traditions autochtones, explorent des enjeux concernant l’ensemble de la société contemporaine.

Sur les murs de la galerie du centre Regart est projetée une vidéo des vastes paysages terre-neuviens. On y aperçoit un troupeau de caribous au cœur d’une tempête de neige. Au sol est érigée une réplique d’une clôture de rabattage que les Béothuks utilisaient traditionnellement pour la chasse. Cet enclos de fortune était conçu afin d’obstruer la route migratoire des caribous. Pour ce faire, des bandes d’écorce de bouleau étaient fixées aux extrémités supérieures de la structure, créant une sorte de carillon que le souffle du vent faisait résonner. Le son ainsi produit effrayait les bêtes qui s’étaient aventurées dans le piège, les dissuadant alors de s’en échapper. Enfin, au fond de la galerie, on découvre une labradorite. Cette pierre précieuse aux éclats multicolores est partiellement recouverte d’ocre rouge, une substance que les Béothuks et les Micmacs utilisent notamment comme symbole de protection lors de certains rites.

L’installation Herd : Heard entraîne le spectateur dans un univers aux frontières du mythe et de la réalité. Un voyage méditatif, presque mystique, où le thème de l’art de la joie est abordé comme une quête personnelle, une affirmation identitaire à la fois enracinée dans le passé et tournée vers l’avenir. L’œuvre suggère une réflexion sur les notions de passage et de transmission : l’artiste raconte une histoire non seulement de chasse, mais aussi de communion avec la nature, de respect, d’espoir et de partage.

Jordan Bennett est titulaire d’un baccalauréat en arts du Sir Wilfred Grenfell College (Terre-Neuve-et-Labrador) et d’une maîtrise en arts visuels de l’Université de la Colombie-Britannique. Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions individuelles, notamment, en 2014, au centre Trinity Square Video (Toronto) et au Royal Melbourne Institute of Technology. En plus d’avoir participé à de nombreuses expositions collectives en Amérique du Nord et en Europe, Bennett a représenté Terre-Neuve-et-Labrador à la Biennale de Venise en 2015. Nommé artiste de l’année par le Conseil des arts de Terre-Neuve-et-Labrador en 2014, il a également fait partie de la liste préliminaire du prix Sobey pour les arts en 2015 et en 2016.

Anne-Sophie Blanchet, extrait du catalogue de Manif d’art 8 – La biennale de Québec
jordanbennett.ca


Jordan Bennett, Herd :Heard, 2016-2017
Jordan Bennett, Herd :Heard, 2016-2017.
Installation et projection vidéo.
Bois, écorces d’arbre, labradorite, corde, ventilateurs, dimensions variables, 35’19’’(en boucle).
Photo © Renaud Philippe/KAHEM.
Œuvre présentée dans le cadre de Manif d’art 8 – La biennale de Québec.

Jacynthe Carrier et l’Orchestre d’hommes-orchestres


Jacynthe Carrier : née à Lévis, au Canada. Vit et travaille à Québec, au Canada.
LODHO : collectif fondé en 2002. Basé à Québec, au Canada.

L’artiste visuelle Jacynthe Carrier et le collectif L’orchestre d’hommes-orchestres (LODHO) travaillent tous deux le vivant, le mouvement et le territoire. Les œuvres qui en résultent prennent cependant des formes très différentes : la première compose des tableaux vivants qu’elle transpose en productions vidéographiques empreintes d’une langueur et d’une mélancolie douces-amères ; le second crée des happenings où s’amalgament musique et performance.

L’œuvre Parade mêle habilement les univers esthétiques de Jacynthe Carrier et de LODHO. Elle prend la forme d’une installation vidéo mettant en scène une trentaine de personnes qui, à l’été 2013, ont pris possession d’un petit lopin en friche le temps d’un énigmatique rituel, sans destination ni objectif apparents. Cette procession multicolore évoque autant la parade que l’exil, la fête que l’effort, la joie que la désolation. L’allure solennelle des protagonistes, le rythme ralenti de leur marche et la trame sonore à la fois grave et foraine contribuent à créer une célébration tranquille, peut-être même trop tranquille. Les artistes jouent ainsi avec les codes et les conventions du festif (défilé, rassemblement, carnaval, maquillage et costumes) pour mieux les détourner.

À la fois parade, manifestation et procession ; performance, vidéo et installation, l’œuvre apparaît comme un collage bigarré, une palette de couleurs et d’états d’âme qui laisse toute la place à l’interprétation de chacun. En s’imprégnant de cet univers équivoque, on tente de découvrir l’origine de cette intrigante déambulation, la raison qui a réuni tous ces personnages et les sentiments qui les habitent. Dès lors, l’œuvre se fait un peu le miroir de celui qui la contemple, ne révélant que ce que le spectateur souhaite y projeter.

Jacynthe Carrier est titulaire d’une maîtrise de l’Université Concordia. Elle a présenté son travail dans des expositions individuelles et collectives au Québec et au Canada. Ses œuvres font notamment partie des collections du Musée national des beaux-arts du Québec et du Musée d’art contemporain de Montréal. Carrier est représentée par la Galerie Antoine Ertaskiran (Montréal).
L’orchestre d’hommes-orchestres est un collectif d’artistes dont le noyau est formé par Bruno Bouchard, Gabrielle Bouthillier, Jasmin Cloutier, Simon Drouin, Simon Elmaleh et Danya Ortmann. Il a réalisé plus d’une dizaine de productions pour la scène et pour l’espace public. Le collectif a aussi donné plus de 400 représentations dans une quinzaine de pays en Amérique, en Europe et en Océanie. Il a reçu le prix Glenn-Gould Protégé de la Ville de Toronto en 2013 et le prix Ville de Québec en 2015.

Anne-Sophie Blanchet, extrait du catalogue de Manif d’art 8 – La biennale de Québec
jacynthecarrier.com
lodho.com


Jacynthe Carrier et L'Ochestre d'hommes-orchestres, Parade, 2014-2016
Jacynthe Carrier et L’Ochestre d’hommes-orchestres, Parade, 2014-2016.
Installation vidéo, dimensions variables, 57’8’’ (en boucle).
Photo © Idra Labrie/MNBAQ.
Œuvre présentée dans le cadre de Manif d’art 8 – La biennale de Québec.

Chun Hua Catherine Dong

Chun Hua Catherine Dong : née à Yueyang, en Chine. Vit et travaille à Montréal, au Canada.

L’artiste d’origine chinoise Chun Hua Catherine Dong utilise le corps – le plus souvent le sien – comme matière première de ses créations et point de départ d’une réflexion sur plusieurs enjeux fondamentaux tels que l’immigration, l’ethnicité et la notion de genre.

L’œuvre Husband and I est un projet relevant à la fois de la performance, de la photographie, de la vidéo et de l’installation. Celui-ci s’amorce en 2009 alors que l’artiste, vêtue d’une robe traditionnelle chinoise, interpelle des hommes occidentaux dans les rues de Vancouver afin qu’ils acceptent de devenir « son mari pour une minute », le temps d’une photographie avec elle. Plus tard, en 2010, Dong publie une petite annonce où elle se présente comme « une femme artiste d’origine exotique, asiatique de surcroît, d’agréable compagnie, à la recherche d’un mari blanc qui accepterait de l’accueillir à son domicile et de faire vie commune durant une journée ».

L’installation exposée au théâtre Périscope est donc le fruit de ce projet de longue haleine. L’œuvre puise son inspiration dans l’expérience personnelle de l’artiste, mais cherche également à transposer une réalité partagée par plusieurs individus qui, comme elle, ont quitté leur pays natal pour s’établir ailleurs. Avec humour, Dong s’attache non seulement à reconfigurer les rapports hommes/femmes, natifs/immigrants, mais aussi à interroger les codes et les stéréotypes qui entourent la figure de l’étranger – notamment la femme asiatique – dans la culture occidentale. Ainsi, par cette œuvre, elle met en scène sa quête – peut-être un peu naïve, mais empreinte d’espoir – pour trouver l’amour et la joie, développer un sentiment d’appartenance et s’affirmer en conservant ses racines culturelles, tout en demeurant ouverte à celles de l’Autre.

Chun Hua Catherine Dong détient un baccalauréat de la Emily Carr University of Art and Design et une maîtrise de l’Université Concordia. Elle a été invitée à réaliser ses performances dans de multiples festivals et manifestations artistiques à travers le monde, notamment au Rapid Pulse International Performance Art Festival (Chicago), au Infr’Action Venezia (Venise) et au Great American Performance Art Festival (New York). Ses vidéos et ses installations ont également fait l’objet de plusieurs expositions solos d’un bout à l’autre du Canada. Lauréate de nombreuses bourses et distinctions, elle a notamment reçu le Franklin Furnace Award for contemporary avant-garde art à New York en 2014.

Anne-Sophie Blanchet, extrait du catalogue de Manif d’art 8 – La biennale de Québec
chunhuacatherinedong.com


Chun Hua Catherine Dong, Husbands and I, 2009-2011
Chun Hua Catherine Dong, Husbands and I, 2009-2011.
Performance et installation vidéo, dimensions variables.
Œuvre présentée dans le cadre de Manif d’art 8 – La biennale de Québec.

Jocelyn Robert (en collaboration avec Avatar)

Jocelyn Robert : né à Québec, au Canada. Vit et travaille à Québec, au Canada.

Jocelyn Robert est un artiste multidisciplinaire dont la pratique se déploie notamment à travers l’art audio, les arts médiatiques, la performance et l’installation. La question du temps et la notion de métamorphose sont au cœur de ses recherches actuelles. Fasciné par le flux incessant d’informations et d’illustrations qui circule dans la société contemporaine, l’artiste crée des images palimpsestes, c’est-à-dire composées d’une superposition de plusieurs couches de représentations en transparence.
Au confluent de la photographie et de la vidéo, l’œuvre L’il y a, que l’on peut apercevoir sur la façade aveugle du Séminaire de Québec, est un autoportrait où s’accumulent lentement d’autres visages provenant de différentes banques d’images numériques. Dans un mouvement tellement ralenti qu’il en devient presque imperceptible, la face de l’artiste se modifie au fil du temps et des images qui s’y ajoutent.

À travers l’incommensurable somme de représentations qui peuplent les mondes réel et virtuel, Robert interroge la manière dont l’identité se construit et se transforme. Seuil de celle-ci, le visage est cette interface par laquelle l’individu se fait connaître et reconnaître. S’y accumulent les marques du temps et les influences de la société à laquelle chaque individu appartient. Il porte à la fois les traits de notre unicité et les repères que l’Histoire fournit à nos concitoyens pour qu’ils nous identifient. L’œuvre L’il y a offre au spectateur un regard sur la fragilité de l’identité d’un seul homme, somme éphémère de celle des autres.

Jocelyn Robert détient un baccalauréat en architecture de l’Université Laval et une maîtrise en arts visuels de l’Université de Stanford. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions individuelles et collectives à travers le monde. L’artiste a aussi réalisé plusieurs concerts et performances, tant au Canada qu’à l’étranger. Il est l’un des fondateurs de la coopérative Méduse et du centre d’artistes Avatar, à Québec. Ses œuvres font partie de collections privées et publiques, notamment celles du Musée des beaux-arts de Nantes et du Musée national des beaux-arts du Québec. Il est aujourd’hui directeur de l’École d’art de l’Université Laval.

Anne-Sophie Blanchet, extrait du catalogue de Manif d’art 8 – La biennale de Québec
jocelynrobert.com


Jocelyn Robert, L'il y a, 2016-2017
Jocelyn Robert, L’il y a, 2016-2017.
Vidéo, 45’ environ (en boucle).
Photo © Renaud Philippe/KAHEM.
Œuvre présentée dans le cadre de Manif d’art 8 – La biennale de Québec.

Mathieu Valade

Mathieu Valade : Né à Salaberry-de-Valleyfield, au Canada. Vit et travaille à Chicoutimi, au Canada.

La pratique de Mathieu Valade s’articule principalement autour de la sculpture et du dessin. Dans ses œuvres, il explore les rapports entre des formes simples et les images qu’elles peuvent évoquer une fois détournées. Considérant l’objet artistique comme un artifice, Valade crée des représentations dont les clés de lecture ne sont jamais complètement données. Ces créations nous invitent à faire un « saut dans l’illusion », sachant que ce qui se trouve devant nos yeux n’est jamais tout à fait ce qui semble être : ce n’est qu’à travers un exercice d’association de signes que l’œuvre révèle son véritable sens.

L’installation Manifeste est constituée d’une série de vidéos où l’on peut lire, sur fond de ciel étoilé, plusieurs des grands manifestes artistiques de l’époque moderne. En projetant tous ces textes dans un univers esthétique inspiré de La Guerre des étoiles de George Lucas, l’artiste crée un amalgame étrange, voire un peu grotesque. Toutefois, derrière ces artifices s’articule un discours pourtant loin d’être puéril.

Devant cette multiplication de revendications, de dénonciations et de prises de position, on décèle un dénominateur commun : une quête de liberté – celle de l’artiste, bien sûr, mais également celle du spectateur, qui est alors invité à jouer un rôle plus actif, à se montrer plus critique, plus curieux aussi, par rapport aux grands préceptes qui régissent la société dans laquelle il évolue.

Mathieu Valade est titulaire d’un baccalauréat de l’Université du Québec à Montréal et d’une maîtrise de l’Université Laval. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions solos et collectives, notamment au Canada, au Brésil, en France et en Bosnie-Herzégovine. L’artiste a aussi réalisé des œuvres d’art public dans différentes villes du Québec. Ses créations figurent dans plusieurs collections privées et publiques, dont celles du Musée national des beaux-arts du Québec et du Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul. Valade est représenté par la Galerie 3 (Québec).

Anne-Sophie Blanchet, extrait du catalogue de Manif d’art 8 – La biennale de Québec
mathieuvalade.com


Mathieu Valade, Mathieu Valade Manifeste, 2015
Mathieu Valade, Mathieu Valade Manifeste, 2015.
Installation vidéo, 12 écrans numériques, trame sonore, 53 x 91 cm (chacun).
Photo © Idra Labrie/MNBAQ.
Œuvre présentée dans le cadre de Manif d’art 8 – La biennale de Québec.

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# Visuel

Jocelyn Robert, L’il y a, 2016-2017.
Vidéo, 45’ environ (en boucle).
Photo © Renaud Philippe/KAHEM.
Œuvre présentée dans le cadre de Manif d’art 8 – La biennale de Québec.

 

Visuel

Jocelyn Robert, L’il y a, 2016-2017.
Vidéo, 45’ environ (en boucle).
Photo © Renaud Philippe/KAHEM.
Œuvre présentée dans le cadre de Manif d’art 8 – La biennale de Québec.