Projets en cours

Agnieszka Ryszkiewicz

Avec et pour des détenues de la Maison d’Arrêt des Femmes de Fresnes

« La bibliothèque performée »

La bibliothèque performée – édition 2 est le second volet d’un projet de l’artiste et chorégraphe Agnieszka Ryszkiewicz mené avec et pour des groupes de détenues à la Maison d’Arrêt des Femmes de Fresnes. Cette seconde édition se déploie en une dizaine de rencontres pendant deux semaines.
La représentation de soi, les multiples facettes et histoires qui constituent chaque individu sont au cœur de ce projet. La bibliothèque performée est ainsi l’occasion de « poser et pratiquer la question des espaces de liberté, de poésie et de création de soi et de son intimité dans un quotidien qui est soumis à de strictes règles » (Agnieszka Ryszkiewicz).
Les séances s’organisent autour d’exercices corporels, de jeux d’acteur, de temps d’écritures et pratiques plastiques à partir du principe de collage. En parallèle, le groupe explore et discute la notion d’autoportrait en s’appuyant sur certaines œuvres artistiques et littéraires. In fine il s’agit de créer et présenter des soli, autoportraits performés où intimité, fiction, réinvention de soi s’entremêlent. Chacune est tour à tour performeuse et spectatrice au sein de la communauté éphémère en train de se créer.

Feda Wardak

Avec des collégien-ne-s de Vitry et de Boissy-Saint-Léger

« L’eau s’écoule où la gravité s’invite »

Un projet mené en collaboration avec Feda Wardak, architecte et membre de la plateforme Aman Iwan, dans le cadre de l’exposition Persona grata, présentée conjointement au MAC VAL et au Musée national de l’histoire de l’immigration du 16 octobre 2018 au 24 février 2019.
Nous avons invité Aman Iwan à collaborer tout l’hiver 2018-2019 avec l’unité pédagogique pour élève allophones arrivant (UP2A) du collège Jules Vallès de Vitry-sur-Seine et la classe de 4eC du collège Amédée Dunois de Boissy-Saint-Léger.
Au fil des différentes expérimentations impulsées par Feda Wardak, les élèves ont exploré et modélisé la notion d’espace de confiance, en lien avec la thématique centrale de Persona grata : l’hospitalité.
Cet atelier a donné lieu à une édition restituant le parcours à la fois intime et collectif, pour garder en mémoire et transmettre la richesse et la complexité des gestes vécus ensemble.

Fayçal Baghriche

Avec des étudiant-e-s de l’École Supérieure d’Art et de Design TALM-Tours

« Compactus »
Restitution pendant la Nuit européenne des musées, Samedi 18 mai 2019.

Restitution par les étudiants de l’École Supérieure d’Art et de Design TALM-Tours autour de cinq situations engageant la vie des œuvres : sélection, exposition, protection, extraction, description.

Dirigé par l’artiste Hélène Agofroy et l’historienne de l’art Sandra Delacourt, « L’œuvre exposée » est un programme de master développé à l’École Supérieure d’Art et de Design TALM-Tours. Moment déterminant de la vie d’une œuvre d’art, l’exposition n’est en effet qu’un instant de la relation si spécifique qui unit l’artiste, l’œuvre et le corps social. Quelle attention spécifique entre en jeu lorsque l’art se soustrait temporairement au regard ? Comment le musée peut-il intégrer l’impermanence des œuvres, leurs vulnérabilités ?

Avec Romane Ahbab, Quentin Biojoux, Titouan Duval, Alice Guiraud-Milandre, Liza Nunez, Anthony Sibin, Dimitri Zagorjewsky, en collaboration avec l’artiste Fayçal Baghriche.

Photos © Marc Domage

Gaëlle Choisne

Avec des étudiant-e-s de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de Grenoble

Workshop "Pratiques d’Hospitalités", janvier 2019.
« C’est comme si cette marche comblait le vide créé par les musées ».

Restitution de l’atelier mené par les étudiant-e-s de l’ESAD Grenoble avec Gaëlle Choisne et la plateforme de recherche Pratiques d’Hospitalité, coordonnée par Katia Schneller et Simone Frangi de l’ESAD Grenoble (Ecole supérieure d’art et de design) en écho à l’exposition « Persona grata », organisée conjointement par le Palais de la Porte dorée - Musée national de l’histoire de l’immigration et le MAC VAL, 16 août 2018 – 20 janvier 2019.

Avec Fanny Souade Sow, Miru Kim, Binta Diaw, Lena Longefay, Léa Laforest, Yanireth Jimenez Torres, Laura Villena, étudiantes à l’ESAD Grenoble.
La restitution a eu lieu le dimanche 13 janvier 2019, de 12h à 17h. Elle a pris la forme d’une marche qui reliait le Palais de la Porte dorée, Paris 12e au MAC VAL, situé Place de la Libération à Vitry-sur-Seine (94). Les lieux et ce qu’ils portent comme traces de l’histoire ont été investis et questionnés par différentes interventions : performances, lectures, gestes collectifs. En voici, succinctement résumés, les différents moments :
- Visite collective de l’exposition « Persona grata » au Musée national de l’histoire de l’immigration (MNHI).
- Lecture par Miru Kim de "De l’usage de la colère : la réponse des femmes au racisme" d’Audre Lorde (1981) devant les décors du forum du Palais, qui datent de l’exposition coloniale de 1931.
- Performance de Fanny Souade Sow sur le monument de la Mission Marchand qui commémore la mission Congo-Nil de 1896.
- Lecture par Léa Laforest de « Cry we united », en face de Chinagora, complexe immobilier construit à Alfortville en 1992 par un accord avec le gouvernement chinois. « Cry we united » est extrait de Verses of a Nameless Land de Patricia Reed.
- En attendant le bus, lecture par Lena Longefay d’un texte qu’elle a écrit : "C’est la tempête".
- Dans le bus, lecture par Binta Diaw de "Lettre à la république", chanson de Kerry James.
- Au MAC VAL, après la visite de l’exposition « Persona grata », installation du patchwork dans le hall d’accueil du musée pour un thé convivial. Les visiteurs présents sont invités à s’assoir et à partager ce moment de convivialité. Un texte collectif est joint en pdf. Il reflète l’élaboration et les formes choisies pour la journée de restitution.

Texte collectif
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Jérôme Poret

Avec des adolescents du SESSAD de Vitry et de Créteil.

« Phonographie »

Le projet Phonographie s’inscrit dans le partenariat entre le MAC VAL et le SESSAD de Vitry et Créteil.
Les services d’éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad) sont constitués d’équipes pluridisciplinaires (enseignants, éducateurs, soignants) qui dispensent un accompagnement sur les lieux d’activités des enfants (écoles, centres sportifs…). Il s’adresse à des élèves qui cumulent des difficultés scolaires avec des handicaps ou des situations familiales perturbantes. L’accompagnement du Sessad peut comprendre des actes médicaux spécialisés et des rééducations (kinésithérapie, orthophonie, psychomotricité, ergothérapie).

L’artiste a proposé aux jeunes une exploration plastique et sonore, en lien avec l’exposition présentée au MAC VAL : « Lignes de vie, une exposition de légendes, du 30 mars au 25 août 2019 ».
Il a d’abord présenté son travail personnel puis le projet, expliquant notamment l’histoire du vinyle et sa dynamique acoustique. Lors de la première séance, tous les participants ont pu expérimenter le passage de la forme au son, en fabriquant des disques avec différents matériaux puis en les faisant passer sur une table de mix. Le scotch, le carton, le papier de verre, tout le répertoire de la papeterie sont devenus des objets sonores que le travail de mix révèle et amplifie. La seconde séance était consacrée à la découverte de l’exposition « Lignes de vie, une exposition de légendes, du 30 mars au 25 août 2019 ». À la suite de la visite chacun a traduit en dessin, le souvenir ou l’émotion ressentie devant une des œuvres.
La séance suivante, les adolescents ont prélevé dans leurs dessins des motifs qu’ils ont agrandis à la photocopieuse, jouant du passage entre couleur et noir et blanc. Ils ont été retravaillés au feutre et au posca pour créer une couverture de disque.
La séance finale a permis de réaliser le macaron central (« label » en anglais) et de le coller sur un disque vinyle. Puis les disques et leurs couvertures ont été mises sous pochette et exposées dans l’atelier.

5 séances de deux heures, février 2019 - mai 2019
Public : 5 adolescents de 13 à 15 ans et 3 adultes encadrants, SESSAD de Vitry et Créteil.

Retrouvez le travail de Jérôme Poret.

Léa Drouet

avec la 5e B du collège Victor Duruy de Fontenay-sous-Bois.

« Tous unis, on a pas réussi ! »

Le projet « Tous unis, on a pas réussi ! » de Léa Drouet est une extension, avec une classe de collège et sur trois journées consécutives, du travail chorégraphique Boundary Games, commencé sur scène au théâtre des Amandiers de Nanterre, poursuivi avec des détenues dans une maison d’arrêt ou avec des étudiant-e-s bruxellois-ses d’une école d’art. A chaque fois, l’artiste propose d’expérimenter la notion de territoire, d’espace à soi, avec les affects et les conflits que ces notions impliquent.
Avec les collégien-ne-s, le regard et l’attention ne sont pas portés tout de suite sur le corps : on met d’abord en jeu un objet personnel que l’on positionne et met en relation avec les objets des autres, dans un grand carré dessiné au sol. Puis on manipule des couvertures : sculptées, installées dans les salles d’exposition, ce sont des formes expressives mais isolées et statiques. Enfin, on construit sa forme, son territoire, ensemble dans un même espace et en suivant des règles qui évoluent d’un commun accord. Pendant le temps de la performance, le corps actif devient visible, les gestes et le rythme sont travaillés.

Photos : préparation de la performance au MAC VAL, 3 avril 2019

Sépànd Danesh

Avec les mineur.e.s isolé.é.s du centre Enfants du monde de la Croix-Rouge à Villejuif.

« Drawing Hub »

"Je venais tout juste d’arriver en France et il me fallait élaborer un outil qui me permettrait de contourner les barrières de la langue et d’appréhender le monde sans dire un mot. Je voulais désormais rendre visible les variations et fluctuations de mon imagination et parvenir à renverser la situation pour faire de ma peur d’être coincé un levier de création et d’invention. »
Sépànd Danesh

Sépànd Danesh, artiste de l’exposition Lignes de vies –une exposition de légendes - du 30 mars au 25 août 2019 - a imaginé un protocole de dessin qui permet de fragmenter et disperser le flux continu de la pensée dans l’instant. Ainsi capturés en temps réel, les dessins révèlent une suite d’inflexions issues des activités cognitives à différents niveaux de conscience.
Pour ce faire, il met en place une grille de petits rectangles d’environ 2.5 cm de côté, ordonnés en zigzag par des colonnes verticales sur des feuilles A4. Le remplissage des cases de la grille permet la transformation graduelle d’une idée globale en de petits fragments. Chaque petit dessin fonctionne comme une plateforme de connexion entre le monde réel et nos mondes imaginaires.
Avec des mineur.e.s isolé.é.s du centre Croix Rouge de Villejuif, nous avons dessiné dans ces carrés de manière organisée, automatique, collective… Puis nous sommes passés de la deuxième dimension à la troisième dimension, toujours avec des carrés de 2.5cm, à la fois brique et pixel, pour constituer une galerie de sculpture entre autoportrait et états de conscience. Nous nous sommes concentrés, décentrés, recentrés, dans tous les coins. Le coin étant ici une métaphore de la position existentielle : ouverture, engagement, désengagement, empêchement.

Photos © Marc Brouzeng

Taysir Batniji

Avec les enfants des Fabriques du Mac Val

Atelier « Révélations, composer la matière »

Pendant quatre journées, Taysir Batniji propose aux enfants d’expérimenter diverses activités qui prennent comme point de départ des gestes, des attitudes de travail, des pratiques d’atelier qui sont au centre de sa création artistique. Tailler des crayons, dessiner avec de l’eau, graver des pains de savon, déplacer du sable… amène le groupe à éprouver un certain rapport au temps et à la répétition, à explorer la frontière entre visible et invisible, apparition et disparition, mémoire et oubli. Tout au long de l’atelier, ces gestes et ces activités simples sont envisagés à la fois dans leur aspect performatif et dans leur dimension symbolique.

William Drummond

Avec des jeunes collégien-ne-s du CHUM, Centre d’Hébergement d’Urgence pour Migrants géré par Emmaüs Solidarités, Ivry-sur-Seine, Juillet 2019.

« Ceux qui ont dompté le Léviathan »

Au cours des quatre jours d’atelier, les participant-e-s ont manipulé divers outils et matériaux : le dessin d’observation, la vidéo, l’écriture journalistique, le photomontage, la collecte de paroles, la performance physique et, plus régulièrement, le cyanotype, ancien procédé photographique où le soleil imprime sur papier ou sur tissu la trace d’un objet, d’un caractère imprimé, d’un froissement ou d’une photographie tirée sur transparent.
Tous ces langages étaient au service d’une fiction collective nourrie par nos aspirations, notre goût pour le cinéma, nos envies de changer la vie, nos talents et nos compétences. Chacun-e s’est inventé un alter ego super-héroïque, s’est attribué un nom, un pouvoir, s’est fabriqué un costume en imprimant « son » geste sur un t-shirt et ses signes distinctifs sur un bandeau. Nous avons aussi parlé de nos points de vulnérabilité et imprimé la somme de nos faiblesses sur la longue cape du super-méchant, le Léviathan. Comment raconter, alors que nous ne parlions pas tous la même langue ? Comment donner corps à son personnage et rendre crédibles ses exploits, sans les moyens d’Hollywood ?

Françoise Tartinville

Avec des personnes souffrant de troubles envahissants du développement liés à l’autisme.

« Objets de rencontres »
Atelier danse /arts plastiques 2015-2019

La Maison d’Accueil ISA 13 est un institut spécialisé qui propose un accueil, temporaire ou permanent, à des personnes confrontées à des troubles envahissants du développement, liés à l’autisme.

En partenariat avec le MAC VAL un projet au long cours a été entrepris avec Françoise Tartinville, chorégraphe et fondatrice de la compagnie Atmen. Les activités de celle-ci s’articulent autour de trois axes : créations, recherches et diffusion de pièces chorégraphiques ; performances in situ et actions urbaines ; actions culturelles auprès de différents publics. L’interaction entre la danse et les arts visuels est l’une des dimensions centrales de la compagnie.
Ce parcours au MAC VAL, Françoise Tartinville l’a conçu comme un atelier hebdomadaire se déroulant à la fois dans les salles d’exposition et dans une salle pédagogique, transformée en salle de danse le temps des séances. Il s’agissait de créer un espace de rencontres, un espace ludique à l’écoute des sensations pour créer de la danse et du mouvement, en lien avec des œuvres du musée : L’enjeu était, pour chaque participant, de travailler sur le rapport à l’espace, sa présence dans un lieu donné, sa corporéité, son lien avec les autres et de jouer ensemble avec les distances et les proximités, à travers des déplacements au rythme de la musique.

Le projet s’est déroulé sur quatre années consécutives avec un groupe de six jeunes adultes atteints de troubles autistiques. Il a donné lieu à une restitution finale en juin 2019 avec l’équipe soignante d’ISA 13 et une vingtaine d’adultes fréquentant l’institut.