Les cours d’histoire de l’art

Organisés en deux sessions sur l’année, les cours se tiennent à Vitry-sur-Seine, aux EMA (Écoles municipales artistiques), à la Galerie municipale Jean-Collet et au MAC VAL. Cours dispensés par Alexandra Fau, historienne de l’art et commissaire d’exposition. Les séances se déroulant aux EMA adoptent la forme traditionnelle de cours avec projection, celles à la Galerie municipale Jean-Collet et au MAC VAL invitent à la rencontre des œuvres et des artistes.

Gratuit et ouverts à tous sur inscription, les mardis à 18h

« L’œuvre nous parle ». Une œuvre survit à son créateur. Et son histoire se perd durant sa longue existence, où elle est appelée à passer de mains en mains. Ce cycle de cours revient sur les étapes préalables à sa légitimité d’œuvre ; de la fabrication, à la réception puis à la commercialisation. Vient ensuite, l’écriture historique – son appartenance à une époque et à un style donné. L’étude émaillée de ce contexte social, politique et culturel adjoint à la connaissance de ses matériaux constitutifs, ses altérations à travers le temps, ses déplacements, ses expositions, et ses réappropriations par les artistes, forment un récit palpitant.

Session 1

Mardi 17 septembre 2019, 18h–19h30
Essayer encore. Rater encore. Rater mieux.
Aux EMA

Cette citation extraite de Cap au pire (1983) de Samuel Beckett pourrait être un leitmotiv pour ces œuvres conçues avec persévérance malgré l’ampleur de la tâche : la métaphysique de l’impossible.
Lydie Salvayre s’exprime ainsi en parlant de Alberto Giacometti : « métaphysique de l’impossible que partageaient, je crois, un certain nombre d’écrivains conscients du gouffre ouvert entre leurs émotions et les pauvres mots dont ils disposaient pour les nommer, les pauvres mots qui n’en étaient que le reflet ou l’ombre ou pire encore la caricature ». Il faut parfois le recours à la chance, au hasard, aux maladresses, accidents et autres bugs pour impulser une nouvelle orientation au travail. C’est en regardant l’un de ses tableaux figuratifs placé à l’envers par inadvertance que Vassily Kandinsky accomplit son « saut dans l’abstraction ». Pour certains artistes (Erik Dietman, Wade Guyton), le raté importe autant que le réussi.

Mardi 1er octobre 2019, 18h–19h30
L’atelier et la « sortie du purgatoire »
Aux EMA

Dans l’antre de l’atelier, une œuvre en gestation s’apprête à être montrée. Que s’y produit-il en présence ou non de l’artiste (Bruce Nauman) ? Pour Daniel Buren, l’atelier joue le rôle de lieu de production d’une part, de lieu d’attente d’autre part, et enfin – si tout va bien – de diffusion. C’est alors une gare de triage. Il va même jusqu’à affirmer que le critique ou le commissaire est appelé à la faire sortir du purgatoire. Et si l’artiste (Gustave Moreau) orchestrait, dans l’atelier justement, la visibilité de son travail ? Ou encore Charles Matton auteur de « La mémoire des étoiles mortes » (1993) reconstituait la mémoire d’ateliers mythiques dans des boîtes avec peintures, dessins, et autres œuvres miniaturisées.

Mardi 15 octobre 2019, 18h–19h30
« Courts sur l’art »
au MAC VAL

Projection à 18 h 30, précédée d’une visite du musée à 18 h et suivie d’un verre.
« Courts sur l’art » est une programmation régulière de films proposée par Tous les Docs, association créée en 2018 et dédiée à la promotion et à la diffusion du film documentaire.

Simon Backès, Stolen Art, 56 min
La Parti Production, CBA, Belgique, 2007
Une exposition, intitulée « Stolen Art » (Art volé), eut lieu en 1978 dans une galerie new-yorkaise. L’artiste tchèque Pavel Novak y avait regroupé une série de toiles de maîtres (Courbet, Van Gogh, Rembrandt, Sérusier, Malevitch...) S’agissait-il d’œuvres volées ou de remarquables copies ? Cet étrange événement se solda par un scandale et la disparition de l’énigmatique Pavel Novak. Parti à la recherche de cet artiste inconnu du public, le réalisateur nous invite à partager ses réflexions sur l’art envisagé comme objet de propriété, à la fois matérielle et intellectuelle. En présence du réalisateur (sous réserve)

Francis Alÿs, Modern procession, 7 min, en collaboration avec Rafael Ortega,
The Public Art Fund, the MoMA, New York, 2002
Le 23 juin 2002 au matin, une étrange procession part du MoMA de New York pour rejoindre le nouvel emplacement temporaire du musée dans le Queens.
Une fanfare de cuivre, des chevaux et des palanquins, tous les attributs du défilé traditionnel sont ici représentés, à ceci près que les œuvres reliquaires sont des répliques d’œuvres du MoMA (Les demoiselles d’Avignon, le ready-made Roue de bicyclette de Duchamp, etc.) et que l’artiste Kiki Smith portée sur un trône à travers la ville s’impose en véritable « icône vivante ».

Mardi 22 octobre 2019 18 h – 19 h 30
La vie et la mort des œuvres
au MAC VAL

Le restaurateur Benoît Dagron collecte un ensemble de reliques, de fragments d’œuvres d’art : les semences retirées d’une toile de Fernand Léger, des drapeaux de Buren, les fils d’un mobile de Calder…
Pour Christophe Lemaitre « ce sont des reliques au sens où il s’agit de fragments qui ont traversé l’existence d’objets dont le statut était d’être des œuvres d’art ». Elles sont proches des « Laissé » de Simon Hantaï, des morceaux de toiles enterrés durant une quinzaine d’années avant d’être exhumés. Qu’en est-il par ailleurs du sort fait aux objets ayant servi aux performances (exposition « Ne pas jouer avec les choses mortes » en 2003) ? Et, sur un tout autre registre, du sauvetage quasi miraculeux de la croix en or de Marc Couturier conservée malgré l’incendie de l’église de Notre-Dame de Paris ?

Mardi 5 novembre 2019 18 h – 19 h 30
Visite de l’exposition de Nil Yalter, « TRANS/HUMANCE »
au MAC VAL

« TRANS/HUMANCE » est la première exposition muséale et d’envergure consacrée à l’œuvre de Nil Yalter. Des tableaux constructivistes des années 1960 aux récents développements de son œuvre, elle propose un parcours rétrospectif abordant, dans une perspective féministe et marxiste, les questions d’immigration, de genre et de classe. La discrimination est le moteur de cet œuvre multimédia alliant dessin, vidéo, peinture, performance, texte, photographie ou objets. Artiste militante née en 1938, le critique d’art Georges Boudaille écrivait d’elle en 1979 : « Nil Yalter se veut un instrument, un amplificateur, en faveur de thèmes quasi obsessionnels : la situation de tous les travailleurs immigrés et la situation de la femme dans toutes les sociétés ».

Mardi 19 novembre 2019 18 h – 19 h 30
L’inventaire des destructions
aux EMA

Eric Watier auteur de L’inventaire des destructions s’est mis à recenser dès 1999 toutes disparitions d’œuvres par les artistes eux-mêmes (Georgia O’Keeffe) ou à leur insu (Malevitch, Roman Opalka).
L’exposition du Centre Pompidou-Metz, « Un musée imaginé – Et si l’art disparaissait », se livrait en 2016 à un terrible récit d’anticipation sur la fragilité du patrimoine culturel que l’on pense à tort à l’abri dès lors qu’il est entre les mains des conservateurs. Sur le modèle des protagonistes du film Fahrenheit 451 de Ray Bradbury (1953), le spectateur est contraint de se transformer en « hommes-œuvres », d’apprendre par cœur le contenu des ouvrages avant immolation.
Par extension, l’artiste Loris Gréaud se livre à un savant saccage orchestré de son propre travail (The Unplayed Notes Museum, 2015) au musée de Dallas. Quel est alors le statut d’une œuvre pensée pour être détruite ?

Mardi 3 décembre 2019, 18h–19h30
Quand les œuvres voyagent
aux EMA

Avant même que les œuvres soient appelées à voyager à travers le monde et plus particulièrement au Moyen-Orient au prix de tractations financières (Walid Raad), de nombreux artistes se sont pris à imaginer de petits musées personnels. Marcel Duchamp confectionne de nombreuses « boîtes-en-valise » composées indifféremment de pièces uniques et de fac-similés. Ce sont, comme pour son acolyte Joseph Cornell, des objets d’affection. L’étude des fioles miniatures de Museum (1942) contient de la poussière « noble » du simple fait d’être compilée dans ce musée-fiction. Durant sa vie d’œuvre, celle-ci passe entre plusieurs mains, se prêtent à plusieurs regards et interprétations au gré des expositions (Simon Starling). À ce titre la « lecture » des dos des tableaux anciens (de Léonard de Vinci à Picasso) par le photographe Philippe Gronon (série « Versos » depuis 2005) est fort instructive.

Mardi 17 décembre 2019 18h–19h30
Les grands oubliés et les redécouvertes
au MAC VAL

Il est des œuvres confidentielles, achetées, collectionnées mais jamais montrées pour des raisons techniques ou matérielles. Ou parce qu’elles ne sont plus conformes à l’évolution du goût. Intervenus au MAC VAL en 2018 (Le fond(s) de la réserve est rouge) Anne-Lou Vicente et Raphaël Brunel se sont penchés sur « les façons de pallier ce défaut de visibilité et d’accessibilité. Quelles voies emprunter pour les faire « sortir de leur réserve » ? Marcel Duchamp s’est longuement questionné sur la légitimité de la Joconde, chef-d’œuvre incontesté entre tous. Pourtant, le fait que cette œuvre ait été désignée plutôt qu’une autre est selon lui, le fruit du hasard. Son vol en 1911 y a sans aucun doute largement contribué…
Sa « réplique », L.H.O.O.Q, offerte au poète Louis Aragon, appartient aujourd’hui au Parti communiste français qui l’a placée en dépôt au Centre Pompidou.

Samedi 11 janvier 2020
Visite de galeries

Horaire et lieu du rendez-vous communiqués au moment de l’inscription

Session 2

Mardi 28 janvier 2020, 18h–19h30 Le démantèlement d’une série
au MAC VAL
Pour reconstruire fidèlement des décors intérieurs du 17e siècle (hôtel Lambert) ou du 18e siècle (château d’Abondance), il faut puiser dans différentes collections publiques/privées. Les grands ensembles de la période Nabis vers 1890 n’y coupent pas. Le cycle des Jardins publics d’Edouard Vuillard composé de neuf panneaux commandés en 1894 par Alexandre Natanson pour son hôtel particulier de l’avenue du Bois à Paris – aujourd’hui avenue Foch – a été dispersé en 1929. De même L’enfant au pâté de sable (1894) de Pierre Bonnard du Musée d’Orsay constitue le panneau isolé d’un paravent, dont trois parties sont aujourd’hui conservées au Museum of Modern Art de New York.

Mardi 25 février 2020, 18h–19h30
Les dons indésirables
aux EMA

Les musées ont toute liberté de refuser des legs au motif qu’ils ne sont pas pertinents au regard de leurs collections, ou aux conditions trop draconiennes notamment pour la mention faite du nom du donateur. L’Histoire recense quantité de dons indésirables de la part de collectionneurs pourtant avertis comme le couturier Jacques Doucet fait au musée du Louvre avec Les Demoiselles d’Avignon, et des artistes eux mêmes : les peintures de Gustave Caillebotte au
Musée du Luxembourg, Mark Rothko à la Tate Modern de Londres, les œuvres de Warhol au Museum of Modern Art de New York… Fort heureusement rien ne s’opposa au sulfureux legs de L’Origine du monde de Gustave Courbet au Musée d’Orsay en 1985 à la mort du psychanalyste Jacques Lacan et de son épouse Sylvie Bataille-Lacan.

Renseignements

Inscription recommandée pour la session entière :
reservation@macval.fr ou 01 43 91 64 23
Pensez à bien vérifier le lieu de chaque cours

— Écoles municipales artistiques (EMA)
71 rue Camille Groult
94400 Vitry-sur-Seine
01 55 53 14 90

— Galerie municipale Jean-Collet
59 avenue Guy Môquet
94400 Vitry-sur-Seine
01 43 91 15 33

  • mardi 17 septembre
  • 18h00
    à 19h30
    Les cours d’histoire de l’art : « Essayer encore. Rater encore. Rater mieux »

    Projection à 18 h 30, précédée d’une visite du musée à 18h et suivie d’un verre.

    http://www.macval.fr/Les-cours-d-histoire-de-l-art

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