Les cours d’histoire de l’art

Ces cours d’histoire de l’art sont proposés conjointement par l’École municipale d’arts plastiques, la Galerie municipale Jean-Collet et le MAC VAL. Ils s’organisent en deux sessions mettant en perspective l’histoire et le contemporain. Les séances se déroulant aux EMA adoptent la formule traditionnelle de cours avec projections, celles à la Galerie municipale et au MAC VAL nous conduisent face aux œuvres et à la rencontre d’artistes. À chaque fin de session, une visite d’ateliers d’artistes ou d’expositions est organisée le samedi.
Par Alexandra Fau, historienne de l’art et commissaire d’exposition.

Session 1

Samedi 19 septembre 2020, 14h30
Rencontre avec l’artiste Catherine Viollet
À la Galerie municipale Jean-Collet

Catherine Viollet est invitée à investir l’espace de la Galerie municipale Jean-Colet qu’elle a dirigé pendant 22 ans. Qu’en est-il pour une artiste de cet aller-retour entre son œuvre et les rencontres avec des artistes qu’elle a suscitées dans ce lieu ? Accompagnée par le commissariat de Françoise Docquiert, l’artiste tire un fil entre ses œuvres de différentes périodes et celles des artistes qu’elle a souhaité inviter.

Mardi 29 septembre 2020, 18h
Art et pouvoir(s) 1
Aux EMA

Aujourd’hui, il est communément admis que l’artiste contemporain produit selon sa propre contingence. L’art ne répond pas à l’attente et à la détermination d’aucune adresse à moins d’être commandité. Mais qu’en est-il en d’autres temps où tel l’héliotrope - cette fleur tournée vers le Soleil dans le décor pour le Palais des Tuileries exécuté par le peintre Pierre Mignard (1612-1695) -, l’artiste s’en remet au monarque Louis XIV représenté ici par l’Apollon solaire ? Comment définir la relation particulière entretenue par l’artiste avec les pouvoirs ? Dès le Quattrocento, alors que la France connaît une situation politique et économique difficile, l’activité artistique dépend des princes mécènes et de l’Église. S’ouvre alors l’un des premiers grands chapitres de cette relation de l’artiste tenu, du fait du mécénat princier, à un rôle de courtisan.

Mardi 6 octobre, 18h
Art et pouvoir(s)
Aux EMA

La création de l’Académie royale de Peinture et de Sculpture cherche à partir de 1648 à décharger la création de toute préoccupation marchande. Mais artistes (Charles Le Brun) et artisans (André-Charles Boulle) sont appelés à servir l’image monarchique. De Léonard de Vinci à Turner, quelles ont été les concessions faites au pouvoir et au marché de l’art ? Revenons également sur quelques personnalités majeures qui n’ont rien voulu sacrifier au prix de leur liberté de pensée. Personnage entier, Jean-François Millet apparaît dans la biographie rédigée par Sensier en 1881 à l’opposé de l’artiste commercial, vivant comme un paysan parmi les paysans. Vincent Van Gogh se reconnaît dans cette approche résolument sentimentale de la peinture et de sa fonction de peintre.

Mardi 10 novembre 2020, 18h
Les fêtes, les décors éphémères, les places
Aux EMA

Comme le souligne la philosophe Joëlle Zask, les places (royales, impériales, fascistes, nationalistes) n’ont pas été forgées par des démocrates pour des pratiques démocratiques. Bien au contraire, elles magnifiaient la vision du pouvoir de leurs commanditaires. Dès lors, comment vient-on s’inscrire dans ces lieux ? Y a-t-il d’autres modèles possibles, sur celui de l’esplanade du Centre Pompidou conçue par Renzo Piano ?
L’actualité récente a démontré à quel point les mesures de distanciation sociale invitent à repenser ou imaginer instinctivement de nouvelles chorégraphies quotidiennes dans nos interactions avec l’Autre, vecteur potentiel du virus. Cela nous invite à repenser à quel point les corps sont habités par l’espace qu’ils parcourent. Ils deviennent parfois machinaux tant la répétition des gestes du quotidien les façonne. Les Situations, Les Parcours et Les Sorties de bureau de Valérie Jouve illustrent la mécanique des corps opérant un déplacement entre l’espace intérieur et l’espace public.

Samedi 14 novembre 2020, 14h30
Exposition du duo d’artistes Brognon-Rollin « L’avant-dernière version de la réalité »
Au MAC VAL

Le MAC VAL propose la première exposition monographique muséale du duo d’artistes formé de David Brognon et Stéphanie Rollin (né.e.s respectivement en 1978 et 1980, en Belgique et au Luxembourg), réunissant œuvres existantes et nouvelles productions.
Les projets de Brognon Rollin s’inscrivent dans l’histoire de l’art minimal et conceptuel. Combinant symboliques, faits, objets, anecdotes, a priori disjoints et parfois rocambolesques, les œuvres sont fortement polysémiques, supports à dérouler des lignes de fuite empreintes de mélancolie et de poésie. Ce que l’on voit n’est que la partie émergée de l’iceberg. Entre Philip K. Dick, Stefan Zweig et Jorge Luis Borges, David Brognon et Stéphanie Rollin explorent les interstices du temps. Les œuvres de l’exposition se donnent à expérimenter comme autant de failles spatiotemporelles et au final engagent une méditation sur la disparition programmée de toute chose.

Mardi 17 novembre 2020, 18h
L’exercice d’un goût dominant
EMA

C’est lors de la grand-messe du Salon que les tendances artistiques se font et se défont, sous la plume acérée de la critique d’art qui y connaît son âge d’or au 19e siècle. Le public fait aussi entendre sa voix puisque dès 1765, lui est reconnu un droit à la jouissance artistique. Le goût ambiant et dominant s’exerce au sein des salons dits « officiels ».

Des expositions ouvertes au tout-venant (la Place Dauphine), des initiatives personnelles privées (Gustave Courbet —1819-1877), des expositions de groupe et l’émergence du « Salon des refusés » en 1863 puis du « salon des indépendants » dès 1884 laissent cependant appréhender d’autres parcours et sensibilités artistiques à l’opposé des peintres pompiers consacrés sous le Second Empire. Aujourd’hui, à l’heure où la censure et la prise de parole des publics via les réseaux sociaux se font plus vives, le musée se défend d’être ce lieu où le débat doit perdurer.

Samedi 5 décembre 2020, 14h30
Courts sur l’art
MAC VAL

« Courts sur l’art » est une programmation régulière de films proposée par Tous les Docs, association créée en 2018 et dédiée à la promotion et à la diffusion du film sur l’art.
Pour des raisons sanitaires, le visionnage se fera depuis la chaîne YouTube du musée.
Film 1 : Les statues meurent aussi de Chris Marker et Alain Resnais, 30 min, Présence Africaine, France, 1953. (Documentaire).
Film 2 : The Human Factor de Mounir Fatmi, 15 min, France, 2018.
Présentation par de Fabien Van Geert via vidéoconférence (sur invitation).

Mardi 5 janvier 2021, 14h30
Politiques de l’art en Russie
Aux EMA

Avec l’émergence du régime totalitaire en Russie, quelles ont été les stratégies développées par les artistes pour répondre concrètement au « problème » politique par la pratique artistique ?
Durant une période d’isolement forcé, qui dura toute la guerre et toute la période révolutionnaire jusqu’à la rupture du blocus en 1921, Moscou et Petrograd deviennent les foyers d’une intense créativité artistique. Là où Kandinsky met en place le caractère autonome de l’espace pictural, Malevitch défend avec le suprématisme dès 1913 un monde sans objet qui libère le regard. Le suprématisme (supremus) désigne ce qui est au-dessus de tout, en relation avec un courant philosophique, le « supranaturalisme », visant à définir l’essence invisible des choses. De son côté, Tatline annonce avec ses « contre-reliefs » la fin du tableau, idée relayée par les constructivistes (Rodtchenko) qui se rêvent davantage en ingénieurs dans l’hypothèse d’une réconciliation entre l’art et la technique.

Samedi 16 janvier 2021, 14h30
Visite de galeries
Lieu de rendez-vous communiqué lors de l’inscription.

Session 2

Mardi 26 janvier 2021, 18h
Les sauvetages sous l’occupation
Aux EMA

L’Histoire remet à l’honneur plusieurs figures majeures à qui l’on doit la sauvegarde du patrimoine culturel en temps de guerre. Parmi elles, Rose Valland attachée de conservation au Jeu de Paume qui, dès mars 1941, jouera un rôle capital en s’improvisant espionne dans cet établissement voisin du Louvre devenu, à l’initiative de l’occupant nazi, la plaque tournante d’un ahurissant trafic d’œuvres d’art, pour la plupart confisquées à des collectionneurs et des galeristes juifs et francs-maçons. Rose Valland a pu constituer une imposante base de données qui sert aujourd’hui à la restitution d’œuvres spoliées (René Gimpel) par des marchands d’art ayant œuvré pour le compte du régime nazi (Hildebrand Gurlitt). Non moins célèbre le résistant Jacques Jaujard a organisé l’évacuation pendant la Seconde Guerre mondiale de plus de 4 000 trésors du Louvre, dont la Joconde et le Scribe accroupi.

Samedi 13 février 2021, 14h30
Exposition de la collection, « Le vent se lève »
Au MAC VAL

« Le vent se lève » met l’accent sur les relations que l’humanité entretient avec la planète, des relations complexes, ambivalentes, cruelles parfois ou porteuses d’espoir. Au fil des nouvelles acquisitions d’œuvres aujourd’hui particulièrement en prise avec le monde, et en écho à de plus anciennes qui traduisent cette pensée en marche de longue date, le public peut envisager les différents regards, émerveillés, inquiets, conscients toujours que les artistes portent sur le monde. Pour envisager cette accélération du temps, du temps long de la géologie à celui d’aujourd’hui, chimique, où l’action de l’être humain engendre la précipitation des réactions climatiques, nous suivons, tel un fil conducteur, la question de la marche.
Peintures, photographies, films et installations nous amènent à penser les relations à la Terre, au vivant, celle que nous arpentons comme celle que nous transformons.

Mardi 9 mars 2021, 18h
Des manifestes aux militantismes
Aux EMA

Au début du 20e siècle, les mouvements artistiques majeurs (cubisme, futurisme, dada...) reflètent la société de l’époque, tiraillée entre conservatisme latent et revendications liées à l’imminence d’une nouvelle ère. Ils expriment leur mépris rageur au regard des valeurs en place. Marqués par la radicalité de ces avant-gardes historiques, les artistes de la Figuration narrative dans les années 60 instrumentalisent l’art pour servir un engagement militant. Ces œuvres, véritables peintures de l’histoire contemporaine, constituent une arme contre les systèmes d’oppression, les dictatures et les guerres. Plus énigmatiques sont les gestes recensés par Marianne Mispelaëre dans Silent Slogan (2015 - en cours), une série de 32 cartes postales. « Ces images montrent des individus utilisant leurs mains pour adresser un message à la sphère publique. Ces gestes prennent le relais des mots lorsque le dialogue est rompu : les individus ne se sentent pas écoutés, ou compris, par manque de moyens techniques, de capacité linguistique, ou simplement d’interlocuteur ».

Mardi 16 mars 2021, 18h
Lieux de pouvoir dématérialisés
Aux EMA

À l’heure où deux modèles prévalent pour internet, une version capitaliste axée sur le marché qui exploite abusivement les données et une version autoritaire où règne la surveillance généralisée, le web n’a plus rien d’une infrastructure neutre. Face à cet état des lieux, plusieurs artistes cherchent par divers stratagèmes à avoir une approche conscientisée de ce que le numérique fait à la société. Après Renaud Auguste-Dormeuil, Julien Prévieux, Mark Lombardi, certains s’emparent de la traque numérique pour la pousser à bout, tel Hasan Elahi, américain d’origine Bangladaise, qui poste tout ce qu’il fait sur Trackinh Transcience. Pour Hito Steyerl dans Duty free Art, les images de la culture artistique et populaire sont aussi des moyens d’extraire des informations (habitudes, goûts, affects…) sur les usagers…

Samedi 3 avril 2021, 14h30
Exposition de Taysir Batniji, « Quelques bribes arrachées au vide qui se creuse »
Au MAC VAL

Le MAC VAL propose la première exposition monographique muséale de Taysir Batniji (né à Gaza, Palestine, en 1966), réunissant une sélection de plus de cinquante œuvres produites ces vingt-cinq dernières années.
Après un diplôme obtenu à l’université nationale An-Najah de Naplouse, un passage aux Beaux-Arts de Bourges (1995-1997), sa pratique picturale des débuts évolue rapidement vers des objets plus conceptuels, la photographie et la vidéo s’imposent doucement.
Ne privilégiant aucun support, il rend sensible l’entre-deux culturel et géographique dont il a hérité, naviguant entre Moyen-Orient et Occident, sphère intime et espace public, zone poétique et territoire politique. Chacune de ses pierres assemblées permet à Taysir Batniji une définition en mouvement de sa propre identité.
« Les palestiniens, pris dans la double tourmente des colonialismes britanniques et juif, deviennent, malgré résistances et révoltes, graduellement des étrangers sur leur propre terre » Elias Sanbar.
L’œuvre de Taysir Batniji se focalise sur la trace, la mémoire d’une forme, un geste, le souvenir d’une traversée, l’absence d’un être cher, l’arrachement à une terre, la disparition d’une image…

Mardi 13 avril 2020, 18h
La commande publique et privée
Aux EMA

Certains artistes (Iain Baxter, Fabrice Hyber) ou collectifs (IFP) dénoncent la prétendue autonomie du champ de l’art. Leur travail interroge le statut de l’objet d’art, son auteur, ses outils de diffusion, son échange et sa réception : une autre façon de penser l’art ! Pour exister l’œuvre, dans le cas de la commande publique ou du 1% artistique (crée en 1951 pour faire se rencontrer un artiste, un architecte et le public, en dehors des institutions dédiées à l’art contemporain) doit composer avec de multiples paramètres : cahier des charges, coût de production, frais de transport, d’assurances, commercialisation, diffusion, sécurité, urbanisme… Or comment concilier tous ces paramètres et respecter l’intégrité du projet original ?

Samedi 8 mai 2021, 14h30
Courts sur l’art
Au MAC VAL

« Courts sur l’art » est une programmation régulière de films proposée par Tous les Docs, association créée en 2018 et dédiée à la promotion et à la diffusion du film sur l’art.
Film 1 : Where Is My (Deep) Mind ? De Julien Prévieux, 15 min, Fondation des artistes, CNEAI, France, 2019.
Film 2 : Wang-Du de Vartan Ohanian, 27 min, Galerie Franck Elbaz, France, 2002 (Documentaire).
Séance en présence de Julien Prévieux.

Mardi 25 mai 2020, 18h
Art et utopies
Aux EMA

Rêver le monde de demain selon une vision progressiste, portée par de nouvelles aspirations, est un des fondements de la société moderne depuis l’époque des Lumières. Les architectes visionnaires du 18e siècle néoclassique, Boullée (1728-1799), Ledoux (1736-1806) ou Lequeu (1757-1825), imaginent des cités et des édifices qui, avant de répondre à des besoins, incarnent des valeurs et des vertus.
Qu’en est-il aujourd’hui de l’héritage utopiste alors même que le climat économique et politique du début du 21e siècle, semble si défavorable ? L’atelier Van Lieshout ou l’artiste Krzysztof Wodiczko, dont les créations sont destinées aux laissés pour compte de la société, revisitent les utopies pour le meilleur ou pour le pire….

Samedi 12 juin 2021, 14h30
Visite d’atelier
Lieu de rendez-vous communiqué lors de l’inscription.

Renseignements
Gratuit
Inscription recommandée pour la session entière :
reservation@macval.fr ou 01 43 91 64 23
Pensez à bien vérifier le lieu de chaque cours

— Écoles municipales artistiques (EMA)
71 rue Camille Groult
94400 Vitry-sur-Seine
01 55 53 14 90
ema.accueil@mairie-vitry94.fr

— Galerie municipale Jean-Collet
59 avenue Guy Môquet
94400 Vitry-sur-Seine
01 43 91 15 33
galerie.municipale@mairie-vitry94.fr

  • samedi 5 décembre
  • 14h30
    à 15h30
    Courts sur l’art : « L’exercice du pouvoir à travers l’histoire des arts »

    Pour des raisons sanitaires, le visionnage se fera depuis la chaîne YouTube du musée et non en présentiel.
    https://www.youtube.com/user/MACVALmusee

    _ Film 1 : Les statues meurent aussi de Chris Marker et Alain Resnais, 30 min, Présence Africaine, France, 1953. (Documentaire).
    _ Film 2 : The Human Factor de Mounir Fatmi, 15 min, France, 2018.
    _ Présentation par de Fabien Van Geert via vidéoconférence (sur invitation)

    La séance sera introduite via vidéoconférence par Fabien Van Geert (sur invitation sur des inscrits).

    Gratuit avec le billet d’entrée du musée

    http://www.macval.fr/Les-cours-d-histoire-de-l-art

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